À l’issue du dernier conseil municipal jeudi 25 janvier, n’acceptant pas d’être mis en minorité sur le projet de reconstruction du groupe scolaire Joliot-Curie, le maire avait annoncé publiquement qu’il allait dès le lendemain retirer les délégations aux neuf maires-adjoints et conseillers délégués qui avaient voté contre lui, puis dans la minute suivante, et toujours publiquement, qu’il allait la retirer uniquement aux élus P.S., il a semble-t-il trouvé un bouc-émissaire (hommage du vice à la vertu ?) et retiré uniquement celle de Pierre Mathon, chef de file des Verts de Bagnolet.
Rappelons que les élus détiennent leur mandat du peuple et non du bon vouloir du maire. La légitimité des Verts tient aux 20,5 % des voix que la liste Verte a obtenu au premier tour des municipales de 2001. En revanche, Marc Everbecq n’a pas cette légitimité, n’ayant jamais affronté l’épreuve directe du suffrage universel, puisqu’il n’était que deuxième de liste en 2001, derrière le maire sortant.
Rappelons également que le P.C. n’est plus majoritaire à Bagnolet ni dans l’électorat, ni même au conseil municipal, comme cela a été montré lors du vote du budget supplémentaire en novembre 2006, et lors de sa tentative de passage en force deson projet d’école-usine de 18 classes à Joliot-Curie le 25 janvier.
La décision du maire et du groupe communiste est une rupture unilatérale au contrat de majorité signé en 2001 entre les partis de la gauche plurielle, et qui définit la répartition des fonctions au sein de l’équipe municipale entre le P.C., le P.S. et les Verts.
Cette décision traduit la dérive monarchique du maire qui gouverne de plus en plus entouré de quelques « lieutenants » et de ce qui reste du groupe communiste.
Le retrait de la délégation ne fait qu’aggraver une situation déjà bien dégradée, puisqu’en réalité, depuis longtemps, les délégations des adjoints et pas seulement des adjoints Verts sont de plus en plus vidées de leur contenu par le développement du pouvoir personnel et son cortège de décisions arbitraires et de gaspillages financiers.
Le maire, à l’appui de sa « sanction », évoque 4 dossiers prétendument bloqués par les Verts
- Concernant le gymnase Hénaff, c’est le passage en force du maire qui a provoqué la crise. Les Verts et les riverains proposaient une solution mieux insérée dans le site, plus adaptée aux besoins des sportifs et du lycée, et moins coûteuse ;
- Concernant le conservatoire de musique, s’il est vrai que les Verts et les socialistes ont demandé que d’autres propositions soient étudiées, c’était bien au maire de faire travailler sur ces propositions et faire voter le conseil municipal. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
- Concernant le centre administratif, c’est également le maire, après le rejet du projet mégalo et ruineux de Roland Castro par les citoyens, qui bloque depuis cinq ans la programmation d’un projet différent, en dépit des multiples relances et interpellations des Verts ;
- Et enfin, concernant la reconstruction du groupe scolaire Joliot-Curie, c’est le maire, minoritaire au conseil municipal, qui refuse d’appliquer la délibération adoptée par le conseil municipal prévoyant deux écoles primaires à taille humaine.
Au fond et au-delà de la réaction antidémocratique d’un petit notable incapable de supporter l’opinion des autres, surtout si elle est majoritaire, il s’agit pour le maire d’avoir les mains libres pour mener les politiques régressives et bétonnantes qu’il a décidé de mettre en œuvre en matière d’urbanisme :
- Sabotage de l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme ;
- Blocage du Centre-Ville avec en particulier le retard à lancer le projet d’aménagement de la place de la mairie, blocage depuis 2002 du dossier de nouveau centre administratif, refus de réhabiliter les bâtiments appartenant à la mairie (13-15 rue Marceau, 41 rue Sadi-Carnot, 46 rue Sadi-Carnot et 7-9 rue Marie- Anne-Colombier) avec pour conséquence le blocage de l’installation de la pépinière, le blocage du projet de résidence sociale, le départ de Bagnolet de la librairie « la malle aux histoires » …
- Politique chaotique en matière d’acquisitions et de cessions (dernier exemple : le maire a annulé sans débat au sein de l’équipe municipale un arrêté de préemption au 102 avenue Gallieni, permettant ainsi au nouveau propriétaire de louer ses locaux industriels à une église évangélique qui a immédiatement entrepris des travaux illégaux ;
- Projet de bétonnage depuis la Porte de Montreuil jusqu’au Centre-ville (avec le retour via la SIDEC de Roland Castro, qui rappelons-le était l’auteur du projet mégalo et ruineux de centre administratif rejeté par la population il y a sept ans et heureusement abandonné depuis 2002) ;
- Retour de la SIDEC, qui, dans le mandat 1995-2001 a coûté 175 millions de francs aux finances publiques pour des opérations à but privé ;
- Abandon du projet culturel de salle de spectacle au profit d’un projet fumeux de « Halle de la Villette » sur un terrain trop petit ;
- Refus d’accueillir à Bagnolet la troupe chorégraphique de la célèbre danseuse étoile Marie-Claude Pietragalla, nouvelle Bagnoletaise, ancienne directrice de l’Opéra de Marseille ;
- Refus de la mixité sociale, avec la campagne récurrente de dénigrement engagée contre les « bobos » par le maire notamment lors des assises de la population ;
- Refus d’associer les habitants aux décisions d’urbanisme, avec le blocage de la démocratie participative au profit de la politique spectacle, de décisions autoritaires et même de coups de force comme lorsqu’il interdit à l’association « Les amis de la ferme de Bagnolet» l’entrée sur le terrain du 115 rue Robespierre, au mépris des 50 personnes venues pour un inventaire de la flore et un état des lieux des bâtiments (le maire a même poussé l’acharnement jusqu’à faire changer les serrures le jour même de la visite !) ;
- Multiplication des effets d’annonces, alors que la situation financière est plus que préoccupante et que le maire refuse toujours d’élaborer un plan pluriannuel des investissements (P.P.I.) ;
- Conduite irresponsable du dossier ANRU par le maire mais aussi par le président (P.C.) de l’OPHLM ;
- Déclaration intempestive (et bétonnante) sur la construction de 1000 logements dans les cinq prochaines années, sans indiquer de terrains disponibles (et pour cause !) ;
- Absence de lutte contre les marchands de sommeil ;
- Etc, etc…
La décision arbitraire du maire est une rupture de contrat de la gauche plurielle. C’est celle d’un notable minoritaire, aux abois après six ans d’une gestion chaotique.
En mars 2008, les électrices et électeurs bagnoletais seront appelés à se prononcer sur la gestion catastrophique de la mairie par Marc Everbecq.
Après le retrait arbitraire de sa délégation, Pierre Mathon, chef de file des Verts de Bagnolet, retrouve aujourd’hui l’intégralité de sa liberté de parole