Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
HOME. J’étais au Cin’Hoche ce mercredi soir pour revoir à tête reposée et dans de bonnes conditions le film de Yann Arthus-Bertrand que je n’avais vu que rapidement à la télévision le 5 juin.
(Avis aux amateurs : les prochaines séances d’HOME au Cin’Hoche sont programmées samedi 11 à 18h, dimanche 12 à 18h30 et mardi 14 à 20h45)
Quel film grandiose : deux heures d’images magnifiques au service d’une idée majeure : nous avons dix ans pour sauver la vie sur terre, il est trop tard pour être pessimiste.
Je ne résiste pas à l’envie de vous faire connaître (s’il vous avait échappé) cet article publié fin juin sur son blog CAC93 par Jean-Claude Oliva dont l’agressivité nous surprend : nous le croyions plus cool.

Si Yann Arthus-Bertrand plane « dans le très haut », il semble que notre ami du CAC93 s’embourbe « dans le très bas », victime de quelque aigreur d’estomac …
Sans les moyens financiers dont le film a bénéficié et sans la densification du message écologique, cette œuvre aurait-elle pu atteindre une telle qualité, une telle universalité du propos, une telle diffusion et un tel impact ?
N’y-a-t-il pas d’autres occasions pour dénoncer le nucléaire, les OGM, le rôle de la France mais aussi celui d’autres Etats dans la dégradation de la planète ? Et pourquoi s’acharner sur une personne qui met son talent et sa notoriété au service de la cause écologiste ?
Pourquoi tant de rancœur ?
Pierre Mathon
« L’écologie vue de très haut
Home s’adresse à …l’Homme ! C’est dire l’ambition du documentaire qui tutoie Homo sapiens sapiens. On est dans le très haut...
Par Jean-Claude Oliva
...Et dans le très long. C’est le plus long film publicitaire de l’histoire ! Deux heures s’écoulent entre les premières et les dernières annonces du groupe PPR (ex Pinault Printemps Redoute), avec leurs dizaines de logos multicolores, sans oublier les 88 025 collaborateurs (sic). Mais sans doute pas le plus onéreux pour l’annonceur qui a déboursé dix millions d’euros (sur les douze qu’a coûté au total le film) pour deux heures en salle, une heure trente en « prime time » à la télévision, des projections en plein air dans le monde entier, des DVD ; c’est donné ! Sauf pour les écolos-gogos comme vous et moi, qui ont quand même du débourser cinq euros pour le voir !
Pour le reste, les images sont superbes, le constat du gâchis planétaire et la conclusion sont implacables : nous avons dix ans pour (ré)agir et changer la donne. Le documentaire aurait pu s’arrêter là et cela aurait été très bien. Sauf que ce n’est pas la conclusion et que le film continue guilleret ! Pendant quelques instants, on se demande si Carrefour ne fait pas partie des sponsors, tellement Yann Arthus-Bertrand « positive » ! Et de nous montrer les merveilleuses initiatives qui sont prises un peu partout dans le monde… Sauf qu’elles constituent l’exception à la règle impitoyable d’un mode de production et de consommation socialement et écologiquement insoutenable. « Il est trop tard pour être pessimiste », c’est beau (et creux) comme un slogan publicitaire ! Qu’est-ce que ça signifie ? Chacun peut faire quelque chose, s’enthousiasme encore Yann Arthus-Bertrand. En tout cas, l’action du richissime François-Henri Pinault crève l’écran, tandis que celle du quidam dans son bidonville consiste à crever la faim…
Entre la terrible dénonciation et le happy end euphorique, il y a un vide sidéral sur lequel on ne peut que s’interroger. Le réseau « sortir du nucléaire » s’est étonné du fait qu’il ne soit nulle part question du nucléaire (1). Trop compliqué, répond Yann Arthus-Bertrand. D’autres absences sont tout aussi révélatrices : le mot « entreprise » n’est jamais prononcé. Ni aucun de ses synonymes. Les ravages de l’agriculture industrielle voire ceux du système économique en général sont dénoncés, mais ses principaux acteurs sont oubliés ! Les Etats et même les nations sont, par contre, condamnés sans appel. Pourtant, comment changer sans s’attaquer à la logique financière à l’origine du dumping social et environnemental, qui prévaut au sein des groupes comme PPR ? Et, allons plus loin, sans remettre en cause l’objet social même d’un nombre important de ces entreprises : on songe aux producteurs et aux marchands d’armes, bien sûr, mais peut-être aussi aux publicitaires, aux distributeurs de 4X4 ou encore à l’industrie du luxe, à Gucci qui saccage la forêt amazonienne selon Greenpeace …que l’on retrouve tous dans PPR ! Dernier oubli et de taille : la France ! Il n’est jamais question de notre pays qui est pourtant l’un des premiers ravageurs de la planète : cela vaut bien une décoration, non ?
Bien sûr, il FAUT agir ensemble : cela s’appelle la politique (quelque soit le niveau considéré : le plan d’urbanisme d’une ville, la politique agricole européenne ou les négociations climatiques mondiales) mais c’est sans doute trop compliqué pour Yann Arthus-Bertrand.
(1) http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php ?aff=565 Depuis que ces lignes ont été écrites, Yann Arthus-Bertrand a pris position contre le nucléaire ! Lire le nouveau communiqué publié le 22 juin par le réseau sortir du nucléaire http://sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php ?aff=576 »