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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:26
Les Baras s'installent provisoirement aux Lilas : c'est dans Le Parisien

Lu dans Leparisien.fr du 20 août :

«Les Lilas : les sans-papiers trouvent refuge dans l’ancienne blanchisserie

 Amagana a retrouvé le sommeil. Après plusieurs semaines passées « sans dormir » sous le pont de l’autoroute A3 à Bagnolet, le travailleur malien et ses compagnons d’infortune viennent de trouver refuge aux Lilas. Issus majoritairement d’Afrique de l’ouest, entre 100 et 200 sans-papiers, constituant le collectif des Baras, avaient été expulsés de leur squat de la rue Alazard à Bagnolet le 29 juin.

La plupart sont arrivés en 2013, après un passage par la Libye. « La France, c’est notre deuxième pays, dit Amagana. Tout le monde parle français, c’est pour ça qu’on est venus là. » Six semaines d’errance les ont conduits jusque dans les locaux d’une ancienne blanchisserie de la rue des Bruyères, non loin de la mairie des Lilas. Suite à un plan social et malgré une importante mobilisation à l’époque, les salariés de RLD ont quitté les lieux il y a environ deux ans, laissant le bâtiment vide.

A l’arrivée des Baras, la municipalité (PS) des Lilas y a fait remettre l’eau courante et a adressé une demande pour que l’électricité soit réinstallée. Les sans-papiers ont posé leurs matelas dans ce qui ressemble aux anciens bureaux de l’administration. Le rez-de-chaussée, plongé dans le noir, accueille une cuisine de fortune. En journée, une grande majorité d’occupants travaillent mais ils se retrouvent le soir et tiennent une réunion hebdomadaire. « Pour voir comment on fonctionne, sur le nettoyage et les poubelles à vider », expliquent des jeunes hommes présents ce matin-là, qui aimeraient récupérer une benne à ordures « pour ne pas faire venir les souris. »

Ils espèrent rester un peu à l’abri dans ces locaux mais risquent de ne pas pouvoir. Le bailleur France Habitation, propriétaire de l’ancienne blanchisserie, prévoit d’y construire 26 logements sociaux. Les travaux de démolition pourraient débuter en novembre prochain. En attendant, les Baras et leurs soutiens continuent de relayer leur demande de régularisation auprès de la préfecture.

  leparisien.fr »

 

Photo : Les Lilas, ce jeudi. Les Baras, des sans-papiers venus d’Afrique francophone, ont trouvé refuge dans une ancienne blanchisserie de la rue des Bruyères. Ils avaient été expulsés fin juin de Bagnolet. LP/E.M.

Elsa Marnette

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 19:16
Les Baras occupent un nouveau lieu

Ils distribuent le tract suivant :
 

« Occupation d'un nouveau lieu aux Lilas par le collectif Baras

Faute de volonté politique d'appliquer la loi de réquisition des bâtiments vides et faute de proposition concrète d'hébergement même provisoire, les membres du collectif Baras expulsés de leur maison au 72 rue René Alazard à Bagnolet ont dû dormir plus de 45 jours à la rue dans des conditions indignes.

Aujourd'hui, le collectif Baras ouvre un nouveau lieu afin de pouvoir trouver un toit pour s'abriter cet hiver. Ce lieu est fe
rmé depuis longtemps et se situe au 42 rue Des Bruyères aux Lilas.

Venez nous soutenir afin que la police ne vienne pas une nouvelle fois nous déloger de façon scandaleuse !

Nous vous attendons dès maintenant au 42 rue des Bruyères aux Lilas (M° Mairie des Lilas ou bus 115 - arrê
t Chassagnolle).

NON AUX EXPULSIONS ET À LA RÉPRESSION POLICIÈRE !
R
ÉGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

Collectif Baras : 06 98 78 70 39
lesbaras@squat.net »

Sous l'échangeur ...
Sous l'échangeur ...

Sous l'échangeur ...

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 19:58
Lettre du 11 juillet au Premier ministre / Après l’expulsion à Bagnolet de 200 Baras le 29 juin

Redonnons sens à notre tradition d’asile, Monsieur le Premier ministre !

.à commencer par les deux cents Baras, Africains sans papiers, 
expulsés et à la rue à Bagnolet dans le 93

 

Elle n’était pas jolie la tradition d’asile de la France, jeudi 29 juin, lors de l’expulsion par les CRS de deux cents Africains sans papier, installés depuis plus de trois ans à Bagnolet (93) dans un bâtiment inoccupé. Pourtant, Monsieur le Premier ministre, n’est-ce pas à cette tradition que vous voulez redonner sens, ces prochains jours, par un ambitieux plan d’action.

Ces Baras (travailleurs en bambara) vivaient et travaillaient en Libye, jusqu’à ce que la guerre les contraigne, en 2012, à fuir et à se réfugier en France. Depuis, ils n'ont connu pour toit que la rue, ou au mieux des bâtiments inoccupés, comme celui de la rue René Alazard à Bagnolet. Chaque fois, ils en ont été expulsés. Comme jeudi dernier !

Alors où est-elle, Monsieur le Premier ministre, cette tradition française d’asile que vous invoquez ? Certainement pas à Bagnolet, où ces hommes contribuaient au vivre ensemble du quartier de la Dhuys : ils surprenaient par leur dignité les riverains. Chaque matin, les Baras quittaient Bagnolet pour aller travailler « au noir », qui dans le nettoyage, qui dans le bâtiment, le gardiennage ou la restauration. Exploités, comme tant d'autres sans-papiers. Aujourd'hui expulsés, ces hommes se retrouvent sur le trottoir, à la sortie du métro Gallieni sous le pont de l'échangeur. Bénéficiant de la solidarité de leurs anciens voisins qui leur apportent nourriture et équipements, ils dorment à même le sol, le préfet leur interdisant matelas et tentes.

Monsieur le Premier ministre, puisque vous semblez attaché à redorer cette tradition d’asile à laquelle vous vous référez, commencez donc par ces hommes, qui vivent et travaillent en France depuis des années, s’organisent comme ils peuvent avec leur collectif dans une remarquable dignité. Écoutez-les, écoutez leurs voisins, répondez enfin à leurs demandes, démarches entreprises depuis des années auprès des pouvoirs publics et qui, toutes, ont été rejetées. Donnez des instructions pour étudier leur dossier de régularisation, pour leur trouver des hébergements pérennes qu’ils sont prêts à louer.

Monsieur le Premier ministre, refusez avec nous, signataires de cet appel, cette logique répressive et haineuse à l'égard des Baras de Bagnolet, comme des migrants en général, qui salit l’image de notre pays. Faites cesser les traitements humiliants et dégradants dont tous sont victimes 

 

  • Christophe Abric, producteur La Blogothèque

  • Aline Archimbaud, sénatrice

  • Blick Bassy, musicien

  • Elsa Birgé, chanteuse

  • Jean-Jacques Birgé, compositeur de musique

  • Laurent Bizot, producteur de disques

  • Geneviève Brisac, écrivaine

  • Étienne Brunet, musicien

  • Marie-Laure Buisson-Yip, professeur d’arts plastiques

  • Dominique Cabrera, cinéaste

  • Robin Campillo, cinéaste

  • Laurent Cantet, cinéaste

  • Denis Charolles, musicien

  • Nicolas Chedmail, musicien

  • Catherine Corsini, cinéaste

  • Didier Daeninckx, écrivain

  • Corinne Dardé, vidéaste

  • Benoit Delbecq, musicien

  • Pascal Delmont, directeur d'entreprise

  • Alice Diop, cinéaste

  • Ella & Pitr, peintres

  • Éric Fassin, sociologue

  • Léa Fehner, cinéaste

  • Pascale Ferran, cinéaste

  • Emmanuel Finkiel, cinéaste

  • Marie-Christine Gayffier, peintre

  • Thomas Gilou, cinéaste

  • Speedy Graphito, peintre

  • Antonin-Tri Hoang, musicien

  • Nicolas Klotz, cinéaste

  • Rémi Lainé, cinéaste

  • Olivier Marboeuf, directeur de Khiasma

  • Yolande Moreau, comédienne et réalisatrice

  • Elisabeth Perceval, cinéaste

  • Laurence Petit-Jouvet, cinéaste

  • Fiona Reverdy, peintre

  • Jean Reverdy, peintre

  • Colas et Mathias Rifkiss, cinéastes

  • Denis Robert, journaliste et écrivain

  • Françoise Romand, cinéaste

  • Christophe Ruggia, cinéaste

  • Raymond Sarti, scénographe

  • Céline Sciamma, cinéaste

  • Vincent Segal, musicien

  • Pierre Serne, conseiller régional

  • Claire Simon, cinéaste

  • Bernard Stiegler, philosophe

  • Henri Texier, musicien

  • Sun Sun Yip, plasticien

  • LDH Les Lilas/Bagnolet

  • RESF Les Lilas / Bagnolet

 

 

(pour information, le communiqué de la LDH sur la déclaration du premier ministre : http://www.ldh-france.org/migrants-stop-aux-harcelements-detat/

et le deuxième communiqué après les déclarations sur la politique migratoire du gouvernement :

http://www.ldh-france.org/quattendre-dun-gouvernement-vient-dinventer-dissuasion-migratoire/

 

 

page facebook des baras et des soutiens

 

Bagnolet, le 11 juillet

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 21:16
Plusieurs points sur « les Baras » et une proposition

1- Leur situation est dramatique : voici des jeunes gens qui pour la plupart travaillent et n'ont ni papiers ni toit alors qu'ils sont en France depuis la fin de la guerre de Libye ; cette situation dramatique existe depuis 7 ans.
2- Ils sont deux-cent , ce qui excède les capacités de relogement de la Ville de Bagnolet ou de toute autre commune de banlieue. Mais si l'on travaille à l'échelle régionale c'est possible de les reloger. Si une quarantaine de communes de la petite couronne s'y mettent, cela fera 5 personnes à reloger par commune … sans compter Paris !
2-N'en déplaise à mes amiEs du Dal, si la réquisition est possible (ce que nie la mairie de Bagnolet) les pouvoirs publics devraient payer les frais d'achat de l'immeuble privé réquisitionné.
3- Le groupe privé, propriétaire des locaux ex-anpe de la rue Alazard s'est comporté de façon égoïste. C'est sans surprise, il fallait s'y attendre. Mais cela doit être dit à l'attention de celles et ceux qui se font des illusions style bisounours vis à vis du privé ...
4-Contrairement à certaines informations,a mairie de Bagnolet ne dispose d'aucun local vide susceptible d'accueillir les 200 Baras.
5- Les autorités publiques (Gouvernement - il fut ps jusqu'à peu -, municipalité pc de Montreuil, ps de Bagnolet et des Lilas, conseil régional (ps puis lr) disposaient de plusiers années pour résoudre collectivement le problème : que représentent 200 personnes à l'échelle régionale ?
6- Aucune autorité publique n'a fait en sorte - jusqu'à présent - qu'une solution collective soit trouvée à l'échelle régionale, même s'il faut noter que la mairie de Bagnolet n'a – visiblement - pas poussé à leurs expulsions successives d'Emerson, avenue Gallieni en 2014 ni de l'ex-anpe ce mois-ci.

Peut-être n'est-il pas trop tard pour celles et ceux qui soutiennent les Baras (le ps, le pc, les insoumis etc.) de coordonner leurs efforts et de mettre sur pied une solution à l'échelle de la région ?

Pierre Mathon

 

Plusieurs points sur « les Baras » et une proposition
Plusieurs points sur « les Baras » et une proposition
A la manifesration de samedi avec les Baras , de gauche à droite : Jean-Pierre Blouch, Arlette et Brahim Benramdan

A la manifesration de samedi avec les Baras , de gauche à droite : Jean-Pierre Blouch, Arlette et Brahim Benramdan

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 09:08
Les Baras manifestent avec leurs soutiens - dans Le Parisien

Lu dans Le Parisien.fr du 8 juillet 2017 : 

« Les Lilas-Bagnolet :

Les « Baras » réclament « un toit et des papiers »

 

Devant les locaux murés du 72, rue Alazard, à Bagnolet, le cortège s’arrête quelques instants. « Nous ne voulons pas squatter toute notre vie, les autorités peuvent changer cette situation ! », clame un porte-parole dans son mégaphone.

Il y a un peu plus d’une semaine, 100 à 200 sans-papiers ont été expulsés des locaux qu’ils occupaient depuis plus de deux ans. Ce samedi, ils ont manifesté des Lilas à Montreuil, réclamant « un toit et des papiers », avec le soutien de quelques élus (PC et Parti de gauche) de Bagnolet, et de militants politiques et associatifs.

La plupart de ces hommes sont originaires d’Afrique de l’ouest, et ont fui la Libye, où ils travaillaient, au moment de la guerre de 2011. Parmi eux, Boubacar, 26 ans. Le jeune Malien est passé par l’Italie, avant d’arriver en France fin 2012 : « Je parlais français, je voulais trouver du travail et devenir comme les autres ici. » Boubacar et ses compagnons d’infortune sont passés de squat en squat : d’abord près du foyer Bara à Montreuil, puis dans des locaux d’entreprise à Bagnolet, avant de trouver refuge rue Alazard. L’expulsion avait été demandée par le propriétaire du bâtiment. « On dort sous l’autoroute maintenant, sur des cartons posés par terre », confie Boubacar. »

Un article de Bagnolet en Vert sur les Baras est à suivre.

Pierre Mathon

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 21:25
Re-l'expulsion des Baras, lu dans l'Express

« Expulsion de sans-papiers à Bagnolet: "Ils faisaient partie de notre vie"

Christophe Abric, édité par L'Express, publié le 30/06/2017

Jeudi, 200 sans-papiers ont été expulsés d'un immeuble à Bagnolet. Une décision qui attriste leurs voisins, avec qui ils se sont liés d'amitié. L'un d'eux témoigne.

Ils y étaient installés depuis près de 3 ans et s'étaient pleinement investis dans la vie bagnoletaise. Jeudi, au petit matin, les 200 habitants sans-paoiers d'un ancien immeuble de bureaux à Bagnolet, ville de la petite couronne du nord-est parisien, ont été forcés de plier bagage après que les forces de l'ordre les ont expulsés. Mis à la porte de leur logement, tous se sont réunis devant la mairie, dans l'espoir d'obtenir une solution, en vain.  

Interrogée par Le Parisien, la préfecture justifie cette expulsion par "des risques liés à l'utilisation de chauffages artisanaux et de réchauds, ainsi que par la multiplication de branchements électriques sauvages". 

Ce n'est pas une première pour ces hommes sans-papiers, qui réclament leur régularisation depuis leur installation dans le squat. Leur départ n'en est pas moins difficile, pour eux, comme pour les riverains avec qui de forts liens d'amitié avaient été liés. Christophe, un de leurs voisins, raconte. 

La porte d'en face

"Chez les Baras, c'était la porte en face. Les 200 réfugiés, (pour la plupart) maliens, qui ont été expulsés, le 29 juin au matin, habitaient en face de chez moi, pile de l'autre côté de la rue. Je voyais leurs chambres depuis la chambre de ma fille, je les croisais en allant à l'épicerie, en emmenant les enfants à l'école, en sortant les poubelles, en fermant mes volets.  

Tous les jours, je les saluais, ils me saluaient, toujours avec le sourire. Je ne connaissais le prénom que de trois ou quatre d'entre eux, mais tous savaient que ma fille s'appelait Princesse. Elle leur disait "bonjour", à tous, comme elle le fait tout le temps, avec un ton frais, enjoué, ils lui répondaient toujours, tous, avec le sourire, comme on le fait avec une princesse de 5 ans. 

"Ils invitaient tout le quartier"

Je n'ai jamais vu autre chose de leurs chambres que ce qu'on pouvait apercevoir depuis la chambre de ma fille. Du linge qui sèche, une télé posée sur un tabouret qui diffusait du foot dès qu'elle le pouvait. En revanche, on était souvent invités dans les espaces communs du bâtiment. Il y avait là une merveille d'organisation de bric et de broc, une architecture de récupération.  

Il y avait le coin jeu, où ils jouaient, assis sur de vieux canapés, à un Fifa de 15 ans d'âge sur une PS3. Il y avait la cuisine où cela mijotait sans cesse, sur des plaques pas toutes neuves, avec derrière de grands panneaux résumant tout ce qu'ils devaient savoir pour leurs papiers, leurs relations avec la police... Il y avait des fauteuils qu'on leur avait filés, des matelas qu'ils avaient récupérés, de la musique, des frigos, des Samsungs dans les mains, des enceintes Bluetooth. Un soir par semaine, un coiffeur venait. 

 

Une fois tous les deux mois, ils invitaient tout le quartier. Il y avait des concerts, de la musique, du yassa et du jus de gingembre. Blick Bassy y avait donné un beau concert. On était nombreux et c'est à cet endroit que j'ai découvert des voisins à qui je n'aurais peut-être jamais parlé. Je me souviens qu'à chaque fois, sans faute, ils éteignaient à minuit pile. 

"Grâce à eux, une rue plus sûre"

Parce qu'ils respectaient ce quartier qui était le leur, c'était toujours hyper propre devant le squat. Leur organisation rigoureuse à l'intérieur était impressionnante, à se demander comment ils faisaient, et se ressentait à l'extérieur. Il y avait toujours quelques gars devant la porte, mais jamais d'attroupements, et cette présence donnait de la vie à la rue, la rendait plus sûre: ils ont empêché un vol de scooter et un jour, l'un d'eux m'a permis de virer un mec qui faisait du repérage pour des cambriolages. 

On aimait qu'ils soient là. On aimait les croiser. On aimait quand l'écho de la rue projetait le son de leurs voix jusque dans le jardin. On aimait quand ils participaient au stand merguez du vide-grenier, quand ils organisaient des fêtes, quand ils partaient travailler, quand ils téléphonaient depuis la rue. C'était nos voisins, et tout ce qu'on pouvait faire pour qu'ils le restent, malheureusement, c'était d'être là dès que des avocats se montraient, et dire, répéter, à quel point on les aimait, à quel point ils faisaient partie de notre vie. 

"Ils m'ont consolé"

Ce matin, après avoir pris la photo de ma fenêtre, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. Je suis descendu en prendre quelques-uns dans mes bras, et -les cons!- ce sont eux qui m'ont consolé. Mon fils a demandé ce qu'il se passait, ma fille a pleuré, elle les a regardés par le balcon et a crié "au revoir!". 

30 minutes plus tard, elle était habillée pour l'école. On est sortis dans la rue. En face, devant la porte du squat que des ouvriers muraient déjà, il y avait six CRS en tenue. Ma fille a dit "Bonjour!", comme elle le fait tout le temps, avec un ton frais, enjoué. Ils lui ont tous répondu de concert, d'une voix grave, qui masquait mal leur gêne face au burlesque de la situation. Ce n'était pas un bonjour digne d'une princesse." »

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 19:43
Les Baras expulsés de la rue R. Alazard à Bagnolet

Un article de Jean-Jacques Birgé, Bagnoletais, engagé dans la solidarité avec les Baras sur son blog :

« 200 Baras expulsés manu militari à Bagnolet
29

29 JUIN 2017 

PAR JEAN-JACQUES BIRGÉ 

BLOG : MIROIR DE DRAME.ORG

    Ce matin les CRS ont expulsé les 200 travailleurs sans papiers du Collectif des Baras qui squattaient depuis 3 ans un bâtiment inoccupé de Bagnolet en attendant que les tractations aboutissent entre le nouveau propriétaire (Natixis lui avait vendu entre temps), la Mairie, les associations comme RESF et la Ligue des Droits de l'Homme et ceux que l'armée française a chassés de Libye avec la guerre..

    Ce matin les CRS ont expulsé les 200 travailleurs sans papiers du Collectif des Baras qui squattaient depuis 3 ans un bâtiment inoccupé de Bagnolet en attendant que les tractations aboutissent entre le nouveau propriétaire (Natixis lui avait vendu entre temps), la Mairie, les associations comme RESF et la Ligue des Droits de l'Homme et ceux que l'armée française a chassés de Libye suite à la guerre contre Khadafi. La plupart de ces Africains sont maliens, mais sept autres pays d'Afrique centrale sont représentés.


     

    Ils en ont lourd sur le cœur. Ils croyaient ce qu'on leur avait appris, que la France était la patrie des Droits de l'Homme, mais ils savent maintenant que la colonisation continue sous un autre visage. Sans papiers français, puisqu'ils ont ceux de leurs pays respectifs et même des papiers européens reconnus en Italie mais pas chez nous, ils sont exploités par des entrepreneurs peu scrupuleux qui les payent au noir largement en dessous du SMIC. Eux ne rêvent que d'une chose, qu'on leur donne ces papiers qui leur permettraient de travailler légalement, de louer un logement, de vivre comme nous en avons le loisir. On va les regretter dans le quartier. On n'a rarement eu de voisins aussi tranquilles et charmants !


     

    Je n'avais encore jamais vu un policier arborant une écharpe tricolore. On me dit que c'est la loi et qu'il représente le Commissariat des Lilas. Ils y étaient dès 6h30. Tony di Martino, Maire socialiste de Bagnolet, avait promis de nous prévenir dès qu'il serait averti de l'intervention. Il n'en a rien fait. Pourtant il le savait en amont, c'est la loi. Comme nous n'étions que deux au petit jour avec une jeune fille à jouer les témoins pour éviter des débordements des Robocops, je lui faisais remarquer que certains gradés avaient une tête de facho, ils m'ont menacé de garde-à-vue. Je ne les avais pas insultés directement, c'était une messe-basse. Ils répétaient comme des machines : "Vous ne connaissez pas mes origines". C'est vrai, mais je sais ce qu'ils sont devenus. C'est triste de voir ces prolos endosser l'uniforme pour cogner sur les plus démunis.


     

    Un des Baras à qui ils refusaient de récupérer leurs affaires et les documents officiels dont ils ont cruellement besoin s'est énervé. Ils vont lui coller un rapport monstrueusement exagéré. Je les entendus en parler en se frottant les mains. Les Baras qui étaient à l'intérieur du bâtiment ont pris ce qu'on peut tirer avec deux mains, mais une dizaine des travailleurs de nuit qui rentraient n'ont rien eu le droit de récupérer. Les policiers leur avaient pourtant promis. Ils ont argué qu'il y avait eu violence et qu'il faudrait revenir dans les jours suivants avec huissier. En attendant les parpaings montent devant les vitres de l'ancienne Antenne Pôle Emploi désaffectée où ils logeaient tant bien que mal depuis 3 ans. Comme s'il n'y avait pas assez de SDF dans la rue, la police de Macron en a rajouté 200. »

    Les Baras expulsés de la rue R. Alazard à Bagnolet
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    29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 22:00
    Les Baras expulsés

    Les Baras, qui viennent d'être expulsés de l'immeuble de bureaux où ils vivaient depuis 2 ans, rue René Alazard à Bagnolet, sont à la recherche d'un lieu d'habitat.
    L'article paru dans leparisien.fr
    du 29 juin 2017 :

    « Bagnolet : les sans-papiers du collectif des Baras à nouveau expulsés

    Environ 200 membres du collectif occupaient un ancien immeuble de bureaux.

    Ils ont eu à peine deux ans de répit. Au petit matin ce jeudi, entre 100 et 200 sans-papiers, qui occupaient un immeuble de la rue René-Alazard à Bagnolet, ont été expulsés par les forces de l’ordre. Ils se sont ensuite rassemblés sur le parvis de la mairie avant d’être contraints de quitter les lieux vers midi.

    Après avoir dû évacuer les locaux d’une société, avenue Gallieni, à l’été 2015, le collectif des Baras s’était installé dans cet ancien bâtiment administratif. « On avait l’eau, l’électricité, une salle de cuisine, détaille Lamine, le porte-parole des Baras, consterné par cette nouvelle expulsion. On avait demandé des rendez-vous, des pistes à la mairie mais on ne nous a pas donné de solutions. »

    Installés à Montreuil ou Bagnolet depuis environ trois ans, ces hommes sans-papiers viennent majoritairement d’Afrique centrale et de l’ouest. « On est prêts à participer, avec nos moyens, pour nous stabiliser. Là, c’est pas une vie de nous balader comme ça », déplore Moussa, Ivoirien de 49 ans.

    A la préfecture, on justifie l’expulsion de ce bâtiment appartenant à un propriétaire privé, par « des risques liés à l’utilisation de chauffages artisanaux et de réchauds, ainsi que par la multiplication de branchements électriques sauvages ».

    La municipalité a reçu une délégation du collectif dans la matinée. « Nous restons disponibles pour les aider à constituer des dossiers de régularisation, indique-t-on au cabinet du maire PS. La ville était opposée à cette expulsion. Il n’y a pas de projet sur le bâtiment donc il n’y avait pas d’urgence. Ces gens ne perturbent pas le quartier. » »

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    27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 08:39
    Sur le blog de l'association «  Romainville Sud », le danger de la loi Pinel

    La loi Pinel a succédé aux dispositifs Carrez puis Duflot : l'objectif est de favoriser fiscalement l'acquisition d'appartements pour les louer. Des placements immobiliers quoi ...

    Lu ce 25 avril 2017 sur le blog de l'association Romainville Sud :

    « Loi Pinel à Romainville - Danger ?


     

    On sait que vous vous en double tamponnez le coquillard sur une poêle en fonte mais le dispositif Pinel créé des difficultés dans des "zones de tensions".

    [Zone de tension
     équivaut à un espace immobilier où une large demande ne trouve pas de solutions de logements...]

    A Romainville, les nombreux nouveaux programmes immobiliers n'accusent pas de taux de remplissage optimisés ; les nouveaux programmes ne sont pas assez remplis, pas assez loués.

    A qui la faute ?

    Réponse dans l'
    article du monde

    « Immobilier : les dangers du régime Pinel


    Prix trop élevés, plafonds de loyers mal calibrés, zonage parfois discutable… Une récente étude pointe les multiples risques de ce dispositif de défiscalisation.

    L’­investissement locatif a le vent en poupe. Avec 61 325 ventes ­ (+ 23,7 %), il a représenté la ­moitié des transactions dans le neuf en 2016. Et cette tendance se ­confirme. La faiblesse des rendements de l’épargne, le bas niveau des taux, mais aussi la disparition programmée, fin 2017, du dispositif de défiscalisation ­Pinel et l’économie d’impôt à la clé (jusqu’à 63 000 euros sur douze ans) expliquent cette effervescence.

    D’autant que les ­contraintes du ­régime, en particulier le plafonnement des loyers, sont assez ­limitées. Bref, le ­Pinel semble paré de toutes les vertus. Pourtant, il n’est pas sans risque. « Beaucoup d’investisseurs pensent qu’il bénéficie de la garantie de l’Etat, sentiment renforcé par d’habiles matraquages publicitaires. Bien sûr, ce n’est pas le cas ! », prévient Immo G ­Consulting dans une ­récente étude.

     

    La main lourde des promoteurs

    Le premier piège consiste à acheter trop cher. S’il est logique que le neuf coûte 20 % à 30 % de plus que l’ancien, les écarts de prix relevés entre programmes neufs se justifient beaucoup moins. Ce qui laisse supposer que les vendeurs s’octroient de belles marges. « L’avantage fiscal dont bénéficient les investisseurs est pour partie détourné au profit de certains promoteurs ou intermédiaires », affirme Jean-Michel Ciuch, d’Immo G Consulting.

    Aveuglés par la seule réduction d’impôt, les investisseurs en font les frais. Par exemple, dans le quartier Gratte-Ciel, à Villeurbanne, des studios sont commercialisés à 6 160 euros/m2 et des deux-pièces à 5 300 euros/m2. Et ce, alors même qu’Immo G Consulting évalue en moyenne un deux-pièces neuf hors Pinel à 4 270 euros le m2. Le même phénomène s’observe à ToulouseNantes ou Strasbourg, où les petits logements réservés au Pinel s’affichent fréquemment autour de 5 000 euros le m2 quand les tarifs du neuf « classique » oscillent entre 3 500 et 4 200 euros le m2.

    Même si des différences existent entre quartiers, à l’évidence, les promoteurs ont la main lourde. Ce constat vaut pour Montpellier, Toulouse, Nantes, RennesClermont-FerrandRouen, Besançon ou encore Vichy. « Des logements achetés en défiscalisation il y a dix ans entre 2 000 et 2 500 euros le m2 se revendent à moitié prix », confie un négociateur de l’agence Espace Immo à Vichy. Notre conseil : mieux vaut fuir les prix trop élevés et investir dans du neuf classique, moins cher et moins contraignant au plan locatif (aucun plafond de loyer) ou dans de l’ancien, plus rentable.

     

    Le neuf plébiscité par les locataires, mais...

    Deuxième piège : se fier aux simulations des vendeurs. Car bien que le Pinel soit censé favoriser le logement intermédiaire, avec des plafonds de loyer en principe inférieurs de 20 % à ceux du marché libre, il n’est pas rare qu’ils les dépassent. Or si les locataires plébiscitent le neuf, ils ne sont pas prêts à débourser 10 % ou 20 % de loyer en plus. Exemple, à Marseille, où le plafond du Pinel s’établit à 12,50 euros par mètre carré, alors que le loyer moyen de marché n’excède pas 11,20 euros. « Ici, les logements neufs peinent à se louer au plafond Pinel, et, pour trouver des locataires, il faut rabattre ses prétentions », admet Jean-Luc Lieutaud, directeur général de Square Habitat.

    La rentabilité, forcément, en souffre. Avec un loyer de marché à 549 euros, ­contre 612 euros en Pinel, un 49 m2 vendu 5 330 euros le m2 ne rapporte que 2,5 % (2,8 % en Pinel hors fiscalité). Même constat en zone B1, notamment à Toulouse, Nantes, Rennes ou Saint-Nazaire. « A Saint-Nazaire, nous venons de louer, en deux mois, 44 logements neufs à des loyers inférieurs au ­Pinel », confie Arnaud Olivier, gérant du cabinet éponyme. ­

    Résultat : les rendements annoncés sur le papier (3 % à 3,5 %) se transforment ­souvent en 2,5 % à 3 %. La situation est encore plus épineuse en zone B2 (villes moyennes ayant obtenu un agrément) et en zone C (secteurs ruraux). Si un plafond Pinel à 8,75 euros le m2 est cohérent à ­AngersBrestCalais, Evreux, Dunkerque ou encore Lorient, il ne l’est pas du tout à Carcassonne, Rodez, Tarbes, Mâcon, Saint-Brieuc ou Vichy, où le plafond Pinel est supérieur de 12 % à 17 % au loyer de marché. « Dans ces villes au marché locatif plutôt détendu et aux taux de vacance parfois élevés, investir en Pinel est risqué », avertit Franck Vignaud, directeur du ­Laboratoire de l’immobilier, qui milite pour une ­refonte des zones géographiques.

     

    Le dispositif Pinel offre jusqu’à 21 % de réduction d’impôt

    L’investisseur qui opte pour le dispositif Pinel bénéficie d’une réduction d’impôt variant en fonction de la durée d’engagement de location : 12 % sur 6 ans, 18 % sur 9 ans et 21 % sur 12 ans. Elle est calculée sur la base de deux plafonds : 5 500 euros /m2 maximum et 300 000 euros/an de montant d’achat. En contrepartie, l’investisseur doit respecter certaines règles : choisir des locataires ne dépassant pas certains plafonds de ressources ; ne pas excéder les plafonds de loyers définis selon la zone géographique du logement. Les zones B2 (villes de plus de 50 000 habitants) et C (secteurs ruraux) ne sont éligibles que sur agrément préfectoral (le plafond de la zone C n’a d’ailleurs toujours pas été publié). Signalons enfin qu’il est possible de louer à un ascendant ou un descendant dès lors que ces plafonds sont respectés, mais le Pinel n’échappe pas au plafonnement des niches fiscales de 10 000 euros par an. » »

     

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    26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 12:35
    Sur le blog de l'association «  Romainville Sud », le danger de la loi Pinel

    La loi Pinel a succédé aux dispositifs Carrez puis Duflot : l'objectif est de favoriser fiscalement l'acquisition d'appartements pour les louer. Des placements immobiliers quoi ...

    Lu ce 25 avril 2017 sur le blog de l'association Romainville Sud :

    « Loi Pinel à Romainville - Danger ?


     

    On sait que vous vous en double tamponnez le coquillard sur une poêle en fonte mais le dispositif Pinel créé des difficultés dans des "zones de tensions".

    [Zone de tension
     équivaut à un espace immobilier où une large demande ne trouve pas de solutions de logements...]

    A Romainville, les nombreux nouveaux programmes immobiliers n'accusent pas de taux de remplissage optimisés ; les nouveaux programmes ne sont pas assez remplis, pas assez loués.

    A qui la faute ?

    Réponse dans l'
    article du monde

    « Immobilier : les dangers du régime Pinel


    Prix trop élevés, plafonds de loyers mal calibrés, zonage parfois discutable… Une récente étude pointe les multiples risques de ce dispositif de défiscalisation.

    L’­investissement locatif a le vent en poupe. Avec 61 325 ventes ­ (+ 23,7 %), il a représenté la ­moitié des transactions dans le neuf en 2016. Et cette tendance se ­confirme. La faiblesse des rendements de l’épargne, le bas niveau des taux, mais aussi la disparition programmée, fin 2017, du dispositif de défiscalisation ­Pinel et l’économie d’impôt à la clé (jusqu’à 63 000 euros sur douze ans) expliquent cette effervescence.

    D’autant que les ­contraintes du ­régime, en particulier le plafonnement des loyers, sont assez ­limitées. Bref, le ­Pinel semble paré de toutes les vertus. Pourtant, il n’est pas sans risque. « Beaucoup d’investisseurs pensent qu’il bénéficie de la garantie de l’Etat, sentiment renforcé par d’habiles matraquages publicitaires. Bien sûr, ce n’est pas le cas ! », prévient Immo G ­Consulting dans une ­récente étude.

     

    La main lourde des promoteurs

    Le premier piège consiste à acheter trop cher. S’il est logique que le neuf coûte 20 % à 30 % de plus que l’ancien, les écarts de prix relevés entre programmes neufs se justifient beaucoup moins. Ce qui laisse supposer que les vendeurs s’octroient de belles marges. « L’avantage fiscal dont bénéficient les investisseurs est pour partie détourné au profit de certains promoteurs ou intermédiaires », affirme Jean-Michel Ciuch, d’Immo G Consulting.

    Aveuglés par la seule réduction d’impôt, les investisseurs en font les frais. Par exemple, dans le quartier Gratte-Ciel, à Villeurbanne, des studios sont commercialisés à 6 160 euros/m2 et des deux-pièces à 5 300 euros/m2. Et ce, alors même qu’Immo G Consulting évalue en moyenne un deux-pièces neuf hors Pinel à 4 270 euros le m2. Le même phénomène s’observe à ToulouseNantes ou Strasbourg, où les petits logements réservés au Pinel s’affichent fréquemment autour de 5 000 euros le m2 quand les tarifs du neuf « classique » oscillent entre 3 500 et 4 200 euros le m2.

    Même si des différences existent entre quartiers, à l’évidence, les promoteurs ont la main lourde. Ce constat vaut pour Montpellier, Toulouse, Nantes, RennesClermont-FerrandRouen, Besançon ou encore Vichy. « Des logements achetés en défiscalisation il y a dix ans entre 2 000 et 2 500 euros le m2 se revendent à moitié prix », confie un négociateur de l’agence Espace Immo à Vichy. Notre conseil : mieux vaut fuir les prix trop élevés et investir dans du neuf classique, moins cher et moins contraignant au plan locatif (aucun plafond de loyer) ou dans de l’ancien, plus rentable.

     

    Le neuf plébiscité par les locataires, mais...

    Deuxième piège : se fier aux simulations des vendeurs. Car bien que le Pinel soit censé favoriser le logement intermédiaire, avec des plafonds de loyer en principe inférieurs de 20 % à ceux du marché libre, il n’est pas rare qu’ils les dépassent. Or si les locataires plébiscitent le neuf, ils ne sont pas prêts à débourser 10 % ou 20 % de loyer en plus. Exemple, à Marseille, où le plafond du Pinel s’établit à 12,50 euros par mètre carré, alors que le loyer moyen de marché n’excède pas 11,20 euros. « Ici, les logements neufs peinent à se louer au plafond Pinel, et, pour trouver des locataires, il faut rabattre ses prétentions », admet Jean-Luc Lieutaud, directeur général de Square Habitat.

    La rentabilité, forcément, en souffre. Avec un loyer de marché à 549 euros, ­contre 612 euros en Pinel, un 49 m2 vendu 5 330 euros le m2 ne rapporte que 2,5 % (2,8 % en Pinel hors fiscalité). Même constat en zone B1, notamment à Toulouse, Nantes, Rennes ou Saint-Nazaire. « A Saint-Nazaire, nous venons de louer, en deux mois, 44 logements neufs à des loyers inférieurs au ­Pinel », confie Arnaud Olivier, gérant du cabinet éponyme. ­

    Résultat : les rendements annoncés sur le papier (3 % à 3,5 %) se transforment ­souvent en 2,5 % à 3 %. La situation est encore plus épineuse en zone B2 (villes moyennes ayant obtenu un agrément) et en zone C (secteurs ruraux). Si un plafond Pinel à 8,75 euros le m2 est cohérent à ­AngersBrestCalais, Evreux, Dunkerque ou encore Lorient, il ne l’est pas du tout à Carcassonne, Rodez, Tarbes, Mâcon, Saint-Brieuc ou Vichy, où le plafond Pinel est supérieur de 12 % à 17 % au loyer de marché. « Dans ces villes au marché locatif plutôt détendu et aux taux de vacance parfois élevés, investir en Pinel est risqué », avertit Franck Vignaud, directeur du ­Laboratoire de l’immobilier, qui milite pour une ­refonte des zones géographiques.

     

    Le dispositif Pinel offre jusqu’à 21 % de réduction d’impôt

    L’investisseur qui opte pour le dispositif Pinel bénéficie d’une réduction d’impôt variant en fonction de la durée d’engagement de location : 12 % sur 6 ans, 18 % sur 9 ans et 21 % sur 12 ans. Elle est calculée sur la base de deux plafonds : 5 500 euros /m2 maximum et 300 000 euros/an de montant d’achat. En contrepartie, l’investisseur doit respecter certaines règles : choisir des locataires ne dépassant pas certains plafonds de ressources ; ne pas excéder les plafonds de loyers définis selon la zone géographique du logement. Les zones B2 (villes de plus de 50 000 habitants) et C (secteurs ruraux) ne sont éligibles que sur agrément préfectoral (le plafond de la zone C n’a d’ailleurs toujours pas été publié). Signalons enfin qu’il est possible de louer à un ascendant ou un descendant dès lors que ces plafonds sont respectés, mais le Pinel n’échappe pas au plafonnement des niches fiscales de 10 000 euros par an. » »

     

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