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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

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Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 14:09
Le 10 juillet 2017 à Notre Dame des Landes

Le compte-rendu de Reporterre :

« Le rassemblement de Notre-Dame-des-Landes projette la Zad dans l’avenir

10 juillet 2017 Nicolas de La Casiniére (Reporterre) 


Bonne humeur et chaleur pour le rassemblement qui s’est tenu les 8 et 9 juillet sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Alors que l’abandon du projet d’aéroport devient crédible, le mouvement s’organise pour pérenniser la Zad comme un lieu paysan et solidaire.

Le 17e rendez vous estival des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est tenu sur le site samedi 8 et dimanche 9 juillet, sous la canicule. Principale question courant dans ce rassemblement joyeux et détendu : qu’adviendrait-il de la Zad (zone à défendre) en cas d’abandon du projet — de plus en plus crédible ? Quel rapport de force possible pour que l’évacuation ne suive pas une annonce officielle de renoncement au projet ? La médiation engagée par le gouvernement laisse présager une issue favorable sur le seul dossier de l’aéroport. Mais beaucoup se rappellent que c’est la énième instance de "dialogue" instaurée par un gouvernement, et qu’il convient de ne pas faire une confiance aveugle à cette configuration : Nicolas Hulot au gouvernement, deux des trois médiateurs plutôt opposés au projet, et la nouvelle force politique En marche dont certains élus se sont déclarés contre cet aéroport parachuté en plein bocage.

"Il y a la troisième du trio de médiateurs, la préfète [Anne Boquet] qui ne dit apparemment pas grand-chose et qui, avec le rapporteur, pourrait être les antennes de Macron pour jauger le rapport de forces en cas d’évacuation de la Zad", remarque un zadiste.

 

"Les deux enjeux du début de mandat de Macron, c’est de réussir à passer sa réforme bulldozer du code du travail et à gérer l’avenir de la Zad. L’aéroport, c’est un enjeu qui ne les intéresse pas au premier plan, mais c’est un gouvernement d’ordre, et cette zone qui expérimente en bafouant le capitalisme, ça n’est pas supportable pour des gens comme eux. Si Macron réussit à passer ces deux obstacles, il aura le champ libre pour tout le reste..." analyse un barbu en s’épongeant le front. "Si la Zad était évacuée, ce serait très mauvais pour nous, syndicalistes, et si les syndicalistes se font écraser, c’est aussi mauvais pour la Zad", résume Francis Lemasson, secrétaire de la CGT Vinci.

Les médiateurs ont reçu une délégation de l’union départementale CGT, de la Confédération paysanne, et du CeDpa (collectif d’élus opposants à l’aéroport). Les cégétistes présents ce week-end lors du rassemblement ne connaissaient pas encore la teneur des échanges avec les dirigeants nantais de leur syndicat. Le syndicat paysan et le collectif d’élus se sont eux déclarés satisfaits quant à la qualité de l’"écoute attentive" des médiateurs dont l’approche "distingue les faits des opinions", tout en menant des "réunions contradictoires" entre partisans et opposants au projet.

Dans un bocage où les paysans bataillent depuis 1972 contre ce projet d’aéroport, le porte parole de la coordination des opposants, Dominique Fresneau, a commenté l’issue possible de la médiation : "Que le résultat soit favorable ou pas, la lutte n’est pas terminée. Si en décembre, ils décident d’abandonner le projet et d’évacuer la Zad, il faudra continuer à lutter ici."

Tous zadistes, tous résistants

Sur les deux jours, le rendez vous a rassemblé quelques plus de 20.000 personnes, selon les organisateurs. Zadistes et associations plus citoyennistes l’ont donc réaffirmé : la lutte ne s’arrêterait pas avec l’abrogation de la déclaration d’utilité publique. Les liens tissés entre les opposants déjà sur place avant 2009 et celles et ceux qu’on appelait "squatteurs", "jeunes" puis "zadistes" sont forts de ces années de discussions, d’entraide et d’amitiés, même émaillées de prises de bec, d’actions concertées.

Pour avoir un coup d’avance, certains imaginent de reprendre vite d’autres terres en friche dans le périmètre de la Zad, et de les remettre en culture, pour réaffirmer la détermination à rester avec des pratiques agricoles diverses, sur des terres partagées, privilégiant l’usage aux droits ancestraux liés à la propriété foncière. La stratégie zadiste, dont le terme englobe désormais les paysans historiques, expulsables comme les autres depuis janvier 2016, c’est d’occuper le terrain, au sens propre comme au figuré.

Dans ce champ à l’herbe jaunie du lieu dit le Champ-des-Perrières, les débats à l’ombre des dix chapiteaux ont été aussi suivis que les discussions sous les auvents des buvettes, accoudé aux bottes de paille formant comptoir.

Les six points qui dessinent l’avenir de la Zad

Rappelant qu’il a été "longuement débattu à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces d’organisation du mouvement", le texte Les 6 points pour l’avenir de la Zad se trouve sur les tables de bien des stands. Un manifeste publié fin 2015, après un an et demi de gestation, dont les engagements se voient ravivés avec l’éventualité, jamais aussi plausible, d’un possible abandon du projet.Il s’agit d’assurer le maintien des occupants, zadistes et agriculteurs historiques, sans expropriation ni expulsion.

S’y ajoutent la continuation des expérimentation agricoles et d’autoconstruction et la capacité à régler les conflits d’usage au sein d’une instance collective issue de la lutte. L’accueil de nouveaux projets doit aussi être arbitré par une entité dans le droit fil des équilibres entre composantes de la lutte. Enfin ce manifeste affirme, à contre-courant de la logique agricole dominante, le refus de la dispersion des terres aux fins d’agrandissement d’exploitations limitrophes déjà existantes. Et donc au détriment de nouvelles installations. "En cas d’abandon du projet, il y a un gros risque que les terres aillent “à l’agrandissement”. Aujourd’hui, la tendance en agriculture, ce sont de grosses sociétés capitalistes internationales qui investissent. Mais ici, on continuera à se bagarrer pour que la Zad soit une terre partagée, de projets paysans mais pas que", dit une zadiste.

Une tradition de luttes paysannes

Pour envisager les perspectives, les militants anti aéroport se sont souvent appuyés sur l’histoire récente. Sous le chapiteau de l’actuel collectif paysan Copain, avant que se réchauffe un bœuf bourguignon-patates, à un jet de motte de terre des cantines véganes, majoritaires ici, un débat explique les conditions de la naissance de ce syndicalisme paysan combattif. Dans les années soixante-dix, contre des paysans "accapareurs", les paysans-travailleurs ont multiplié en Loire-Atlantique les occupations de ferme. Quarante ans plus tard, certains de ces paysans sont là, assis sur les bottes de pailles en cercle, passionnés par les enjeux politiques et agricoles de Notre-Dame-des-Landes. En ce département où le syndicalisme paysan offensif et d’action directe a modelé le paysage, le débat rappelle le rôle, l’apport, la référence constante de Bernard Lambert. Paysan, député et militant du PSU, Bernard Lambert a fondé le mouvement Paysans travailleurs dont la Confédération paysanne est en quelque sorte la continuation.

Lambert a publié en 1970 un livre dont le titre donne le ton : Les Paysans dans la lutte de classes. L’historien René Bourrigaud en donne le sens : "La création d’un syndicat de classe était une révolution historique dans l’affrontement d’alors, entre le bloc rural, monarchiste et catholique, attaché à la propriété foncière, et un bloc national et républicain appuyé sur le mouvement ouvrier. Mais quand Bernard Lambert écrit son livre, la paysannerie est en train de passer sous la domination du capital agroalimentaire et s’il ne sont peut-être pas exactement des prolétaires, ils sont les alliés objectifs des ouvriers."

Réseau de ravitaillement
Sous un autre chapiteau, des zadistes retracent par des lectures de textes et de témoignages l’alliance paysans-ouvriers en Mai-68 à Nantes, le ravitaillement des usines en grève et des quartiers populaires. Un projet récent s’en inspire. Le réseau Cagettes des terresA est une résurgence adaptée à nos temps, équivalent alimentaire du principe de la caisse de grève, apportant légumes frais, repas préparés par une cantine volante ou produits transformés aux piquets de grève, pour les mouvements sociaux qui pourraient se former à l’automne prochain.

Ce réseau de soutien alimentaire aux piquets de grève, regroupe des zadistes et des paysans qui font déjà de manière disparate cet apport aux luttes, aux squats de migrants, avec l’aide de propriétaires de véhicules pour collecter les apports et les acheminer aux grévistes, ainsi que de financeurs particuliers pour couvrir les frais de ce système de solidarité.

 

Pendant la loi travail, des contacts ont été pris entre des zadistes et la CGT des salariés de l’actuel aéroport, géré par Vinci. D’un côté, un collectif syndical contre l’aéroport s’est constitué, formé de militantes et militants de quelques sections CGT de Solidaires et de la CNT locale, alliés au collectif paysan Copain. Le mot d’ordre de ce regroupement c’est : "Ni travaux ni expulsion", en défendant le développement de l’actuel aéroport et des conditions de travail décentes pour les salariés directs et les sous-traitants.

L’organisation d’un cortège au 1er-Mai, un millier de personnes, des tracteurs et des drapeaux spécifiques, dans un cortège de 6.000 manifestants, a donné confiance et appris à s’organiser. La CGT Vinci au plan national et la CGT du bâtiment ont rejoint ce collectif qui a déjà édité des tracts en six langues à destinations d’éventuels travailleurs détachés. Ce collectif syndical participe à la construction de ce réseau de ravitaillement des luttes.

Quels que soient les échéances et les volontés du gouvernement, la Zad bouillonne d’énergies et de projets qu’elle mène pour construire, toujours construire. Construire des projets, des réseaux, des relations humaines et politiques et des stratégies communes. »

 

Le 10 juillet 2017 à Notre Dame des Landes
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 14:08
France Nature Environnement et l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes

L'essentiel du projet de Notre Dame Des Landes par France Nature Environnement : 12 raisons de s'opposer au projet :

« — 
L'ESSENTIEL — Notre-Dame-des-Landes : 12 raisons de dire "non"

Contesté depuis plus de cinquante ans, le projet d'aéroport à Notre-Dames-des-Landes fait l'objet de multiples polémiques et rebondissements. Pourquoi le mouvement France Nature Environnement s'oppose-t-il à sa construction ? Petite liste (non exhaustive) des arguments contre le transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes.


Lutter contre le dérèglement climatique

Le 12 décembre 2015, l’Accord de Paris sur le climat était adopté sous les applaudissements. En tribune, François Hollande le promettait : « nous entrons dans l’ère du bas carbone ». Alors pourquoi vouloir développer encore et toujours le transport aérien, mode de transport champion de l’émission de gaz à effet de serre par kilomètre ? À l’heure de la sobriété et de l’efficacité énergétiques, il est temps de revoir la copie.

Refuser l’obsolescence programmée de Nantes-Atlantique

Aux origines du projet, deux idées : doter Nantes d'un aéroport international et enrayer la saturation de l'aéroport actuel. Au sud de la ville, Nantes-Atlantique propose déjà plus de 100 destinations, vers une vingtaine de pays. Il a reçu le trophée ERA du meilleur aéroport européen en 2011-2012. Initialement conçu pour 4 millions de passagers par an, Nantes-Atlantique en a accueilli 4,4 millions en 2015. Son réaménagement permettrait d'en accueillir jusqu'à 9 millions, sans entraîner une forte augmentation des décollages et atterrissages. Car le taux de remplissage des appareils progresse, notamment grâce aux systèmes de réservations en ligne et aux stratégies commerciales des compagnies low cost.

Malgré le survol d’une partie de la ville, il est classé dans la meilleure catégorie en matière de sécurité par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’approche de l’aéroport ne présentant pas de risque particulier. La question du bruit subi par les riverains, souvent soulevée par les partisans du projet, n’a jamais été correctement étudiée mais ne semble pas insoluble. L’arrêt des vols de nuit (entre 23 h et 6 h) et la révision des plans de vol ont fait leurs preuves ailleurs. Par ailleurs, les avions sont de moins en moins bruyants.

D’après le rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable d’avril 2016 (CGEDD), commandé par Ségolène Royal et objet d’une joute avec Manuel Valls, à Nantes-Atlantique, « l’agrandissement de l’aérogare est possible et la rénovation de la piste est nécessaire ». Une modernisation pourtant « systématiquement écartée » jusqu'à maintenant. Depuis 1974, une seule option est envisagée : le transfert de l'aéroport sur la commune rurale de Notre-Dame-des-Landes. Une idée d’un autre temps.

Préférer un aéroport confortable, sûr et fonctionnel

Dévoilé par le Canard Enchaîné en octobre 2014, le permis de construire est fort instructif. En comparant les plans, le projet s'avère plus petit, moins confortable et fonctionnel que l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique (trophée ERA du meilleur aéroport européen en 2011-2012), contrecarrant les arguments pro-déménagement. Zone de parking des avions, halls de départ et d'arrivée, caserne de pompier, hangar de maintenance... tous inférieurs et en-deçà des préconisations de la DGAC. Et aussi moins de passerelles d'embarquement ou de comptoirs d'enregistrement. Comment alors l'aéroport peut-il être « surdimensionné », selon les propres mots des ingénieurs du ministère de l'environnement ? Doublez la galerie commerciale, prévoyez 7000 places de parking de 25 à 28 m² (contre 15 m² pour une place standard) et construisez deux pistes quand une seule suffit. En guise de réponse, la préfecture de Loire Atlantique a précisé que ce permis était « évolutif ».

 

Alléger nos impôts

La simple construction de l'aéroport s’élèvera à 565 millions d'euros (valeur 2016) hors taxe, un chiffre qui n’intègre pas la réalisation d’un tram-train ou d’une ligne grande vitesse. 43 % de cette somme sera financée par les collectivités et de l'État, donc par les contribuables. La facture explosera probablement : + 40 % en moyenne sur ce type de chantier. Tandis que le coût d’un réaménagement de Nantes Atlantique serait d’environ 140 millions d'euros, selon les experts du CGEDD. Soyons économes !

Penser à l’équilibre des territoires

Comment rejoindre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, situé à 27 km du centre-ville de Nantes, contre 16 pour Nantes-Atlantique ? Les projets de tram-train et de ligne grande vitesse Bretagne-Pays de Loire, qui impacteraient de toute façon eux aussi l’environnement et l’agriculture, sont pour l'instant hypothétiques. À son ouverture, Notre-Dame-des-Landes ne serait desservi qu’en car. Seront donc privilégiés les trajets en voiture individuelle. « La mission n’a pas trouvé trace (…) de réflexions opérationnelles en faveur de l’aire d’influence du projet d’aéroport », résume le Commissariat général du développement durable. Comprendre, aucune stratégie en matière d’aménagement du territoire n’accompagne le projet d’aéroport. Projet, qui plus est, qui favorisera forcément l’étalement urbain.

Défendre le droit à l'information

Nous prononcer sur un projet, sans en connaître le détail ? Ce serait mal nous connaître. Sur ce dossier, FNE Pays de la Loire et Bretagne Vivante ont dû saisir quatre fois la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), qui estime si un document peut être communiqué au public. Deux fois, les pièces demandées ont été transmises seulement quelques jours avant examen de nos demandes par la CADA. Dans les deux autres cas, la préfecture de Loire-Atlantique a attendu que la CADA confirme notre bon droit pour les leur communiquer, moyennant 336 euros pour l'impression des documents. Autre absent : le permis de construire déposé par Vinci en avril 2013. C’est le Canard enchaîné qui en a révélé le fond, fin 2014 (voir plus haut). Bien renseigné, l’hebdomadaire a dévoilé en février 2016 une note de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement sur la réserve de Grand-Lieu, qui estime que le réaménagement aurait moins d’impact qu'un déménagement, en rendant possible l’urbanisation de terrains aujourd’hui préservés. Information jamais communiquée aux associations par la préfecture, malgré les demandes des associations. Combien de documents dorment-encore dans les placards ?

Sauver des exploitations agricoles

Depuis près de 50 ans, les agriculteurs sont en première ligne de la lutte contre le projet, « conçu sans souci d'économie d'espace », d'après le CGEDD. Et pour cause : près de 2000 hectares de terres leur seraient enlevés. L’un des principaux bassins laitiers de Loire-Atlantique disparaitrait. 15 exploitations agricoles mettraient la clé sous la porte. A ce jour, onze exploitants refusent de partir, malgré les pressions de Vinci, les arrêtés d’expulsion et les passages devant le juge. Les raisons de leur colère ? Le tarif de rachat dérisoire de 1600 euros par hectare, pour un projet très contestable. Le périmètre de protection des espaces agricoles et naturels, proposé en réponse par le conseil départemental de Loire-Atlantique, ne compense pas la disparition de ces terres. Loin d’être un outil de sanctuarisation, il peut être modifié, révisé, abrogé… au gré des projets d’urbanisation.

Maintenir des emplois

Avec ce projet, 200 emplois au moins seraient supprimés dans l’agriculture et les activités connexes (vétérinaires, agro-alimentaire). Une fois en service, l’aéroport, plus automatisé, aurait besoin de moins de personnel. Près de 2000 personnes, travaillant aujourd’hui à Nantes-Atlantique, seraient transférées, déséquilibrant le bassin d'emplois nantais, entre le Nord et le Sud. Et si Vinci avance l’embauche de 700 personnes pendant 4 ans, la sous-traitance est la règle sur ce type de chantier, avec des ouvriers payés aux prix les plus bas, en contrat précaire. A tel point que la CGT-Vinci s’est prononcée publiquement contre le projet. L’argument emploi, tant asséné, semble remis en cause.

Préserver des zones humides

731 hectares de zones humides et de bocages sont promis à la destruction avec l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, surface qui s’élèvera à plusieurs milliers d’hectares avec les infrastructures de desserte prévues à moyen et long terme (tram-train, LGV…). Véritables éponges, régulant inondations et sécheresses, stockant du carbone et abritant une riche biodiversité, les zones humides sont précieuses (voir aussi LH n°256). Plusieurs textes les protègent : le Code de l’environnement, la Directive cadre sur l’eau, le schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin Loire-Bretagne. Pour les mesures de compensation concernant l'eau, les porteurs du projet de Notre-Dame-des-Landes proposent une méthode qui n'a jamais été éprouvée sur le terrain, ce qu’a regretté le collège d'experts scientifiques mandaté par la préfecture en 2013. Un point de vue partagé par le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN). Et si la France tenait enfin compte de l’avis de ses scientifiques ?


Laisser le bocage dévoiler ses mystères

Sur le site de Notre-Dame-des-Landes, plus de 146 espèces protégées se côtoient. Seules 4 d'entre elles seraient concernées par des mesures « d'accompagnement » : le Fluteau nageant, le Triton crêté, le Triton marbré et le Campagnol amphibie, auxquelles il faut ajouter le déplacement de quelques arbres favorables au Grand capricorne. Les autres sont vouées à disparaître. Et pour la poignée d'espèces élues, rien de rassurant non plus. Pour sauver des Campagnols amphibies du chantier, il faudrait d'abord que les ouvriers les voient, les reconnaissent, les capturent dans les règles, puis les emmènent ailleurs… Une hypothèse bien illusoire.

Signe de sa qualité écologique, le site de Notre-Dame-des-Landes abrite 5 zones naturelles d’intérêt faunistique et floristique. Avec 11 habitats génériques, il a tout le potentiel pour devenir un site Natura 2000. Le travail de terrain minutieux des Naturalistes en lutte, collectif dans lequel les militants de nos associations sont très actifs, a permis de découvrir de nouvelles espèces, preuve de la richesse du lieu. Ainsi, en décembre 2015, 4 espèces non répertoriées ont été découvertes. Un « travail de grande valeur scientifique », selon Loïc Marion, chercheur en écologie au CNRS, qui applaudit ce travail qui « a permis de démontrer les faiblesses de l'inventaire du bureau d'étude Biotope mandaté par l'État ». Le bocage a-t-il encore des secrets dans sa botte ?

Éviter à la France une sanction européenne

Effarées par la multiplication d'irrégularités, nos associations ont saisi en 2012 la Commission des pétitions du Parlement européen. Après enquête, la Commission européenne a estimé que la France avait violé le droit de l’Union Européenne et l’a mise en demeure de régulariser sa situation : la France doit effectuer une évaluation de l’impact environnemental global du projet d’aéroport et des projets qui y sont liés (routes, tram-train, liaison ferroviaire, éventuel pont sur la Loire…) Une requête restée lettre morte. Un nouveau contentieux pourrait donc amener la France devant la Cour de Justice de l’Union Européenne… sanctions financières à la clé.

Les associations sur le front

Complexe, ancien et d’un impact qui dépasse largement le département de Loire-Atlantique, le dossier de Notre-Dame-des-Landes mobilise énormément de militants du mouvement France Nature Environnement, sur le terrain, dans les tribunaux, au niveau local, régional, national ou européen. Parmi les protagonistes, citons FNE Pays de la Loire, Bretagne Vivante, la LPO44 ou Eau et Rivières de Bretagne. Des bénévoles s’investissent au sein du collectif des Naturalistes en lutte, de l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre-Dame-des-Landes) ou encore de l’Atelier Citoyen, collectif de citoyens experts. »

 

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 16:12
Notre Dame des Landes : SCOT et absence du volet environnemental.

Les conclusions de la commission de l'enquête publique sur le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriales) pointent l'absence de volet environnemental du projet aéroportuaire. Les choses se compliquent pour les partisans de l'aéroport de Notre Dame des Landes.

Le communiqué du 29 novembre 2016 de France Nature Environnement


« Les impacts cumulés de Notre-Dame-des-Landes épinglés par une commission d’enquête

La commission d’enquête publique sur le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de l’agglomération de Nantes Saint-Nazaire vient de rendre ses conclusions. Elles portent sur son volet aéroportuaire, le projet de Notre-Dame-des-Landes et les projets d’infrastructures connexes : leurs impacts cumulés sur l’environnement sont toujours méconnus, l’infraction au droit européen se confirme ! Explications.

Le « oui mais seulement si » de la commission d’enquête
Le projet de SCoT de Nantes Saint-Nazaire a reçu un avis favorable de la commission d’enquête[1]. Toutefois cet avis est assorti d’une réserve qui, tant qu’elle n’est pas levée, rend l’avis défavorable pour la stratégie d’aménagement de la métropole, qui inclut le projet aéroportuaire Notre-Dame-des-Landes et ses projets connexes.

Cette réserve critique l’absence d’évaluation environnementale globale de l’ensemble des projets connexes liés à Notre-Dame-des-Landes (NDDL). En effet, les études ont été « découpées » : une pour la plateforme, deux autres pour le barreau routier et les modifications de voirie. D’autres sont encore attendues : une pour le projet de LGV, une pour le projet tram-train, une pour les zones d’activités...

Pour Denez L’Hostis, président de FNE : « Les conclusions de la commission d’enquête sur le SCoT Nantes St Nazaire confirment les critiques européennes sur la non évaluation des impacts cumulés de NDDL. Les travaux ne peuvent donc pas commencer, sous peine de poursuites par la Commission ! ».

 
Un SCoT cheval de Troie
Profitant de l’élaboration de ce SCoT, l’État a voulu en faire l’instrument de réponse à la mise en demeure européenne d’avril 2014 critiquant l’absence d’évaluation stratégique exigée par le droit européen depuis 2001. Cette évaluation globale doit justifier les projets de desserte et d’aménagement autour de l’aéroport en étudiant leurs impacts cumulés sur un même territoire.

Alors que ce document d’urbanisme devait construire un projet de territoire cohérent, cet avis confirme les critiques européennes : manque d’un document récapitulatif de tous les projets connexes justifiant leur réalisation, nécessité de procéder à l’évaluation environnementale de l’ensemble et d’améliorer l’analyse des mesures d’évitement, de réduction et de compensation (principe ERC) aux différents impacts identifiés par cette évaluation.

Des projets connexes en contradiction avec les espaces compensatoires de Notre-Dame-des-Landes

Cet avis conforte la position de FNE[2] exprimée notamment dans sa déposition à cette enquête publique : poursuite de l’étalement urbain au détriment de la biodiversité, siphonage de l’argent public dédié aux transports en commun des régions Pays-de-la-Loire et Bretagne et absence de justification environnementale.

Pire, certains de ces projets connexes vont détruire des espaces de compensation prévus au regard des impacts de l’aéroport lui-même. La facture environnementale et financière de NDDL serait encore alourdie par ses équipements « connexes ».

Pour Denez L’Hostis, président de FNE : « Après la critique du rapporteur public fondée sur une interprétation stricte du droit européen de l’environnement, voici que la commission d’enquête du SCoT confirme les carences du projet global lié à NDDL. Plus que jamais il est temps de renoncer à ce projet nuisible et de dessiner calmement l'avenir de nos territoires. Répondre à nos besoins sans détruire notre patrimoine et le climat constitue le véritable progrès. »


 

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 09:32
FNE ; qui va payer la destruction de l'environnement de Notre-Dame-des-Landes ?

Le communiqué du 14 novembre de France Nature Environnement sur Notre-Dame-des-Landes :

« Notre-Dame-des-Landes : qui va payer la destruction de l'environnement ?

Contre toute attente, la Justice n’a pas suivi les conclusions du rapporteur public qui demandait l’annulation de quatre arrêtés préfectoraux permettant le démarrage des travaux pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. France Nature Environnement et les associations de son mouvement regrettent cette décision qui condamne les habitants de la région nantaise et l’ensemble des Français à devoir payer pour la destruction de leur patrimoine naturel…

Le rapporteur public de la Cour administrative d’appel de Nantes demandait l’annulation des quatre arrêtés préfectoraux prévoyant une dérogation à la protection des zones humides et des espèces protégées. Il se fondait sur le principe ERC (Eviter, Réduire, Compenser) en critiquant le fait que le porteur de projet saute directement aux compensations (d’ailleurs insuffisantes) sans se demander d’abord comment éviter et réduire les impacts du projet sur les milieux naturels.

Il considérait en effet, par exemple, qu’il y a moyen de les éviter en modernisant l’aéroport existant de façon à répondre à la problématique qui a motivé le projet Notre-Dame-des-Landes : absorber l’augmentation du nombre de passagers. Pour le rapporteur, l’alternative « Nantes Atlantique » est donc crédible au regard de deux rapports (1) qui, intervenus tardivement, ont été largement ignorés par les décideurs publics.

Une décision plus qu’étonnante !

Cependant, les juges n’ont pas suivi son avis alors que c’est le cas dans 90% des affaires. Nous regrettons ces décisions de justice qui vont à rebours d’une véritable prise en compte de la dimension environnementale dans les projets d’aménagement. À l’heure de la COP22, ces décisions sont significatives du chemin qui reste à parcourir à la France pour répondre convenablement aux enjeux environnementaux de ce siècle.

Denez l’Hostis : « Cette décision est une très mauvaise nouvelle pour la nature et l’environnement mais au-delà, pour tous les habitants du grand ouest qui devront financer non seulement l’aéroport et les divers projets annexes (autoroutes, LGV, ligne tram-train, voiries…). De plus ce projet accélère encore la destruction de leur patrimoine naturel et la perte d’une infrastructure naturelle gratuite que constitue cette zone humide qui stocke du carbone, régule les sécheresses, absorbe les crues et génère de la biodiversité. Malgré cette décision, nous continuons à demander l’abandon définitif du projet qui nous parait toujours aussi absurde, en rappelant que toutes les autorisations ne sont pas encore délivrées et le contentieux européen est toujours pendant ».

 (1) Rapport DGAC : Evaluation des coûts de réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique dans le scénario d’un maintien de l’activité (nov 2013) et rapport CGEDD : Etude sur les alternatives pour le développement aéroportuaire du Grand Ouest (mars 2016) »

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 19:46
Notre Dame des Landes : après la décision de la cour d’appel de Nantes

Ce 14 novembre 2016, le communiqué commun du mouvement anti-aéroport après la décision de la cour administrative d’appel de Nantes :

 « Une décision qui n’entame en rien la légitimité de notre combat

 

Fait très exceptionnel, la cour d'appel a choisi d'aller à l'encontre de l'avis, développé le 7 novembre devant la juridiction administrative de Nantes, de Madame le rapporteur public. Pour la première fois devant un tribunal, dans son réquisitoire, celle-ci avait démontré le caractère destructeur du projet, mis en avant à partir de textes officiels de la DGAC l'existence de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique comme alternative crédible et validé bon nombre des arguments des opposants en s'appuyant sur le droit européen et français (éviter, réduire, compenser... les dégâts environnementaux). Elle a demandé l'annulation des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux d'aménagement de l'aéroport et ne l'a pas obtenue. Les requérants examinent dès demain la poursuite des recours.

 

La décision de la Cour d'appel n'entame en rien la légitimité de notre combat face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. L'ensemble du mouvement anti-aéroport réaffirme qu'il ne laissera place à aucun début de travaux ni d'expulsion sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.


Nos appels à soutien et réactions immédiates et massives, au niveau local, régional et au-delà, restent inchangés en cas de démarrage de chantiers ou de tentative d'expulsion. Nous les mettrons en œuvre avec toute la détermination nécessaire.

 


Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La zad fleurira !

 

L'ensemble du mouvement antiaéroport: l’ensemble des organisations de la Coordination des opposants au projet d'aéroport – Copain 44 –Naturalistes en lutte – des occupant.e.s de la zad »

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 15:26
Notre-Dame-des-Landes : La cour d'appel administrative du lundi 7 dans Le Monde

Il faut rester prudent et attendre le jugement (encore une semaine). Il n'en reste pas moins que cela fait sacrément plaisir de voir ce que la rapporteure publique a rapporté ce lundi.

«Notre-Dame-des-Landes : la justice en arbitre


La légalité de quatre arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de l’aéroport nantais est contestée.


LE MONDE | 07.11.2016| Par Rémi Barroux (Nantes, envoyé spécial)


L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes verra-t-il le jour dans le bocage nantais ? En demandant l’abrogation de quatre arrêtés préfectoraux qui autorisaient le démarrage de ce chantier, la rapporteure publique, Christine Piltant, a peut-être donné, lundi 7 novembre, un coup d’arrêt décisif au projet.

Devant les six magistrats de la cour administrative d’appel de Nantes, elle a longuement développé la thèse de l’alternative au transfert de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique qui n’a pas été, selon elle, assez évaluée. Or, seule l’absence d’alternative satisfaisante à un projet permet de déroger à la réglementation environnementale, autorisant la destruction d’une zone humide ou celle d’espèces protégées, par exemple.

 

Ces dérogations étaient justement permises par les arrêtés que la rapporteure publique – dont les avis sont souvent suivis – propose d’abroger. Celle-ci a estimé que le réaménagement de l’actuel aéroport représentait « une alternative non seulement avérée mais satisfaisante » à la construction du projet de Notre-Dame-des-Landes, à une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes.


Fiasco politique

Cette idée est aussi avancée par Ségolène Royal pour sortir de l’impasse – et du fiasco politique – que constitue ce projet. La ministre de l’environnement s’oppose ainsi au premier ministre, Manuel Valls, qui a promis à de nombreuses reprises le démarrage, à l’automne, du chantier de l’aéroport et l’évacuation de la ZAD, la « zone à défendre » occupée par quelque 200 militants.

C’est dans ce climat de tension que Christine Piltant a prévenu, dès l’ouverture de l’audience : « Les personnes qui pensent que le rapporteur public peut être influencé par le gouvernement ou recevoir des consignes connaissent bien mal la justice ».

Durant quatre heures et demie, elle a revisité l’historique de ce projet, vieux de plus de cinquante ans, pour conclure que les opposants étaient fondés à demander l’annulation des arrêtés relatifs à la loi sur l’eau et aux espèces protégées. Sa position va à l’encontre du tribunal administratif de Nantes qui, en juillet 2015, avait rejeté tous les recours des opposants.
 

Elle considère que le projet ne respecte pas certaines exigences de la réglementation environnementale. Selon la rapporteure publique, la dégradation des masses d’eau importantes que recèle la zone humide où doit être construit l’aéroport est certaine. « La destruction sera immédiate, alors que la compensation va s’étaler sur quatre ans et qu’il faut des dizaines d’années pour rétablir certaines fonctionnalités », a-t-elle précisé.

Elle a aussi évoqué les tonnes de sel qui seraient déversées sur les pistes pour lutter contre le verglas, ainsi que les produits chimiques qui seraient pulvérisés pour le dégivrage des avions, autant de menaces pour la qualité des eaux des trois bassins versants concernés sur la zone.


La cour rendra son arrêt le 14 novembre. Si les arrêtés étaient abrogés, ce serait quasiment la première victoire judiciaire des opposants. Le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet, a préféré rappeler dans un communiqué, les « 168 décisions de justice favorables » au projet d’aéroport. Quant aux demandes d’abrogation de quatre de ses arrêtés, il estime qu’« il serait prématuré d’en envisager les conséquences ».

Guillaume Dalmard, porte-parole de l’association Des ailes pour l’Ouest, favorable au projet et présent à l’audience, indique aussi « attendre la décision de justice »« Si on doitfaire des ajustements au projet, on le fera, mais ce sera à l’Etat de décider », explique le jeune homme, en soulignant la victoire, le 26 juin, des tenants du oui au transfert de l’aéroport, avec 55,17 % des voix.

La fin du feuilleton judiciaire n’est pas certaine. Si les juges administratifs suivent les conclusions de la rapporteure publique, l’Etat et Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci, pourront encore aller en cassation devant le Conseil d’Etat. Le préfet pourrait de son côté rédiger de nouveaux arrêtés conformes au jugement.


En attendant, lundi soir, les opposants affichaient leur satisfaction, sans pour autant crier victoire. « Cela fait du bien d’entendre dans la bouche d’une magistrate ce que l’on défend depuis si longtemps », s’est félicitée Françoise Verchère, du collectif d’élus doutant de la pertinence du projet d’aéroport. Julien Durand, de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport, ne cachait pas sa joie : « On a toujours dit qu’on planterait le dossier de Notre-Dame-des-Landes sur des arguments environnementaux. »

Prudent, Sylvain Fresneau, agriculteur et opposant historique au projet, confiait : « Le gouvernement va aller en cassation pour ne pas perdre la face. Je vois mal Jean-Marc Ayrault abandonner. » Le ministre des affaires étrangères, ancien maire de Nantes, est un ardent défenseur du projet.


Vive tension

De fait, pendant que les juges écoutaient la rapporteure publique et les avocats, le préfet de ­Loire-Atlantique réunissait, « à la demande du premier ministre », le comité de pilotage – les représentants des collectivités finançant le projet, des représentants consulaires et le concessionnaire AGO –pour « faire un point sur le projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes », l’occasion de rappeler « les engagements pris par l’Etat ».

Sur le terrain, la tension entre les deux camps reste vive. Le 5 novembre, les pro-aéroport ont déposé symboliquement devant la préfecture les 270 000 bulletins des électeurs favorables à la construction du nouvel aéroport. Le 10 novembre, ce sera au tour des opposants de manifester. Les organisations d’agriculteurs hostiles au projet appellent à une nouvelle opération des « tracteurs vigilants » sur la ZAD. Autant dire que la décision des juges est guettée, tout comme l’est la position qu’adoptera alors le gouvernement.

Lire aussi :   A Notre-Dame-des-Landes, le sol ne pourrait pas supporter les pistes de l’aéroport »

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 15:49
C'était il y a ùpons d'un mois : une nouvelle manifestation des opposants ...

C'était il y a ùpons d'un mois : une nouvelle manifestation des opposants ...

Ainsi, comme va le dire le Rapporteur public de la Cour d'appel de Nantes, quatre arrêtés d'utilité publique ne respectent pas le code de l'environnement. C'est ce qu'ont toujours affirmé les opposants.
 

Le Monde 4 novembre 2016 :

« Notre-Dame-des-Landes : vers un possible arrêt du projet d’aéroport

Le rapporteur public va demander, lundi devant la cour administrative d’appel de Nantes, l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant de démarrer le chantier.

 

C’est un possible coup d’arrêt aux travaux de construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), à une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes. Selon des informations du Monde, lundi 7 novembre, lors d’une audience de la cour administrative d’appel de Nantes, le rapporteur public devrait demander l’annulation « totale ou partielle » de certains des arrêtés préfectoraux permettant le démarrage des différents chantiers.

Ces arrêtés, publiés par la préfecture de Loire-Atlantique en décembre 2013, autorisaient des dérogations aux réglementations sur la protection des espèces protégées et à la loi sur l’eau. Les associations d’opposants – dont l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport et le Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Cédépa) – avaient alors attaqué en justice ces textes. Outre la loi sur l’eau et les espèces protégées, leurs requêtes visaient aussi la déclaration d’utilité publique du « programme viaire », c’est-à-dire le programme d’aménagement des voiries départementales et communales sur le territoire des communes directement concernées par l’emprise de la future plate-forme aéroportuaire.
 

Le 17 juillet 2015, le tribunal administratif avait rejeté, en première instance, toutes les requêtes des opposants, ouvrant ainsi la voie à un possible démarrage du chantier de l’aéroport. Manuel Valls s’était alors félicité de la décision du tribunal, qui devait « entraîner la reprise des travaux ». Un refrain que le premier ministre n’a cessé d’entonner régulièrement depuis, jusqu’à tout récemment, confirmant un début des travaux à l’automne.


« Signal positif »

La cour administrative d’appel de Nantes peut-elle tempérer l’ardeur gouvernementale ? Certes, les conclusions du rapporteur public pourraient ne pas être suivies par la cour, qui devrait rendre sa décision dans un délai de deux à trois semaines au maximum. Pour Thomas Dubreuil, l’un des avocats des requérants, « c’est une petite surprise, mais surtout un signal positif ; après il faut attendre le détail des arguments sur le fond et la décision de la cour ».

Si les magistrats suivaient le rapporteur public, cela signifierait sans aucun doute a minima un nouveau report de ce projet d’aéroport, vieux de plus d’une cinquantaine d’années. Et un coup dur pour le gouvernement et le chef de l’Etat.

En décidant la tenue d’une consultation locale pour valider le transfert de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique vers le bourg de Notre-Dame-des-Landes, dans le bocage nantais, François Hollande espérait relégitimer un projet encalminé dans les terres humides nantaises. La victoire du oui au transfert, avec 55,17 % des voix, le 26 juin, lui laissait espérer une piste ouverte pour le futur aéroport.

De leur côté, les opposants ont rejeté ce résultat, critiquant l’aire de consultation – le département de la Loire-Atlantique – autant que la question, qui ne laissait pas envisager d’autre alternative. Le 8 octobre, plusieurs dizaines de milliers d’opposants se sont rassemblés sur la ZAD, la « zone à défendre », occupée par quelque deux cents zadistes et agriculteurs, s’engageant à s’opposer par tous les moyens aux futurs travaux.


L’affrontement promis avec les gendarmes pourrait être différé, voire annulé. « Si les conclusions du rapporteur sont suivies, on voit mal comment le gouvernement pourrait démarrer les travaux, confie Françoise Verchère, du CéDpa. En attendant, nous nous rendrons à l’audience de lundi beaucoup plus sereinement : cela fait longtemps que l’on dit qu’il y a un vrai problème avec les arrêtés loi sur l’eau et espèces protégées. »
Rémi Barroux »


À suivre !!!

Pierre Mathon

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    4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 15:10
    Les amis de la conf' pour la protection durable du vivant à Notre-Dame-des-Landes

    Un Communiqué des Ami.e.s de la Confédération paysanne (membre de la Coordination des Opposants à l'aéroport NDDL) le 2 novembre 2016 :


     

    « À Notre-Dame-des-Landes, nous protégeons le vivant et notre futur durablement

             En soutenant la résistance au bétonnage de Notre-Dame-des-Landes et ailleurs contre les projets démesurés, les Ami.e.s de la Conf' défendent un autre imaginaire du développement, celui qui consiste à préserver et défendre le vivant, la vie des paysans et des habitants d'un espace naturel unique.

    Soutenir une alternative à l'aménagement d'un nouvel aéroport, c'est envisager notre avenir, celui de notre environnement et des générations futures débarrassées des lobbies des constructeurs, industriels et autres aménageurs qui pillent nos sols, nos ressources naturelles et détruisent les écosystèmes.
    Si nous contestons la pertinence de certains grands projets d’infrastructures comme la ligne ferroviaire grande vitesse entre Lyon et Turin, le barrage de Sivens (Tarn), le village artificiel de Roybon (Isère), les aménagements autoroutiers de la GCO (Strasbourg) et l'A45 (Rhône-Loire), le gigantesque centre commercial Europacity en Île-de-France, c'est que nous mettons en doute la consistance des dossiers quant aux coûts, pollutions et autres destructions qu’ils induisent et la (fausse) démocratie qui les instrumentalise.

    De même, l'industrialisation accélérée de l'agriculture éloigne chaque jour un peu plus cette dernière des citoyens-consommateurs et condamne la population paysanne sacrifiée sur l'autel de la concurrence et du libre-échange ; les fermes-usines sont devenues le symbole de cette fuite en avant du système capitaliste productiviste.

    La disparition programmée de la communauté paysanne rejoint l'écocide dirigé par les puissances économiques et politiques qui s'illustre aujourd'hui par la surexploitation du travail et des ressources naturelles, l'artificialisation des sols au mépris de notre propre souveraineté alimentaire, c'est-à dire notre capacité à nous nourrir, reliée à notre dépendance nourricière au sol. 


    Les sols, un bien commun à sauver / Paysan, un métier d'intérêt général

    La dégradation des terres et la confiscation du vivant (semences) s'accompagne d'une ruée sur les terres dont l'accaparement massif de terres arables dans un contexte d'emballement climatique qui nécessite la séquestration du carbone (donc de la biomasse) dans les sols.

    L'urgence est à organiser mondialement la sécurité des sols pour contenir la désertification, l'érosion, la salinisation, les pertes de fertilité, les contaminations et pollutions et l'implosion de la biodiversité des sols.
    Aujourd’hui, la biodiversité recule sous les effets conjugués de l’imperméabilisation des sols avec le béton, le bitume, le compactage, la multiplication des coupures des milieux naturels. Pourtant, la gestion des sols et de la végétation terrestre constitue un levier très fort dans la lutte contre le réchauffement climatique et donc pour l’offre de nourriture ; il faut donc multiplier les modalités d’accès aux droits d’usages des terres !

    Le combat pour l'agriculture paysanne et la voie agroécologique suivie par les paysans-zadistes de la zone à défendre dans cette période de menace d'évacuation de la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes nous rendent encore plus déterminés et prêts à désobéir et à la défendre.
    Nous serons là pour enterrer définitivement ce projet d'aéroport climaticide et néfaste pour l'emploi. 
    Zéro m² de béton et de bitume supplémentaire ! 


    Sauvons les terres nourricières et celles et ceux qui les travaillent, il en va de notre avenir alimentaire! »


    http://www.lesamisdelaconf.org/


     

     

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    22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:13
    Notre Dame Des Landes : l'enquête publique sur le SCOT

    Le communiqué du 21 octobre 2016 de France Nature Environnement au sujet d'une enquête publique sur le Scot Nantes-Saint-Nazaire :

    « Maldonne pour le projet de territoire autour de Notre-Dame-des-Landes

    L’enquête publique sur le schéma de cohérence territoriale (SCOT) de Nantes-Saint-Nazaire est ouverte jusqu’au 21 octobre. Ce schéma est censé définir le projet de territoire de cette vaste inter-communalité, territoire pouvant comprendre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Réaction de FNE qui a déposé une contribution inter-associative ce vendredi.

    Des nouvelles informations et une tentative de justification de NDDL

    Notons qu’il est inconcevable que la consultation du 26 juin ait été organisée dans le seul département de Loire-Atlantique avant que ne soient étudiés les impacts conjugués du projet d’aéroport et de ses projets connexes. De fait, ce SCOT cherche surtout à convaincre la Commission européenne de lever la procédure d’infraction engagée contre la France pour absence d’évaluation environnementale stratégique Va-t-elle se contenter de ce document médiocre et peu pertinent ?

    Notre-Dame-des-Landes et ses projets connexes : un impact environnemental et économique décuplé

    Faire atterrir un aéroport en pleine campagne suppose de lourds aménagements. Outre le projet principal d’aéroport et sa desserte routière directe, il induit le réaménagement des voiries locales, la transformation autoroutière de la RN165, le projet ferroviaire LNOBPL, le projet de tram train, les réserves foncières des zones d’aménagement liées… a minima. NDDL oriente massivement les investissements publics au détriment du financement d’un projet de territoire axé sur la transition écologique, utile à une plus grande part de la population résidente.

    Un document insincère et lacunaire sur les impacts environnementaux cumulés

    Ce projet de SCOT est insincère notamment quand y est affirmé que le projet d’aéroport a été optimisé en termes d’occupation du sol, alors même que son surdimensionnement a été établi par le rapport du CGEDD de mars 2016. Sa dimension « climat » est gravement lacunaire, comme l’a relevél’autorité environnementale dans son avis du 20 juillet 2016, du fait qu’il n’expose pas les incidences cumulées en matière d’émission de gaz à effet de serre, notamment en phase chantier. Cette dernière implique en effet la destruction de nombreux milieux qui sont des pièges à carbone (bois, haies bocagères, zones humides). De graves lacunes sont aussi identifiées en matière de protection de la biodiversité, des eaux et des zones humides. Le projet de SCOT ne tire pas la moindre conséquence du fait que les impacts cumulés des projets connexes vont remettre en cause la création de zones de compensation environnementales identifiées pour le projet d’aéroport, qui se situent sur leur tracé.


    Un schéma d’incohérence territoriale

    Poser la construction de NDDL comme un dû historique sans peser toutes ses conséquences économiques, environnementales, sociales et territoriales conduit à des incohérences entre les objectifs louables de transition écologique affichés par le SCOT et la réalité des moyens mis en œuvre :

    • le projet de LGV (LNOBPL) qui passe par le site de NDDL, avec un coût économique et environnemental  bien supérieur à l’alternative d’une rénovation et modernisation du tracé existant (Nantes-Redon-Rennes). Ce dernier permettrait pourtant un gain de temps de 20 minutes susceptible de concurrencer les déplacements en voiture entre les deux capitales régionales. Nous demandons plus de trains utiles au quotidien pour tous !

    • le projet d’aéroport et ses projets connexes implique une consommation massive d’espaces agricoles et naturels alors que le SCOT affirme que « freiner l’étalement urbain et la consommation d’espaces restent l’une des priorités de ce SCOT ». L’incohérence entre les objectifs ambitieux et les moyens très décevants mis en œuvre à ce titre a d’ailleurs conduit la commission départementale de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers à se prononcer défavorablement sur le projet de SCOT en septembre dernier;

    • le projet apparaît également contradictoire avec les objectifs posés par le SCOT en matière de préservation de la biodiversité notamment car NDDL détruirait une zone à enjeux pour la trame verte et bleue et des milieux aquatiques et les projets connexes constitueraient des obstacles aux déplacements des espèces sauvages, en plus de détruire leurs milieux naturels.

    Pour Denez L’HOSTIS, président de FNE : « vouloir une « ambition partagée » pour « donner corps à une éco-métropole » à Nantes-Saint-Nazaire suppose que soit écartée toute obstination à vouloir construire un aéroport inutile et contesté y compris tout passage en force pour lancer les travaux ».

    LA DÉPOSITION INTERASSOCIATIVE POUR L’ENQUÊTE PUBLIQUE DU SCOT NANTES SAINT-NAZAIRE »

     

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    9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 11:14
    Pour préserver Notre-Dame-des-Landes, ils étaient des milliers

    Pour dire non à la répression programmée pour cet automne par Hollande-Valls-Ayrault contre les défenseurs zadistes de Notre-Dame-des-Landes, ils étaient ce samedi 8 octobre 40 000 : " Ils ont la répression, nous, on a les bâtons ".

    Ils ont marché dans la campagne et planté leurs bâtons, s'engageant à revenir les chercher en cas d’évacuation.
    C'était la quatrième mobilisation de masse contre le projet obsolète, ruineux et destructeur d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le gouvernement est prévenu : toute tentative d’évacuation de la zone, tout commencement de travaux, rencontrera l’opposition de milliers de personnes.

    Pierre
    Mathon

    Pour préserver Notre-Dame-des-Landes, ils étaient des milliers
    Pour préserver Notre-Dame-des-Landes, ils étaient des milliers
    Pour préserver Notre-Dame-des-Landes, ils étaient des milliers
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