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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Lu dans Charlie Hebdo (1), "la chronique de la jungle"

J’ai choisi pour vous, dans le Charlie Hebdo de cette semaine la chronique de Patrick Pelloux http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Pelloux qui illustre de façon légère et délicieusement poétique  -mais sérieuse- la cause de la biodiversité. Il nous parle de la place de l’animal dans la ville et dans la vie des humains, de notre sort lié au travail des insectes, de l’équilibre de la vie sur terre (voir la disparition des abeilles). Il écorche la bêtise de notre culture hygiéniste et chimique (qui date du 19ème siècle ! Mais qui rapporte gros !). Il nous parle de la beauté que nous apporte les animaux …

À lire ! À réfléchir !

Hélène Zanier

HISTOIRES D’URGENCES PAR PATRICK PELLOUX
 La chronique de la jungle 
En poussant un tas de papiers sur mon bureau, je vis passer, Majestueuse, sans bruit, avec un petit duvet qui m’a fait penser : tiens, elle ne s’est pas fait le maillot. Suis-je bête, une araignée se faire épiler … Par qui ? Les fourmis ? Justement, je venais d’en voir dans la pièce où sont préparés les repas des malades. Elles ont eu vite fait de nettoyer une boîte de confiture tombée par terre. Quelqu’un les a aspergées d’eau de Javel. Décidément, partout, les hommes mènent une guerre chimique aux insectes. Inutilement, d’ailleurs : peu de temps après, elles avaient contourné la pollution. Un peu plus tard, un type tentait d’écraser un brave cafard qui passait sur un mur. Mais l’insecte en carapace s’est tiré dans un petit trou. Il y a quelques années, un lézard a passé tout l’été sur un vieux mur.

            Toutes ces bestioles profitent des talents du jardinier de l’hôpital, digne descendant de Lenôtre. Il compose des massifs magnifiques que les insectes transforment en zones d’activités. Ce qui occupe un bon nombre de malades qui se baladent avec leur perfusion de chimio, en regardant un papillon semblant livrer une bataille à une fleur, une abeille en plein crash, une coccinelle baba cool, une mouche frénétique. Ce n’est pas simple de rêver et de se détendre à l’hôpital, lorsque vous êtes du côté de la maladie. Le rêve est une audace qu’il faut cultiver. Les insectes peuvent aider à faire fonctionner l’imaginaire et distraire le malade empêtré dans ses idées noires sur son avenir.

Chacun cherche son chat.

Mais un hosto ne serait rien sans les chats. Au milieu des années 80, la Ville de Paris avait décidé de retirer tous les chats du cimetière du Père-Lachaise. En quelques jours, l’hôpital d’à côté était pris d’assaut par les rats, qui se jetaient sur les poubelles et envahissaient les cuisines comme un jour de soldes. Il a fallu remettre les minous dans le cimetière, afin que tout rentre dans l’ordre naturel.
            Dans mon hôpital, il y a dix ans, des travaux eu lieu. Un trou avait été creusé vers les égouts. À la nuit tombée, nous avons vu des cortèges de rats arriver. Le lendemain, le trou fut rebouché d’urgence et les minets de l’hosto eurent de quoi croquer pendant quelques jours. Aujourd’hui,, j’en ai repéré trois : un rouquin balèze, un peu rond, un gris, et un noir à la fourrure épaisse qui se la joue Bagheera au faubourg. Il est un peu ridicule, mais bon, les chats aussi se la pètent … Je suppose que le gris est la femelle, vu sa finesse et son escorte récente, constituée de deux chatons de gouttière. Ils passent le long des murs le matin ou le soir, aux moment les plus calmes. L’autre jour, ils étaient curieusement tous les trois assis en cercle. Allez savoir ce qu’ils se racontaient …
            Le ciel de l’hôpital lui aussi est peuple. Ainsi, nous avions des faucons crécerelles. Ils nichaient en haut d’une façade, dans une vieille statue de 1763 qu’ils ont crépie de fiente. La statue ne se plaignait pas et les faucons animaient bien les conversations. Je ne sais pas qui a tout grillagé. Aujourd’hui, les faucons ont disparus. Il reste les pigeons, aussi gris que le bitume, qui viennent parfois du côté des cuisines avec les moineaux. Il faut un temps, au soleil levant, un merle sifflait comme un air d’opéra, tout en haut d’un bâtiment. Le bec bien orienté vers autres façades, comme s’il cherchait une caisse de résonance. Et, certains jours, les mouettes crient tellement fort qu’on imagine la mer derrière un des murs de Paris. Mais le nombre d’oiseaux est en fort déclin, sur la capitale. J’en vois de moins en moins, et, les jours de pollutions, les insectes ne volent pas.

Vous avez remarqué, cette chronique parle d’autre chose que des hommes … Ça me change.

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Patrick Pelloux  est depuis 1998 président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF), un syndicat qui regroupe les médecins urgentistes hospitaliers. Il est devenu célèbre pendant la canicule de 2003 lorsqu'il a donné l'alerte sur les médias des conséquences de la canicule dans les services hospitaliers. Il est actuellement adjoint au chef des urgences à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, hôpital qu'il a rejoint en 1995.

Il a suivi ses études à l'école internationale européenne et à la faculté de médecine de Paris et devient docteur en médecine. Il a également une capacité en médecine d'urgence et de catastrophe.

Patrick Pelloux se distingue surtout par son implication dans la défense de l'hôpital public et du service public qui y est rendu. Il plaide de longue date la cause de l'hôpital public auprès des gouvernements successifs. En juin 2005, il a été réélu pour deux ans à la tête de l'Amuf (le nom de l'association a perdu son « H », ne se composant plus uniquement d'hospitaliers), association qui compte 2 000 médecins urgentistes. Il est également vice-président de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, une des organisations intersyndicales regroupant les praticiens hospitaliers de toutes les disciplines médicales et pharmaceutiques.

Il intervient régulièrement dans N'ayons pas peur des mots, une émission quotidienne de débat contradictoire présentée par Samuel Étienne diffusée sur la chaîne d'information en continu I>Télé.

Par ailleurs il tient une chronique dans Charlie Hebdo où il conte des anecdotes de son travail et dénonce les conséquences des décisions politiques prises par les gouvernements successifs sur l'hôpital public. Ces chroniques sont parues en recueil sous le titre « Histoire d'urgences » aux éditions du Cherche Midi (2007). Il a reçu un prix de l'Institut de France pour ses écrits en 2005 (prix Cino Del Duca).

 

 

 

 

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