Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.


Trois communiqués et déclarations écologistes sur la retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan.
Les Verts :
1-«La réintégration de la France dans l’OTAN : le choix du passé
Communiqué de presse des Verts du 16 mars 2009
Dans un monde en pleine évolution, multipolaire, présentant des nouveaux défis (sociaux, démocratiques, environnementaux), Nicolas Sarkozy se tourne vers le passé en proposant une réintégration pleine et entière de la France dans le commandement militaire de l’OTAN.
C’est une rupture complète avec la tradition française et un certain consensus national, qui affirmaient l’indépendance de la France et lui permettait un dialogue original avec les pays du Sud.
Ce sera un obstacle à la construction d’une politique de défense européenne capable de garantir sa sécurité de façon autonome et capable de jouer un rôle dans la prévention des conflits sous l’égide des Nations unies.
Nous savons que cette annonce du président de la République avait été faite sous l’ère Bush. Mais l’élection de Barack Obama ne modifie pas fondamentalement les données du problème.
L’OTAN, dont le traité n’est pas modifié, reste marqué par le contexte où il est né : celui de la guerre froide et de la constitution d’un axe derrière les Etats-Unis. La situation internationale a changé. Pourquoi maintenir cette logique de bloc dans un monde multipolaire ?
Comment la France pourra t’elle se départir d’une image agressive qui est celle que l’OTAN s’est construite au travers de ces différentes interventions militaires et plus particulièrement en Afghanistan ?
En engageant la responsabilité de son gouvernement Nicolas Sarkozy place en otage le vote de son groupe parlementaire.
Si cette décision se veut symbolique, alors le symbole est très mauvais. Mauvais pour les peuples de la planète qui attendaient de la France qu’elle porte une autre voix : celle des droits de l’homme, du respect, de la justice. Mauvais pour ‘‚Europe car les pays de l’UE n’investiront pas dans une politique de défense commune.
Djamila Sonzogni, Jean-Louis Roumégas, Porte-parole »

Le Rassemblement Europe Ecologie :
2-«OTAN un mauvais pari
Communiqué de presse d’Europe Ecologie du mercredi 11 mars 2009
OTAN : un mauvais pari pour l'Europe de la Défense
Plutôt que de s’émouvoir du degré d’implication de la France dans l’OTAN et de jouer sur la corde rance du mythe gaulliste de l’indépendance nationale, il faudrait s’interroger sur le degré d'utilité de cette alliance aujourd'hui.
Le mauvais pari pris aujourd'hui par le Président de la République pour prétendument accélérer l'Europe de la Défense, correspond en réalité à une dilution de celle-ci dans une organisation qui ne reprend ni les mêmes objectifs, ni ne s'étend sur le même territoire.
Dans notre monde post-occidental et post-Guerre froide, il est curieux de faire de l'OTAN le nouvel outil de l'Europe en matière de sécurité.
Pour le rassemblement Europe Ecologie, il ne faut pas plus d’OTAN, il faut plus d’Europe.
Le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN envoie un bien mauvais signal en entravant encore un peu plus la mise place d'une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) ambitieuse.
Aujourd’hui, la politique étrangère de défense commune est trop restreinte à la seule question de l’intervention militaire. Europe Ecologie se prononce pour la constitution d'une Défense européenne fondée sur la prévention des conflits. Dans le contexte d’un monde multipolaire où les menaces dépassent largement le domaine militaire, l'urgence est de bâtir une politique européenne de la paix qui engage trois chantiers prioritaires : le respect des droits humains, le partage et l’accès équitable aux ressources ( eau, alimentation, énergie…), des efforts immédiats et soutenus de désarmement mondial.
Rassemblement Europe Ecologie»
La secrétaire nationale des verts :


3- « L’Europe plutôt que l’OTAN
par Cécile Duflot le 11/03/09
Nicolas Sarkozy souhaiterait donc que la France retourne dans le commandement intégré de l’OTAN. A droite, à gauche, au centre, des voix s’élèvent et jouent sur la corde rance du mythe gaulliste de l’indépendance nationale et de la lutte du petit Astérix contre l’envahisseur américain. Il est toujours curieux de voir les anti-gaullistes d’hier en appeler à la mémoire du Général et réutiliser le grand mensonge de l’indépendance militaire de la France.
En 1966, la France n’a pas quitté l’OTAN mais le commandement intégré. Quitter le commandement intégré ne l’a pas empêché de participer à la guerre du Kosovo ou à la guerre en Afghanistan. Être dans le commandement intégré n’a pas obligé l’Allemagne à participer à la guerre de 2003 contre l’Irak.
Plutôt que de s’émouvoir du degré d’implication de la France dans l’OTAN, il faudrait s’interroger sur sa véritable légitimité. Pourquoi l’OTAN prend-elle trop souvent le pas sur une défense placée sous l’égide de l’ONU ? Pourquoi ne pas renforcer les casques bleus en leur donnant des moyens suffisants et une nouvelle légitimité, via une réforme de l’ONU favorisant l’Assemblée générale et un Conseil de sécurité réformé ? Le monde de 2009 n'est plus celui de 1948 : l'OTAN n'a plus de raison d'être.
Si l’Europe, et notamment l’Europe de l’Est, souhaite sortir de sa dépendance vis-à-vis de l’OTAN, il est également grand temps de construire la Défense européenne. Depuis l’enterrement par la France de la Communauté européenne de Défense, il y a plus de 50 ans, cette Défense reste le parent pauvre de la construction européenne. La politique européenne de sécurité et de défense (PESD) n’a toujours ni les moyens, ni l’ambition, de se substituer à l’OTAN. Il manque une volonté politique claire de la part de nos dirigeants pour porter ce projet.
Cette Défense européenne à construire ne devra pas oublier que le premier but d’une Défense est d’éviter les guerres. La politique de sécurité européenne doit ainsi reposer sur la prévention des conflits avec des moyens non-violents, en coopérant avec l’OSCE et l’ONU. Il faut créer un Corps civil européen de Paix (CCEP), qui interviendrait en amont, afin que les conflits ne dégénèrent pas en violence ouverte. L’Europe peut aussi être le bon échelon pour proposer un désarmement global.
Si tu ne veux pas la guerre, prépare la paix»