Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
« Il y a à Bagnolet quelques sites « magiques », que nous devons préserver comme la prunelle de nos yeux. Parmi eux, la propriété du 115 rue Robespierre achetée en 2002 par la commune à mon initiative. »
Ainsi commence un texte du 5 janvier 2008, qui n’a malheureusement pas perdu de son actualité au moment où, lors du dernier conseil municipal, a été donné le triste spectacle du renoncement et de la trahison.
Ce texte est un plaidoyer pour le projet de ferme pédagogique-maison de l’environnement.
Il rappelle
- l’historique,
- les menaces de bétonnage (le bétonnage d’un lieu remarquable, même déguisé façon HQE, reste un bétonnage et l’écologie n’est pas là pour servir la soupe à ceux qui continuent à défigurer Bagnolet)
- la problématique des carrières et la solution douce que nous préconisons
- réponse à ceux qui disent que l’espace n’est pas assez grand pour faire une ferme (en fait il s’agit d’une mini-ferme)
- etc. etc.
Il est clair qu’un terrain de 2 800m2 en pleine zone urbaine « intéresse » les promoteurs et que cela explique beaucoup d’évolutions, d’abandons et de trahisons…
Que l’on ne compte pas sur Bagnolet en Vert pour se joindre au consensus « promoteurs bétonneurs-PC-PS-verts (canal socialiste) ».
Nous continuons le combat pour ouvrir au 115 rue Robespierre une mini-ferme pédagogique.
Pierre Mathon
Ci-dessous le texte paru début janvier :
« Non au bétonnage du « 115, rue Robespierre » !
Oui à une mini-ferme pédagogique et maison d'éducation à l'environnement !
Il y a à Bagnolet quelques sites « magiques », que nous devons préserver comme la prunelle de nos yeux. Parmi eux, la propriété du 115 rue Robespierre achetée en 2002 par la commune à mon initiative.
Je ne rendrai jamais assez hommage aux habitants du quartier centre-sud, et tout particulièrement à Jean-Marie Coutard, qui m'ont été de bon conseil dans cette décision. Tout particulièrement lors d'une visite du secteur « Fraternité-Blancs Champs-Robespierre » que j'avais organisée en juin 2002.
Leur avis a été déterminant dans le choix que j'ai fait de « préempter » :
- pour empêcher le bétonnage de ce terrain (un projet immobilier d'une soixantaine de logements était alors prévu, qui aurait détruit à jamais ce lieu magique)
- pour y réaliser « un équipement public de qualité avec un espace vert ».
Le 115 Robespierre est une magnifique propriété de 2 800 m2. Côté rue Robespierre c'est une ancienne huilerie avec une superbe cour pavée, bordée de bâtiments typiques, qui méritent une réhabilitation de qualité, et qui font irrésistiblement penser à une « ferme traditionnelle ». Au milieu se dresse une maison bourgeoise bien conservée. Et, après la cour pavée, surprise, on découvre un merveilleux jardin arboré qui donne sur la rue des Blancs-Champs.
A chaque fois que des visiteurs sont entrés au 115, ils ont été conquis par le charme qui s'en dégage. Leur joie faisait plaisir à voir, d'autant plus qu'elle allait de pair, à chaque fois, avec une réflexion participative pour donner une utilité à ce lieu. Ainsi petit à petit, en phase avec les aspirations et les initiatives citoyennes, un projet a pris corps : faire de cette propriété une ferme pédagogique pour resserrer les liens entre les citadins que nous sommes et les paysans, initier les Bagnoletais, et particulièrement les plus jeunes à la vie agricole et à la nature. Certes, compte-tenu de la petitesse de la parcelle, il ne peut être question que d'une mini-ferme, il n'y aura ni de champ de blé, ni troupeau de vaches. Mais, avec les bâtiments existants et les 2 800 m2 de la parcelle, il y a de quoi réaliser un équipement de proximité qui permette d'engager un travail d'éducation à l'environnement et à l’agriculture en liaison avec les écoles et les centres de loisirs.
Il a fallu attendre février 2005 pour qu'un groupe de travail, associant citoyens, techniciens et élus, se réunisse.
J’ai relancé à plusieurs reprises les services techniques pour qu’un entretien minimum des bâtiments soit entrepris. J'ai travaillé avec une association d'éducation à l'environnement : ils étaient prêts à démarrer rapidement quelque chose de modeste. J’ai pris contact avec la confédération paysanne. Le projet aurait pu commencer dès le début de 2007, pour ensuite, progressivement, « monter en charge », au fur et à mesure de la réhabilitation des bâtiments de l'ancienne huilerie.
Au lieu de cela, le maire a fait réaliser une étude de ferme pédagogique comme si nous disposions d'un terrain de plusieurs hectares. Il en résultait un coût d'investissement et de fonctionnement exorbitant. Pourtant, il suffisait de partir de la réalité modeste de la parcelle du 115 et des aspirations exprimées par les habitants, en s'appuyant sur la proposition de bon sens formulée par le conseil de quartier.
Par un beau dimanche de novembre 2006, à l'initiative du conseil de quartier, une visite a été organisée (« un dimanche à la campagne »). Cent-cinquante personnes sont venues. Celles qui ne connaissaient pas le 115 ont été conquises. L'association « les amis de la ferme de Bagnolet » est née.
Las, l'initiative suivante en janvier 2007 a trouvé portes closes, le maire ayant fait changer les serrures la veille pour empêcher l'association d'entrer.
Officiellement le groupe de travail continuait à fonctionner, mais la préoccupation principale du maire semblait être de démontrer l'impossibilité de réaliser le projet « ferme pédagogique-maison de l'environnement », malgré l'évidence des arguments citoyens.
Prenons par exemple l'argument des carrières. Que le terrain soit miné par des carrières souterraines n'est pas un scoop, j’avais d’ailleurs immédiatement commandé une étude plus précise que les plans de l'Inspection des Carrières. Il s’agissait de savoir dans quelles conditions de travaux de confortation et de suivi de l'évolution du sous-sol, il était possible d'ouvrir cet espace au public. L'étude a montré qu'une telle solution était envisageable et qu’au lieu de couler du béton dans les cavités des anciennes carrières, on pouvait mettre en œuvre des méthodes écologiques douces.
Le maire, dans un courrier distribué à tous les Bagnoletais en septembre 2006, affirmait qu'il veillerait personnellement à la mise en œuvre de la ferme pédagogique. Mais les paroles s'envolent et les promesses tombent dès lors que les promoteurs immobiliers frappent à la porte. On a un triste exemple de la capitulation du maire devant les promoteurs à quelques mètres du 115 Robespierre, avec l'incroyable projet immobilier privé qui prétend bétonner « l'espace vert des deux rues » entre la rue des Blancs-Champs et celle de la Fraternité.
A Bagnolet, comme ailleurs, les promoteurs sont à l'affût et lorgnent avec appétit sur le moindre terrain libre.
Aujourd'hui, de lourdes menaces pèsent sur le terrain du 115 rue Robespierre, avec la relance de projets immobiliers bétonnants sur tout ou partie de ce terrain. Ce bétonnage, même partiel, rendrait impossible le projet conçu par les citoyens et soutenu par les Verts.
Par ailleurs il faut savoir qu'un projet immobilier privé ne peut atteindre sa rentabilité sur un tel terrain miné par les carrières souterraines, qu'en construisant en hauteur, ce qui exclut les maisons de ville. En effet autant une solution « alternative » peut être trouvée en cas d’espace ouvert, autant en cas de la construction immobilière, on ne peut pas échapper à la réalisation très coûteuse de pieux profonds pour stabiliser les immeubles.
Certes, il faut construire des logements à Bagnolet. Mais, compte-tenu de la densité déjà atteinte dans notre ville, il faut aussi et surtout réhabiliter et mettre en location les logements vides.
Il faut aussi des espaces de respiration et de convivialité dans la ville : c'est ce que démontrent les citoyenNEs engagéEs dans les jardins partagés (le « Jardin-guinguette de la Dhuys », « autour du chêne » au 182 rue Etienne-Marcel dans les Coutures, le projet de jardin partagé rue Louise Michel) et les citoyens qui soutiennent et participent au projet d'une Ferme-pédagogique-maison de l'environnement au 115 rue Robespierre.
Pierre Mathon
Maire-adjoint Vert
Délégué à l'urbanisme de mars 2001 à février 2007 »