Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Décidément, toutes les fées se penchent sur le collège Travail.
Après le département, c’est au tour de l’Etat d’apporter une aide à ce collège bagnoletais en difficulté depuis des décennies (dans le cadre d’une intervention qui concerne 39 collèges de l’académie de Créteil).
Voici ci-après comment Le Parisien du lundi 10 novembre 2008 décrit le dispositif.
Cependant, je tiens à affirmer d’emblée qu’en l’état actuel des informations dont je dispose, je suis beaucoup moins enthousiaste que pour celui du Conseil Général.
Voir mes commentaires après l’article du Parisien du lundi 10 novembre que nous reproduisons ci-dessous.
Hélène Zanier
« Education
Les parents coachés pour aider leur enfant
APRES le coaching éducatif pour les élèves, place à celui des parents. L’académie de Créteil souhaite expérimenter un accompagnement des parents d’élèves de sixième. Sollicités par le rectorat, 400 parents de 39 collèges dont 23 de Seine Saint-Denis [dont Travail à Bagnolet], ont accepté de participer au projet. Les effets sur la scolarité de l’enfant (notes, retards, absentéisme) et sur les parents seront scientifiquement évalués par l’Ecole d’économie de Paris.
Le rectorat met à disposition des collèges une « mallette des parents ». Celle-ci comprend un DVD qui présente les différences entre le primaire et le collège. « On constate souvent que le lien parents-enseignants se rompt entre le CM2 et la 6e, explique Bénédicte Robert, chargée de mission au rectorat. [C’est dès la maternelle que certains parents sont distants de l’école ! De plus, ils sont en souffrance lorsque leurs enfants ne « réussissent pas à l’école et en conçoivent de la culpabilité] Le collège est plus loin que l’école, il y a plus d’interlocuteurs… Certains parents peuvent avoir des craintes. Il s’agit d’instaurer le dialogue et de faire en sorte que chacun se sente à l’aise ». Organisés en petits groupes et animés par des enseignants et du personnel de l’Education nationale, les débats se dérouleront à trois reprises à partir de cette semaine et jusqu’à Noël. Ils pourront aborder les thèmes suivants : comment aider son enfant à faire ses devoirs, comprendre le carnet de liaison ou les sanctions, comment lire les bulletins … [Rien sur la manière de retrouver la confiance entre les enfants et les parents qui est pourtant une condition indispensable. Rien sur la nécessaire construction de la confiance en soi des jeunes qui en manquent cruellement le plus souvent. Rien sur le sens de l’éducation et des apprentissages …] Une première réunion a lieu ce soir au collège Jean-Moulin à Montreuil.
Débats et ateliers
A partir de Janvier, place aux ateliers de formation, pour une durée globale de 50 à 90 heures par groupe. Ils seront animés par des professionnels du Gréta, organisme spécialisé dans la formation pour adultes. Les parents qui maîtrisent mal le français pourront ainsi bénéficier de cours pour comprendre les termes scolaires utilisés au collège. Des cours d’informatique seront aussi dispensés afin que les parents puissent se servir du « cartable en ligne » -autre dispositif mis en place par l’académie – et vérifier par Internet les notes de l’enfant, sa liste de devoirs … Enfin un atelier intitulé « Soutien à la fonction parentale » sera aussi proposé, qui abordera les questions des l’heure du coucher, des repas et des jeux vidéo…
Coût de l’expérience, prévue sur deux années : 600 000 €. Elle sera essentiellement financée par le Haut-Commissariat aux solidarités actives. ANNE – LAURE ABRAHAM »
Bien évidemment, les parents aussi ont besoin d’aide ! Mais ce dispositif ressemble plus à un gadget, un « enfilage de poncifs vieux comme l’école» qui risque de provoquer un peu plus de sentiment de culpabilité pour ceux qui n’atteignent pas la « conformité » dominante.
Le coaching est à la mode. Pourquoi pas. Cependant, ce qui en fait habituellement sa valeur (et son coût), c’est sa dimension individuelle. Ici, rien de tel. En gros, un dispositif identifiant des comportements « déviants » d’élèves et affichant et proposant des remèdes coercitifs, moralement « douteux » et … illusoires.
Ce qui choque le plus dans ce dispositif, c’est sa philosophie globale : «faire fliquer » les élèves par leurs parents. Ajouter de la répression à la répression… du genre : « Mais Madame, vous devez lui dire de se coucher sans regarder la télé la moitié de la nuit ! De venir manger en famille ! De faire ses devoirs ! … C’est votre rôle ! etc. Nous voilà bien avancés ! Les parents l’ignorent-ils vraiment ? Le grand retour du fameux et indigent « surveiller et punir ». Cela mérite-t-il les 600 000 euros des contribuables ?
Alors que ce qui est urgent c’est de s’interroger pour comprendre pourquoi, ce qui représente un privilège dans toutes les sociétés : le droit d’apprendre est si peu désirable pour un certain nombre d’élèves et de jeunes. Rien, aucune réflexion sur un système compétitif qui produit des gagnants (ceux qui sont en réussite) et … des perdants. Rien sur les valeurs qui sont de mise à l’école : s’inscrire dans la concurrence et non dans la coopération …