Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
J’ai également choisi pour vous, dans le Charlie Hebdo de cette semaine un article « Les gonzesses au vestiaire ! » d’Agathe André, qui se penche sur l’ « idéal olympique »… À quelques jours de la « magnifique » cérémonie d’ouverture des JO, cet article ne parle pas de la Chine … mais d’une réalité plus globale.
À lire ! À réfléchir !
Hélène Zanier
IDÉAL OLYMPIQUE
Les gonzesses au vestiaire ! par AGATHE ANDRÉ
Pour le CIO, le machisme et l’intégrisme religieux sont toujours une discipline olympique.
Pierre de Coubertin considérant que les muscles et la performance étaient une affaire de mecs, s’opposait à la présence de femmes aux Jeux olympiques. Bonne nouvelle : le CIO aussi !
La Charte olympique évince, bien sûr, toute forme de discrimination, y compris le sexe. Pourtant, seize ans après la réintégration de l’Afrique du Sud aux Jeux de Barcelone, bannie pendant trente ans pour avoir infligé l’apartheid racial, Jacques Rogge, président du CIO, pratique l’apartheid sexuel, en continuant d’accréditer neuf pays qui refusent les femmes de leur délégation. Dans le tas, les Iles Vierges britanniques, les Antilles néerlandaises et le Liechtenstein, dont la petitesse de l’équipe suffit, semble-t-il, à justifier leur sélection de couillus. Et un noyau dur – l’Arabie saoudite, le Bahrein, les Émirats arabes unis, le Yémen, le Qatar et Oman – pour qui c’est une question de principe : une bonne musulmane n’a pas à s’afficher en short ou en maillot de bain devant les caméras de ces chiens d’infidèles ! En théorie, les règles vestimentaires sont au service de l’exploit, et la Charte interdit toute forme d’expression religieuse ou politique sur les sites olympiques. En pratique, un badge portant mention « un monde meilleur » est un signe politique ostentatoire inacceptable, mais le voile, dont tout le monde sait qu’il n’a aucune charge religieuse symbolique et qu’il ne sert qu’à éponger la sueur, est toléré (1)…
Même s’il faut bien admettre qu’il exclut les vertueuses de la plupart des disciplines : franchir des haies, voilée de la tête aux pieds, prend rapidement l’allure d’une galéjade d’ « Intervilles » !
Les hommes d’un côté, les voilées de l’autre.
Heureusement, en 1993, l’Iran a trouvé la parade à cette injustice éhontée en instituant les Jeux islamiques féminins, où les hommes et médias sont proscrits. Et, après l’Arabie saoudite en 2005, Téhéran accueille, en 2009, la seconde édition des Jeux de la solidarité des pays islamiques et asiatiques. Les compétions ont lieu dans des stades séparés, et les hommes ne sont évidemment pas autorisés à entrer dans celui des dames. L’objectif : concurrencer les JO, noyauter les organisations sportives classiques pour ériger enfin la non-mixité en valeur olympique ! En soutenant ces Jeux de la ségrégation et en acceptant ces délégations sans femmes, le CIO légitime l’entrée de la charia dans les stades et envoie un message lumineux, bientôt universel : la musulmane n’est pas une sportive comme les autres. La musulmane n’est pas une femme comme les autres.
(1) La seule femme de la délégation afghane est une tireuse dont l’accoutrement pèse autant que son fusil (5 kg), et Rogge s’est affiché aux côtés d’une nageuse égyptienne en burqa lors de la cérémonie de clôture des Jeux d’Athènes.
Note : Annie Sugier, présidente du comité Atlanta-Beijing, refuse de céder aux mollahs.
Voir sur le site de la Ligue du droit international des femmes : www.ldif.asso.fr