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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 15:31
Usage des pesticides en France : « un léger frémissement » à la baisse

Dans un communiqué du 1er février 2017, France Nature Environnement constate une légère baisse de l'usage des pesticides en France dans le cadre d'une tendance lourde à la hausse :

« Légère baisse de l’usage des pesticides en France : tout reste à faire !

Les dernières données sur l’utilisation de pesticides en France ont été rendues publiques le 30 janvier pour la dernière fois dans le cadre du mandat actuel du Gouvernement. Elles enregistrent une légère baisse, de 2,7% entre 2014 et 2015. Pas de quoi s’enthousiasmer pour France Nature Environnement, qui rappelle que la tendance globale reste à la hausse et qu’il est urgent d’impliquer tous les acteurs des filières agricoles pour diviser par deux l’usage de ces produits dangereux pour la santé et l’environnement.

Une tendance lourde à la hausse

La 
note de suivi 2016 du ministère de l’Agriculture montre bien une légère baisse de l’usage des pesticides entre 2014 et 2015 : moins 2,7%. Il faut rappeler que cette diminution fait suite à une hausse spectaculaire : plus 9% entre 2013 et 2014 ! Par ailleurs en moyenne triennale, l’usage entre les périodes 2012-2014 et 2013-2015 fait toujours apparaître une hausse de 4,2%. Rappelons que l’objectif du Grenelle de l’environnement était de diviser par deux la consommation de pesticides, initialement d’ici à 2018, objectif repoussé à 2025 par Stéphane Le Foll.

Pour Claudine Joly, en charge du dossier à France Nature Environnement : « Ce que l’on observe en 2015 est un léger frémissement, qui ne doit pas faire oublier la tendance de fond : l’usage des pesticides en France augmente continuellement, il y a urgence à agir. »


Une diminution est pourtant possible

Des agriculteurs engagés dans un réseau de fermes appelé DEPHY démontrent tous les jours par l’exemple qu’une diminution de l’usage des pesticides est possible. Certains parviennent à diminuer de plus de 30%, d’autres de plus de 50%. Des portraits de ces producteurs sont disponibles sur le site Ecophytopic.fr à l’image de Jean-Paul, en Basse-Normandie, qui a diminué de 38% son utilisation de pesticides en repensant entièrement son système de rotation des cultures. Il a ainsi réduit ses charges en pesticides et augmenté sa marge brute.

Les mesures à déployer de toute urgence


Pour France Nature Environnement, ces résultats montrent qu’il est plus que jamais urgent d’impliquer tous les acteurs des filières agricoles dans la réduction d’usage, à commencer par les distributeurs de pesticides. Au lieu de s’engager, ceux-ci ont au contraire formé récemment un recours devant le Conseil d’Etat pour tenter de faire annuler le dispositif des certificats d’économie de pesticides (CEPP), conçus pour obliger les distributeurs de pesticides à diminuer leurs ventes de 20% d’ici à 2020.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à France Nature Environnement : « Nous saluons la détermination du ministre de l’Agriculture à maintenir le dispositif des CEPP. Nous appelons maintenant les parlementaires à le soutenir. »

Signez la pétition de FNE ! »

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 19:22
« Pesticides : vendre coûte que coûte ! »

Le communiqué du 17 janvier de France Nature Environnement :

« Pesticides : vendre coûte que coûte !

Le 28 Décembre dernier, en toute discrétion, les vendeurs de pesticides ont réussi à faire annuler l’ordonnance établissant les certificats d’économie de pesticides (CEPP). Le nouveau dispositif les contraignant à réduire leurs ventes de pesticides de 20% d’ici 2020, les vendeurs et les distributeurs veulent préserver le marché très rentable des pesticides, sans être inquiétés !

Le constat est sans appel et connu de tous : les indicateurs d’usage des pesticides sont dans le rouge. Malgré les dispositifs volontaires mis en place depuis 2007 pour expérimenter et proposer des alternatives, l’usage des pesticides a augmenté notablement de 9.7% en 2014 par rapport au chiffre de l’année précédente. On est très loin de l’objectif du Grenelle de diviser par 2 la consommation en 2018[1].

Faut-il rappeler que les pesticides sont dangereux ?

L’impact des pesticides sur l’environnement et la biodiversité n’est plus à démontrer. Ils cassent les chaînes alimentaires, perturbent la reproduction des animaux ou les intoxiquent tout simplement. L’exemple de la surmortalité des abeilles, insecte si important pour les équilibres naturels, est la parfaite illustration.

Pour Charlotte Lepître, coordinatrice du réseau santé de FNE « Nous ne pouvons plus sous-estimer la dangerosité des pesticides sur la santé. Chaque année, de nouvelles molécules utilisées pendant des années sont interdites à la vente à cause de leur toxicité pour l’homme. Elles sont aussitôt remplacées par d’autres dont la non-toxicité n’est pas totalement prouvée. »

L’intérêt privé avant l’intérêt collectif et la santé publique 

Et pourtant les pesticides ne sont pas une fatalité! Des agriculteurs se sont lancés dans l’agro-écologie et démontrent chaque jour qu’il est possible de réduire de 30% et plus leur usage sans baisser les rendements. Les solutions existent ! Il est aujourd’hui nécessaire d’impulser fortement la transition en impliquant tous les acteurs. Pour cela, l’approche des certificats d’économie de pesticides est très intéressante. En plus d’être contraignants, ils impliquent réglementairement les distributeurs, généralement en charge du conseil aux agriculteurs, dans la réduction d’usage des pesticides. C’est une mutation profonde du rôle des coopératives et du négoce agricole..

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles pour FNE : « Les marchands de pesticides résistent pour ne pas réduire leurs ventes et préserver leurs intérêts. Ils attaquent de manière procédurière les mesures qui pourraient orienter intelligemment l'agriculture vers un usage réduit des pesticides. Le gouvernement et le Parlement doivent réagir rapidement pour remettre en place un processus essentiel dans la transition agro-écologique de l’agriculture Française mais surtout pour la protection de la santé des citoyens et de l’environnement »

 1]Le chiffre de référence en ce qui concerne la consommation de pesticides en France est celui de 2007 »

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 09:03
« Sécurité alimentaire : Arrêtons de grignoter notre garde-manger »



Un communiqué de France Nature Environnement du 17 novembre :

« Sécurité alimentaire : Arrêtons de grignoter notre garde-manger

 

 

Aujourd’hui se tient la journée thématique consacrée à l’agriculture à la COP22 de Marrakech. La question des sols, qui jouent un rôle essentiel dans la mécanique climatique, est au cœur des débats. C’est l’occasion pour France Nature Environnement de rappeler que chaque seconde, 27 m2 de sol sont artificialisés en France. C’est l’équivalent de plus de 13 stades de football par heure. A l’échelle européenne c’est la superficie de la ville de Berlin qui disparaît sous le bitume chaque année. Pourquoi est-ce inquiétant ? Parce que nous devons prendre soin de nos sols pour garantir notre sécurité alimentaire.

Des sols agricoles artificialisés

 

Les espaces agricoles et naturels sont consommés pour faire place à des zones urbaines, commerciales ou industrielles, reliées entre elles par des infrastructures de transports. Les sols agricoles occupant 51% du territoire, sont les premières victimes de l’artificialisation. Sur la période 2006-2012, 87% des territoires nouvellement artificialisés concernent des territoires agricoles.[i] Or il s’avère que les villes se sont historiquement implantées sur des espaces fertiles et que ce sont justement ces sols de grande qualité agronomique qui sont recouverts d’asphalte. Cette préoccupation principale ne doit cependant pas occulter le fait que l’activité agricole affecte aussi la qualité des sols.

Des sols malmenés par l’agriculture industrielle

Le modèle agricole européen a pris le virage de l’industrialisation dans les années 50, oubliant que le sol n’est pas seulement une surface cultivable mais un milieu dont le bon fonctionnement est essentiel à la croissance des plantes. La vie du sol, ses habitants et sa matière organique, sont aujourd’hui malmenés par un modèle qui montre aujourd’hui ses limites. Le tassement transforme les sols agricoles en surface dure dans laquelle l’eau ne peut pas s’infiltrer. En conséquence, les pluies en emportent la couche supérieure. Les pesticides détruisent la biodiversité du sol pourtant essentielle à son bon fonctionnement! N’oublions pas également qu’ils contaminent nos cours d’eau. En bref, les pratiques agricoles industrielles détruisent le fonctionnement naturel de nos sols, rendant les agriculteurs dépendant des produits chimiques et générant une l’agriculture de moins en moins climato-compatible

Notre sécurité alimentaire en jeu, aujourd’hui et à l’avenir

Alors que 99,7% de notre alimentation dépend directement ou indirectement du sol, la dégradation de celui-ci, ainsi que la réduction des surfaces cultivables, constituent une impasse.  Rappelons qu’à l’échelle mondiale, seules 22% des terres sont fertiles. En France nous avons la chance d’avoir des terres fertiles. Nous devons en prendre soin pour ne pas mettre notre sécurité alimentaire en danger.

Pour Jean Baptiste Poncelet : «le principe de neutralité carbone[1] actuellement débattu à la COP22 s’avère très problématique. Certaines initiatives, telles que l’initiative « 4/1000 »[2] promues actuellement pourraient, en l’absence de critères de sauvegarde , ouvrir la porte à des pratiques dangereuses (recours au glyphosate). Ces initiatives doivent avant tout se baser sur les principes de l'agro-écologie pour assurer sauvegarde de l'environnement et sécurité alimentaire, et devenir des vraies solutions.

 

 

L’appel du sol : une bande-dessinée pour comprendre

En complément de la pétition lancée à l’échelle de l’Europe (Initiative Citoyenne Européenne), France Nature Environnement a mis en ligne un site dédié à la question des sols. Grâce à la bande dessinée, nous espérons sensibiliser le plus grand nombre de citoyens à l’urgence de préserver les sols qui les nourrissent.

Denez L’Hostis président de FNE : « nous appelons les citoyens à s’engager pour leur sécurité alimentaire en répondant à l’appel du sol ! En signant notre Initiative Citoyenne Européenne, ils feront de la protection des sols, une priorité environnementale. »


SIGNEZ NOTRE PÉTITION EUROPÉENNE SUR LAPPELDUSOL.FR


[1] Compenser les émissions de gaz à effet de serre par de la captation/séquestration

[2] Initiative visant à augmenter la proportion de carbone stockée dans le sol, en particulier dans les sols agricoles


[i] Selon l’enquête Corine Land Cover »

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:08
FNE : « Pesticides : va-t-on continuer à asperger les riverains des vergers, vignes et autres champs ? »

Communiqué du 21 octobre de France Nature Environnement :

« Pesticides : va-t-on continuer à asperger les riverains des vergers, vignes et autres champs ?

Les pommiers. 35 traitements à l’hectare. A deux pas des habitations. 35 traitements que la population riveraine reçoit de plein fouet. Les centaines de témoignages reçus quotidiennement en période d’épandage en témoignent. Pour nos associations, cette situation ne peut plus durer. Dans le cadre de la révision d’un arrêté sur les pesticides, elles demandent de mettre en place une distance de sécurité de 50 mètres pour protéger les riverains des cultures fortement aspergées de pesticides. C’est aussi une attente de 83% des Français.

Un arrêté en cours de révision… sans les associations !

Abrogé par le Conseil d’Etat le 7 juillet 2016 pour un vice de procédure, l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des pesticides est en cours de révision.Une procédure qui associe les syndicats agricoles, mais laisse les ONG de côté. Celles-ci ne seront consultées que lorsque les quatre ministères concernés (agriculture, environnement, santé et économie) se seront mis d’accord. Autant dire qu’il ne restera alors que très peu de marges de manœuvre. Peut-on laisser, seule, la FNSEA décider de ce qui est nécessaire pour protéger la santé publique ?

Protéger les riverains dans leur maison… et aussi dans leur jardin !

Dans le projet d’arrêté que nos associations ont pu consulter, sont en jeu les fameuses « zones non traitées », ces distances de sécurité à mettre en place à proximité des points d’eau, des forêts, mais aussi des habitations, sans oublier les jardins qui les entourent. Est-il concevable que l’on autorise la pulvérisation des pesticides à 5 mètres d’une habitation où peuvent se trouver des jeunes enfants et des femmes enceintes ? Nos associations demandent une distance de sécurité efficace le long de toute zone cultivée de manière intensive

En arboriculture, les enjeux sont particuliers. En effet, le nombre de traitements est très important (35 traitements en moyenne pour les pommiers) et le mode de pulvérisation provoque beaucoup de dérive au vent, même par temps calme (utilisation de turbines qui propulsent le produit sous les frondaisons des arbres). Il est prouvé que la dispersion des pesticides se produit jusqu’à 50 mètres du pulvérisateur. Pour ces raisons, les organisations associatives demandent une distance minimale de 50 mètres pour protéger les habitations.

Alors que pour 92 % des points d'eau surveillés en France, la présence de pesticides est avérée, « leur protection par une zone non-traitée de 5 mètres, qui existe depuis 2006, doit être maintenue »réclame GillesHuet, le délégué général d'Eau & Rivières de Bretagne. Tous les cours d'eau, définis dans la loi biodiversité adoptée par le parlement en juillet dernier, doivent être concernés par l'application de cette mesure.

« Vitesse du vent, délais de rentrées sur les parcelles, zones sans traitement sont les enjeux majeurs qui sont discutés sans la société civile et qui, en fonction des décisions prises, pourraient limiter ou aggraver l’exposition des populations concernées, qu’il s’agisse des travailleurs agricoles ou des riverains. Pour Générations Futures, toutes les dernières études tendent à prouver que les pesticides ont des conséquences néfastes sur la santé des personnes exposées et impactent durablement notre environnement. Ce sont ces éléments indiscutables qui doivent guider les choix politiques de nos dirigeants. S’ils cèdent, dans l’urgence, aux sirènes des lobbies, ils porteront la responsabilité des conséquences sanitaires induites par ces toxiques. »déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

Pour Denez L’Hostis, président de FNE : « La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt avait commencé à prendre en compte les personnes les plus vulnérables (crèches, hôpitaux, maisons de retraite…) pour les épandages de pesticides. Là, il s’agit enfin de protéger toute la population, à commencer par celle des agriculteurs et de leurs familles qui sont les premières victimes, et de restaurer ces règles minimales de protection de notre environnement. Il n’est plus l’heure de tergiverser sur ces questions ! » »

 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:35
« La future PAC sera verte ou ne sera pas »

Les ministres européens de l’agriculture se sont réunis en France ce vendredi 2 septembre autour de Stéphane Le Foll pour discuter de la Politique Agricole Commune. La PAC est l’une des plus anciennes politiques européennes et ses réformes successives ont connu de nombreux déboires. Suite à sa lettre ouverte du 31 août, cosignée avec le Bureau européen de l’environnement (BEE), FNE rappelle au ministre la nécessité d’un véritable tournant environnemental de la PAC.


Le communiqué du vendredi 02 septembre 2016 de France Nature Environnement :

« Une politique agricole discutable et discutée

Il ne faut pas se voiler la face. La PAC est une politique de soutien à la production agricole même si l’Europe s’en défend. Dans les règles du commerce international, ce type de soutien est de plus en plus mis en péril. C’est au sein de l’OMC que la PAC est particulièrement pointée du doigt, des pays tiers la désignant comme des aides à l’exportation. Pour sauver la PAC, l’Europe a mis en place des contraintes environnementales pour justifier les aides à la production agricole aux yeux de l’OMC. Ces règles environnementales sont loin d’être suffisantes.

Une PAC vert pâle

Le fameux verdissement de la PAC ressemble à un mauvais greenwashing.En effet, chaque condition environnementale est accompagnée d’exceptions ou a été tout simplement vidée de toute contrainte. Pour Marie Catherine Schulz-Vannaxay, coordinatrice du réseau agriculture de FNE : «Deux exemples phares illustrent parfaitement la réalité derrière le verdissement de la PAC. Le premier, l’autorisation d’épandre des pesticides sur les 5% de surfaces dédiées à la biodiversité dans les fermes. Le deuxième, l’obligation de diversifier ses cultures pour réduire les usages de pesticides ou de fertilisants a été supprimée pour la principale monoculture, celle du maïs. ».C’est ce que pointe FNE dans son rapport publié cette année, intitulé La PAC 2015-2020 : du verdissement au greenwashing.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE :« Les organisations environnementales ne cautionneront plus une PAC qui ne répond pas réellement aux défis environnementaux liés au monde agricole. Les aides de la PAC doivent être conditionnées par les résultats des pratiques agricoles qui permettent la préservation de l’environnement et des ressources naturelles (l’eau, l’air et le sol). »

Une demande simple : une politique publique pour les citoyens européens

La politique agricole européenne ne répond plus aux besoins des citoyens européens et de leur environnement. Les contribuables payent les aides d’un côté et le coût de la pollution agricole de l’autre. Pollution émise principalement par le modèle agricole majoritaire, soutenu par la PAC. Elle ne répond pas non plus aux aspirations éthiques des citoyens en évitant toutes véritables avancées sur le bien-être des animaux d’élevage. La PAC doit permettre de répondre aux défis sociétaux de notre ère, et non pas pousser l’agriculture dans le mur de l’industrialisation.

Pour Michel Dubromel, vice-président de FNE :«La PAC doit se mettre au service des citoyens et des agriculteurs, en préservant les ressources naturelles et l’environnement et en améliorant notre qualité de vie. Elle doit être réformée pour répondre aux attentes des organisations représentant la société civile. Un soutien des ONG est indispensable pour redonner une légitimité à cette politique. Aujourd’hui ce soutien a disparu et nous nous opposerons fermement à la future PAC si elle n’est pas réellement verte. La futur PAC sera verte ou ne sera pas.»

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement. C'est la porte-parole d'un mouvement de 3 000 associations (dont « Bagnolet Écologie »), regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. Retrouvez-nous sur fne.asso.fr, Facebook et Twitter (@FNEasso) »

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:12
La FNE écrit au ministre de l’agriculture

« Lettre ouverte à Monsieur Stéphane Le Foll, Ministre de l'agriculture

Quel avenir pour la PAC ? Les ministres européens se pencheront notamment sur cette question à l'occasion d'une réunion le 2 septembre. France Nature Environnement et le Bureau Européen de l'Environnement ont tenu à rappeler à Stephane Le Foll les grandes faiblesses environnementales de la PAC et ses nombreuses perspectives d'améliorations.

mercredi 31 août 2016

Monsieur le Ministre,

Le 2 septembre prochain, à votre initiative, les ministres de l’agriculture européens se réuniront à Chambord pour échanger sur l'avenir de la PAC et les enjeux agricoles dans une Europe à 27. France Nature Environnement (FNE) et le Bureau Européen de l’Environnement (BEE) se félicitent de cette initiative.

Les crises environnementale, sociale et économique affectant le secteur agricole sont alarmantes et remettent en cause la légitimité de la PAC. Les nombreuses évaluations[1] parues à ce jours s’accordent toutes sur le fait qu’elle n’atteindra pas ses objectifs initiaux, notamment la gestion durable des ressources naturelles.

Ces ressources, telles la biodiversité, l’eau ou le sol dont le futur de l’activité agricole dépend sont en déclin constant. Si l’on regarde la France, les populations d’oiseaux des milieux agricoles ont reculé de 32 %2 en 25 ans, celle des papillons de prairie de 50%2 et la consommation de pesticides continue d’augmenter2. Le coût de la pollution agricole sur l’environnement est chiffré en France entre 0,9 milliard et 2,9 milliards d’euros par an, les problèmes de santé publique liés à l’agriculture intensive (pollution de l’air, de l’eau..) ne font que croître et les agriculteurs eux-mêmes en sont les premières victimes.

La course à l’industrialisation et aux prix bas emmènent l’agriculture européenne dans l’impasse. Ces systèmes sont en contradiction avec les fondements d’une agriculture durable, et donc de l’agro-écologie. La PAC actuelle, censément « verdie », autorise pourtant la culture et l’utilisation de pesticides sur les surfaces d’intérêt écologique, n’incite qu’à une caricature de diversification de l'assolement en confortant notamment la monoculture du maïs. Elle n’accorde aux mesures agro environnementales et à l'agriculture biologique que des financements très insuffisants. Ce faisant, elle conforte le système délétère actuel au lieu de favoriser une agriculture moins dépendante des intrants, plus résiliente et moins polluante.

Le changement climatique vient dès lors exacerber une situation déjà difficile pour l’agriculture européenne, qui doit à la fois adapter ses systèmes de production et aussi participer à l’atténuation des émissions. A cela, le contexte politique européen instable et la remise en cause de l’union des 28, viennent rajouter de nombreuses incertitudes sur l’avenir de l’Union Européenne et de ses politiques.

Pour France Nature Environnement et le Bureau Européen de l’Environnement, le verdissement actuel n’est pas acceptable. Alors que l’Union Européenne dépense 53 milliards d’euros par an pour la PAC, l’Agence Européenne de l’Environnement observe que l’agriculture porte atteinte gravement à la biodiversité des milieux ruraux et pollue 40% des rivières. Si la PAC ne contribue pas fortement à résoudre ces problèmes majeurs, elle n’a plus de légitimité. Le contribuable européen ne continuera pas à financer l’agriculture d’une part et la dépollution générée par les systèmes productivistes d’autre part.

La PAC d’après 2020 doit être celle qui reconnecte et réconcilie agriculture, environnement et alimentation, la PAC de demain se doit d’être un nouveau contrat entre les agriculteurs et la société les aidant à transiter vers des pratiques durables. Il ne s’agit pas de dépenser plus mais de dépenser mieux, de faire de la PAC une politique publique qui profite bien plus non seulement aux agriculteurs mais aussi à l’ensemble des citoyens.

Les ONG environnementales avaient sollicité un budget fort pour la PAC à condition que celle-ci permette une gestion durable des ressources naturelles. Au final le budget a été effectivement sécurisé mais le verdissement a été réduit à une coquille vide.

Nous ne soutiendrons le prochain budget que lorsque son contenu sera défini en cohérence avec les objectifs communautaires en matière d’environnement, de santé et d’alimentation. La PAC doit être l’un des principaux moyens d’une refondation de l’Union Européenne en rassemblant nos concitoyens autour d’un projet ambitieux et généreux. Ceci passe par un examen approfondi de la Politique et d’une évaluation en détails de ses objectifs, de sa cohérence ou non avec d’autres politiques comme l’environnement, la santé, les politiques de développement et de sa raison d’être. Cet examen doit être inclusif et avoir lieu le plus en amont possible. Il ne peut se faire que dans le cadre du bilan complet (‘fitness check’) demandé par plus de 100 ONGs au Président de la Commission Européenne.


Nous fondons beaucoup d’espoir sur la rencontre du 2 septembre et sur la dynamique qu’elle pourra insuffler à la préparation de la future PAC.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre plus haute considération.

Denez L’Hostis Jeremy Wates,

Président de France Nature Environnement Secretary General, EEB

[1]http://www.eeb.org/index.cfm?LinkServID=0DFEF8B2-5056-B741-DB05EBEF517EDCCB;http://www.eeb.org/index.cfm?LinkServID=C27A139B-5056-B741-DBE569DF1728BF14;http://www.eeb.org/index.cfm?LinkServID=0E2EEC07-5056-B741-DBA777455AA46334

(2) https://www.fne.asso.fr/publications/politique-agricole-commune-pac-fne-livre-son-analyse »

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 09:27
Manifestation le 4 juillet 2015
Manifestation le 4 juillet 2015

Lu ce 10 août 2016 dans Médiapart :
« Dans la Creuse, la «ferme des mille veaux» sur la sellette

L’autorisation d’exploitation de la « ferme des mille veaux », sur la commune creusoise de Saint-Martial-le-Vieux, est suspendue par la justice. Le ministère de l’environnement doit désormais décider de faire appel ou non de la décision… et donc de soutenir ou pas ce symbole de l’agriculture industrielle.

Tout était prêt. Les bâtiments sont construits, les premières bêtes sont finalement arrivées à la « ferme des mille veaux ». Mais vendredi 5 août, comme l'exigeait la justice, le préfet de la Creuse, pourtant favorable au projet, a suspendu l'autorisation d'exploiter le centre d'engraissement de bovins de Saint-Martial-le-Vieux, situé en plein parc naturel régional de Millevaches en Limousin, dans le sud de la Creuse. Le ministère de l'environnement a jusqu'au 12 août pour faire appel.

Le centre d'engraissement est un projet porté par la Société par actions simplifiée (SAS) Alliance-Millevaches, créée en 2010, qui regroupe 45 exploitations agricoles de Creuse et de Corrèze. Son ouverture avait été annoncée pour l’automne 2015, puis reportée plusieurs fois. Des retards de travaux ont provoqué un dépassement du délai légalement prévu et les premiers animaux n'ont été installés qu'au cours du mois de juillet 2016.

Les bâtiments de la "Ferme des 1000 veaux", à La Courtine, dans la Creuse © DR

Or, ce retard a été le motif d'un coup d'arrêt important. Le 29 juillet, en l'absence de représentants de la préfecture et de la SAS, le tribunal administratif de Limoges saisi en référé a suspendu l'autorisation d'exploitation, estimant que cette dernière était caduque. Délivrée le 8 janvier 2013 pour une durée de trois ans, elle était expirée depuis plus de six mois.

Cette décision s'appuie sur l'article R 512-74 du code de l'environnement selon lequel « l'arrêté d'autorisation, l'arrêté d'enregistrement ou la déclaration cesse de produire effet lorsque, sauf cas de force majeure, l'installation n'a pas été mise en service dans le délai de trois ans ou lorsque l'exploitation a été interrompue pendant plus de deux années consécutives ».

Dans son ordonnance, le tribunal « enjoint au préfet de la Creuse de constater la caducité de l'arrêté préfectoral du 8 janvier 2013 jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête en annulation de l'association ». La suspension a donc été confirmée vendredi 5 août par le préfet. Le tribunal devra encore juger le recours sur le fond, ce qui pourrait prendre au moins un an.

Cet élevage intensif couvert doit accueillir mille broutards en stabulation. Ce sont de jeunes taureaux âgés de 7 à 11 mois, vendus à la SAS par les éleveurs locaux et destinés, après leur engraissement, au marché français et à l'export dans les pays du pourtour méditerranéen et du sud de l'Europe. Peu consommé en France, ce type de viande peut servir à la confection de viande hachée ou de raviolis. Jusqu'à présent, ces bêtes sont vendues pour être engraissées à l'étranger, souvent en Italie.

Pour l'association L-PEA (Lumière sur les pratiques d'élevage et d'abattage) qui a mené le contentieux en justice, le site « sera le centre industriel d'engraissement le plus important de France. Les veaux y seront accueillis et "stockés" dans un espace réduit où ils recevront une alimentation hypercalorique afin de les "engraisser" et faire ainsi doubler leur poids en 200 jours ». Mais c'est sur le plan juridique que l'association a décidé de concentrer ses efforts. Aurélie Delmas »

Creuse : la ferme des 1000 veaux suspendue par la justice
Creuse : la ferme des 1000 veaux suspendue par la justice
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:54
FNE : « Une agriculture sans néonicotinoïdes, c’est possible ! »

Un communiqué du 22 juillet de France Nature Environnement :

« Hier, dans le cadre de la lecture définitive de la loi Biodiversité, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction totale des pesticides néonicotinoïdes à compter du 1er juillet 2020. Ces insecticides sont reconnus comme dangereux pour les abeilles et plus généralement pour la biodiversité et la santé humaine. Pour FNE, il faut mettre en place sans attendre les techniques alternatives. Car oui, elles existent !

Une interdiction sans cesse repoussée
Dans le texte adopté après maintes tergiversations, l’interdiction des néonicotinoïdes n’interviendra définitivement qu’au 1er juillet 2020.

Or l’urgence écologique est là, on ne peut plus attendre ! Les colonies d’abeilles domestiques subissent une mortalité annuelle de 30% alors qu’elle n’était que de 5% avant 1995, date de l’apparition des néonicotinoïdes sur le marché français. Faut-il rappeler que 80% des plantes à fleurs et 75% des espèces cultivées dépendent de la pollinisation par les insectes ?

Pour Claudine Joly, en charge du dossier à FNE : « Cette perspective d'interdiction est sans conteste une avancée mais 2020 est encore bien loin. Pourquoi tarder alors que ces produits devraient normalement déjà être retirés du marché si ce n'est pour laisser des perspectives de contournement de l'interdiction aux firmes et aux usagers ? A suivre donc avec précision. »

Les alternatives existent !
Eviter les semis trop précoces, travailler le sol, faire des rotations de cultures, utiliser les auxiliaires naturels, prédateurs des insectes ravageurs... Les alternatives aux néonicotinoïdes sont nombreuses et ne demandent qu’à se généraliser. Contre la pyrale, cette chenille qui constitue le principal ravageur du maïs, des lâchers de trichogrammes (petits insectes) sont réalisés chaque année par des milliers d’agriculteurs. De nombreux agriculteurs engagés dans le réseau des fermes Déphy démontrent chaque jour qu'une baisse de l'usage des pesticides est possible.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « La France s’est engagée dans le plan Ecophyto qui vise à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2025. Le plan Ecophyto est un volet majeur du projet agro-écologique lancé par le Ministre de l’agriculture. Il faut être cohérent avec ces décisions et généraliser dès à présent toutes les alternatives aux néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles. »

Lire le document de FNE à propos des alternatives aux néonicotinoïdes »

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 17:48
Le projet municipal de tour maraîchère à Romainville
Le projet municipal de tour maraîchère à Romainville

Ce 2 Juin 2016 le blog « Romainville Sud » publie un extrait du « débat public » EuropaCity-Triangle de Gonesse au sujet de « la ferme urbaine » qui y est programmée, un sujet sensible à Romainville, vu le « greenwashing » exacerbé pratiqué par la municipalité et ses amis promoteurs immobiliers :

« Une Ferme Urbaine à Europacity ? »

En plus d'un parc des neiges, d'un cirque contemporain, de commerces culturels et technologiques, d'auberge de jeunesse, de Magasins et restaurants bio et responsables (lol), un projet de ferme urbaine devrait être implanté dans le temple con-sumérien...

Sur le site du CNDP, Commission Nationale du Débat Public, dédié à Europacity, nous avons trouvé la question N°22 qui semble faire écho à une future réalisation romainvilloise.

QUELLE "AUTONOMIE ALIMENTAIRE" ATTENDRE DE LA "FERME URBAINE" ?
Question n°
34


Quelle "autonomie alimentaire" attendre de la "ferme urbaine" ?

Ajouté par Michel VAMPOUILLE (Auvers-sur-Oise), le 14/04/2016 (Michel Vampouille a été vice-président de la Région Ile-de-France de 2001 à 2008. Ndlr)

Pouvez-vous indiquer quelle quantité de produits alimentaires serait nécessaire pour approvisionner le site, quelle quantité de production serait attendue de la ferme urbaine et ainsi ce que celle-ci représenterait en % d’approvisionnement d’Europacity ?
En effet, si l’agriculture urbaine est un sujet émergent dont il convient de ne pas négliger les aspects sociétaux intéressants, il serait illusoire de laisser penser qu’elle apportera une contribution autre qu’anecdotique à l’approvisionnement alimentaire des villes et en l’occurrence que la production d’une ferme de 7 hectares pèsera dans l’approvisionnement alimentaire d’Europacity. En France on peut considérer que pour approvisionner une personne pour l’ensemble de ses consommations alimentaires il faut aux alentours de 1/3 d’hectares ! Les 7 hectares de la ferme urbaine fourniraient donc l’équivalent de la consommation alimentaire de … 21 personnes.
Il est vrai que cette ferme urbaine serait maraîchère et fruitière alors que ce sont principalement l’élevage, les grandes cultures de céréales, protéagineux, etc., ou des cultures de plein champ comme la betterave ou la pomme de terre qui consomment de grandes superficies… superficies que l’urbanisation du triangle de Gonesse contribuera, parmi beaucoup d’autres projets, à réduire encore en Ile-de-France (à l'horizon 2030 ce sont de l'ordre de 30 000 ha d'espaces agricoles et naturels qui seraient artificialisés avec la mise en œuvre du SDRIF selon l' Autorité Environnementale).
Les bénéfices sociétaux, sociaux et culturels des fermes urbaines peuvent être réels. Elles peuvent recréer un lien direct, et souvent disparu, entre l’acte de produire et l’acte de consommer, entre des producteurs et des consommateurs, entre des produits et leur consommation. Elle peut permettre de présenter et d'expliquer l'agriculture à un public citadin. Ces liens production/consommation, producteurs/consommateurs peuvent être la porte d’entrée à une remise en cause de nos modes alimentaires et de notre modèle agricole.
Mais pour recréer ces liens urbain/rural, cultures/alimentation, producteurs/consommateurs, ne faut-il pas mieux compter sur de vraies fermes situées sur de vrais sols agricoles ? L’avenir de l'agriculture n'est-il pas d’abord dans les champs, les prairies et les vergers !

RÉPONSE DE LA MAÎTRISE D’OUVRAGE, LE 20/05/2016

Nous partageons votre analyse sur l'intérêt et l'utilité des fermes urbaines, qui associent agriculture raisonnée, mise en valeur du terroir local et gastronomie. Leur développement illustre la faisabilité de solutions pour créer des circuits courts, mais aussi de nouveaux rapports aux ressources et à la nature.
Située en pleine terre et pour partie sur les toits d'EuropaCity, la ferme urbaine aurait vocation à devenir un lieu de production maraîchère et fruitière, sous serre ou en plein air, à destination des restaurants du site.
On ne connaît pas encore précisément le détail des cultures qui y seraient implantées, ni leurs modes de production, dont chacun donne lieu à des rendements très différents et qui serait déterminé avec les opérateurs et les restaurants partenaires : les quantités ne sont donc pas encore connues. En tout état de cause, la ferme n'aurait pas vocation à assurer l'autonomie alimentaire du site. Cependant, même si nous ne mesurons pas encore exactement les besoins globaux d'approvisionnement d'EuropaCity, la ferme urbaine pourrait fournir au moins une partie des fruits et légumes des restaurants qui y seraient implantés, comme le montrent déjà des exemples tels que Frame Brasserie, au pied de la Tour Eiffel, avec 1 200 m2 de potager urbain et de verger, du miel produit sur place, des poules, etc. Autre exemple, à Brooklyn aux Etats-Unis, la « Brooklyn Grange Farm » produit sur une surface de 9 900 m², 18T/an de 40 variétés de tomates, salades, poivrons, choux, blettes, fines herbes, haricots et radis. Selon Jacques Caplat, agronome, le maraichage diversifié biologique pourrait produire entre 20 et 70 T par hectare.
Par ailleurs, la ferme d'EuropaCity permettrait aussi la mise en place d'activités pédagogiques, d'éducation à l'environnement (visites, ateliers de cuisine, de jardinage, de dégustation...) à destination du public, essentiellement citadin, qui recréerait ainsi un lien avec la nature (familles, scolaires...).
Au-delà des produits issus de la ferme urbaine, le développement d'un réseau avec les producteurs locaux serait privilégié afin de favoriser les circuits courts (rapprochement des lieux de production et de consommation, suppression des intermédiaires...).
Pour compléter votre information sur ce thème, voici l'article et la vidéo publiés sur le blog d'EuropaCity avec la liste des participants de l'ID Factory consacré à la ferme urbaine :http://www.construisons-europacity.com/retour-sur-id-factory-1-ferme-urbaine

(2 COMMENTAIRE(S))

Ferme urbaine

Europacity va remplacer 280 hectares de production agricole faite sur de vraies terres.. par une ferme pédagogique de 7 hectares!
Où l'on ne produira certainement rien du tout.
Mais où l'on pourra montrer aux visiteurs "comment c'était avant"
Activités pédagogiques et éducation à l'environnement sur un milieu que l'on aura détruit!
Quel cynisme!
Code postal 95870
Ajouté par Emmanuelle WICQUART (Bezons), 24/05/2016

halte à l'urbanisation

Nous le constatons tous au quotidien : notre modèle de développement urbain n'apporte pas de satisfaction à l'être humain qui se sent de plus en plus coupé de la nature.
Je vois bien que de nombreux efforts ont été faits dans la définition de ce projet pour limiter son impact.
Pourtant la conversion de champs de culture en une zone touristique ne peut avoir qu'un impact négatif sur notre environnement.
En Ile-de-France, les terres agricoles sont tellement limitées que l'équilibre économique est très difficile à maintenir pour les agriculteurs. De tels projets ne font que renforcer la pression foncière.
Avant d'aller dévaler des piste de ski factices, nous avons avant tout besoin de manger. Tant que les besoins fondamentaux de tous ne pourront pas être satisfaits, l'ajout d'offre de loisirs sur le territoire ne rendra pas la population plus heureuse.
Il est pour moi inacceptable de convertir des terres agricoles pour ce type de projets. Utilisons nos espaces déjà urbanisés pour cela comme cela a été mentionné par d'autres. Le coût financier du projet tel que défini actuellement ne prend nullement en compte les impacts environnementaux occasionnés. Cela parait plus abordable de construire cela sur le triangle de Gonesse et pourtant l'impact est bien plus grand que la seule construction d'une zone, d'autant que les sites à dépolluer restent toujours à dépolluer de toute façon.
Code postal 93150
Ajouté par Simonne COLETTE (Blanc Mesnil), 30/05/2016»

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 10:05
 Débat parlementaire sur la biodiversité : FNE vigilante

France Nature Environnement suit de près le débat parlementaire sur la biodiversité. Son communiqué du 3 mai 2016 ;

« Interdiction des pesticides néonicotinoïdes : Oui les alternatives existent pour l’agriculture !

Par deux fois, les députés ont voté l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d’abeilles. Dès aujourd’hui en Commission du développement durable et à partir du 10 mai en séance, les sénateurs devront à nouveau se prononcer sur le sort des néonicotinoïdes au cours de l’examen en seconde lecture de la loi biodiversité. Quelques jours avant ce rendez-vous crucial, les ONG et acteurs du monde agricoles et apicoles appellent solennellement à entériner l’interdiction de ces substances néfastes pour l’environnement et la santé et rappellent que des alternatives non chimiques existent pour l’agriculture.

Un consensus scientifique sur la dangerosité de ces produits qu’on ne peut plus ignorer

Depuis le milieu des années 1990, l’apiculture est dans une situation critique : chaque année, 30% des colonies d’abeilles périssent, obligeant les apiculteurs à renouveler les ruches décimées. Pourtant avant 1995, date de l’apparition des néonicotinoïdes sur le marché français, les mortalités avoisinaient seulement les 5%.Les abeilles domestiques ne sont pas les seules victimes de ces polluants chimiques.
De nombreuses composantes de notre environnement sont également touchées : pollinisateurs sauvages, vie aquatique, oiseaux, etc. En effet des centaines d’études, dont celle de l’ANSES en 2015 ou encore l’avis de 27 Académies des Sciences de l’Union européenne démontrent la dangerosité des néonicotinoïdes et la nécessité de les interdire. Plus qu’un principe de précaution, il s’agit désormais d’appliquer un principe de prévention.
Non l’agriculture n’est pas dans l’impasse, oui les alternatives sans chimie existent
De nombreux rapports et analyses prouvent que l’utilisation de ces insecticides ne provoque pas d’augmentation de rendement par rapport aux mêmes cultures non traitées. On dispose de ces analyses pour le Royaume-Uni, le Canada, l’Italie, les Etats-Unis, et l’Union Européenne.
De plus l’Allemagne qui a interdit l’usage sur céréales d’hiver, continue d’être le second producteur européen de céréales. En effet, d’autres méthodes sont utilisables par les agriculteurs dont des alternatives ne faisant pas appel à la chimie de synthèse.
Loin d’être une impasse, l’interdiction des néonicotinoïdes est une opportunité pour les agriculteurs de mettre en place des méthodes agroécologiques.
EXEMPLES D’ALTERNATIVES SANS CHIMIE
Maïs
- Eviter les semis trop précoces quand la terre est trop froide
- Eviter la monoculture qui favorise le développement de divers insectes (taupin, chrysomèle du maïs, etc.)
- Contre le taupin : alterner les cultures, implanter des variétés de maïs à démarrage rapide, avec adaptation de la précocité de la variété à la zone pédoclimatique, si nécessaire, utiliser des engrais localisés de démarrage
-Contre la chrysomèle : pratiquer des rotations de cultures, voire la lutte biologique avec des nématodes
-Contre la pyrale : l'utilisation de trichogrammes (hyménoptère parasite de la pyrale) est une méthode de lutte simple, fiable et efficace.
Pomme de terre

Contre les taupins plusieurs possibilités selon les conditions et les niveaux de risques :
-certaines variétés de moutardes utilisées en engrais verts
- le déchaumage
- les purins de plantes dont le plus connu contre le taupin est celui de fougère
- les tourteaux de ricin.
Les doryphores sont très bien gérés avec Bacillus thuringiensis subsp. Tenebrionis.
Fruits (pommes, poires…) : exemples de bio-contrôle
Contre les carpocapses et tordeuses, plusieurs solutions :
- Bacillus thurigensis
- Carpovirusine
- Confusion sexuelle
- Ou filets de protection.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement (dont Bagnolet Écologie). C'est la porte-parole d'un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. Retrouvez-nous sur fne.asso.fr, Facebook et Twitter (@FNEasso). »

Pierre Mathon

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