Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Aujourd’hui, Bagnolet en Vert met en ligne le chapitre 6 du manifeste laïque de LÉA « le manifeste transculturel » consacré au modèle libéral « multiculturaliste »
« Le fonctionnement en communautés reconnues a trouvé son expression politique dans ce qu’il est convenu d’appeler le « multiculturalisme » en Grande Bretagne, aux Etats Unis d’Amérique ou au Canada, sous des formes assez différentes d’ailleurs.
Partant de l’idée du respect des cultures, on en est venu à reconnaître des groupes dont la constitution s’est faite la plupart du temps par l’histoire des migrations ou des persécutions religieuses.
Ces groupes, ces communautés, ont obtenu des droits spécifiques. Au Canada, par exemple, il y avait jusqu’à peu des tribunaux communautaires, jugeant du droit familial, pour les principales religions.
Aux Etats Unis, l’Affirmative Action a reconnu les groupes ethniques en tant que tels pour lutter contre la discrimination raciale, établir des quotas à une certaine époque, faire des statistiques.
En Grande Bretagne, les gens se définissent naturellement comme étant de telle ou telle communauté, et l’espace extra-communautaire est de plus en plus réduit.
Quel est le problème ?
Quand le regroupement se fait sur une base de « pays d’origine », il assigne à vie toutes les personnes issues de ces pays à appartenir à la communauté. Cette assignation se fait autant par les membres du groupe que par le reste de la société. Dans un système multiculturel, on ne sera jamais ouvrier - artiste - fonctionnaire - universitaire - sans qu’on y accole une étiquette communautaire. Que la personne aime ou non son pays d’origine, de toutes façons elle n’y échappera pas. L’invisibilité est impossible, les stéréotypes associés à la communauté sont constants.
Quand le regroupement se fait en plus sur une base religieuse, la situation empire. Il devient alors impossible de critiquer sa religion sans être un « traitre » à sa communauté. Le blasphème devient un délit.
Dans tous les cas, la liberté de conscience est bafouée.
De plus, ce nationalisme communautaire conduit naturellement à des comportements de groupe : affrontements entre communautés, comparaisons de niveaux d’étude, de vie, de réussite, favorisant les attitudes globalisantes et racistes. C’est un idéal de régression de la volonté et des projets communs, un « modèle » pour tous ceux qui prônent et développent le retrait de l’action des politiques publiques au profit de sous groupes qui négocient leurs avantages selon le rapport de force. »
Prochain chapitre à paraître du Manifeste Transculturel : « L’alibi de la séparation entre les principes et le contexte »