Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Nous publions ci-dessous le communiqué du comité de soutien des Rroms de Bagnolet du 1er octobre 2008, suivi d’un commentaire de Bagnolet en Vert :
« La mairie les héberge, la préfecture les expulse - Jusqu'où ira-t-on dans l'irrationnel ?
Depuis 2004, lorsqu'un incendie a détruit leurs habitations de fortune, quelques dizaines de Rroms originaires de Bulgarie ont été relogées par la mairie de Bagnolet. Dans un premier temps, la mairie a mis à disposition un ancien centre de loisir, puis elle a construit un foyer où une bonne partie d'entre eux habite depuis juillet 2007. Les autres ont été hébergés à l'hôtel pour une durée prévue de trois mois, en attendant une solution pérenne. Or il a fallu attendre encore un an avant que l'État s'engage dans ce projet; engagement qui aura pour corollaire l'exclusion d'une partie des Rroms. Ceci alors que depuis quatre ans la mairie a exclu toute sélection.
Régulièrement, ces Rroms ont demandé et parfois obtenu à être tenus informés des suites de l'engagement des différentes institutions à leur égard, respectant en même temps scrupuleusement les leurs. A plusieurs reprises ils ont demandé, soit lors de manifestations, soit lors de rencontres avec les responsables municipaux, d'accéder au droit à travailler, qui est de la compétence de l'État. Ce même État, dans l'institution de la préfecture, a décidé arbitrairement d'opérer une sélection: une trentaine de personnes doivent quitter les lieux ce mercredi 1er octobre, dont quatre familles avec des enfants scolarisés sur la commune. Une autre trentaine « bénéficie » d'une période d'essai de deux mois avant qu'il soit statué sur son sort. Enfin, cette période d'essai est de deux ans pour la troisième catégorie.
Cette sélection est incompréhensible, dans la mesure où la préfecture a reconnu elle-même que l'ensemble de ces Rroms constitue un groupe homogène. Ils ont fait l'objet d'une enquête sociale par des associations mandatées par la préfecture, mais qu'ils ne connaissent pas autrement que par les entretiens de quelques minutes qu'elles leur ont fait passer, un laps de temps court qui se révèle destructeur pour tout un groupe jeté dans la rue dès le 1er octobre (ce matin 10h pour les quatre familles de l'hôtel, ce soir 19h pour les adultes du foyer avenue Galieni).
Les autres sont soumis à un essai, mais lequel ? S'agit-il de faire la preuve d'efforts pour s'intégrer ? A quel autre humain pourrait-on demander de prouver sa bonne foi d'intégration en lui refusant le droit de travailler ? Ces Rroms pourront-ils fournir cette preuve en demandant à des employés préfectoraux de les accompagner dans les chantiers où ils travaillent au noir, parfois sans être rémunérés ? Ou bien dans les décharges où ils récupèrent de la ferraille ? Car ce sont bien les seules possibilités de survie auxquelles l'État les relègue.
L'État leur reproche ce dont il est le seul responsable. Face à une municipalité qui, dans le cadre de ses compétences, a initié et en grande partie mené à bien le projet de réinsertion, l'Etat veut imposer son arbitraire. Les Rroms refusent d'être pris en otage de la sorte, par des intervenants qui arrivent en retard pour perturber. Depuis 4 ans dans un projet d'intégration, s'ils avaient eu dès le départ le permis de travail à quoi est suspendue leur autonomie financière, ces Rroms seraient aujourd'hui partis du foyer dans lequel la mairie les loge. En prétendant aider, la Préfecture ne fait que les fragiliser pour mieux pouvoir justifier leur expulsion prochaine. Relogés tous ensemble en 2004, les Rroms entendent le rester. »
Si le gouvernement commence à s’impliquer dans le travail d’hébergement et d’insertion des Roms roumainset bulgares, alors qu’auparavant il laissait les communes se débrouiller sans aide, il intervient aujourd’hui dans des conditions problématiques : tout en continuant à expulser (illégalement) les Roms bulgares et roumains, pour « faire du chiffre », il met de l’argent dans des MOUS (maîtrises d’œuvre urbaines et sociales) qui permettent l’insertion des Roms, mais en exigeant qu’il soit procédé à une sélection. Cette sélection à l'entrée (pour Bagnolet c'est même en cours de route), signifie en réalité qu’une partie des personnes est expulsée, ce qui est contraire au principe même d’ un travail social d’insertion.
Dans le respect des engagements pris en 2004-2005, il faut que tous ceux qui ont été relogés ensemble restent ensemble et exiger de l’Etat que la MOUS les concerne tous.
Bagnolet en Vert