Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

L’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) est sur la sellette. L’avis qu’elle a rendu en juin, favorable à l’autorisation du maïs MON810, est en effet complètement biaisé par une multitude d'approximations et d'omissions sur l'évaluation des impacts environnementaux et les impacts sur la santé humaine.
C’est ce que révèle la contre-expertise commanditée par Greenpeace et les amis de la Terre, qui demandent en conséquence à la Commission européenne et aux Etats membres de s’opposer à la ré-autorisation du maïs transgénique MON 810.
L’enjeu est de taille puisque l'autorisation de culture du MON810, valable 10 ans, a expiré et que l'Union européenne va devoir se prononcer prochainement sur sa possible ré-autorisation.

C’est dans cette perspective que l'EFSA avait publié, le 30 juin, un avis qui juge la culture du maïs génétiquement modifié MON 810 de la firme Monsanto sans risques pour la santé et l'environnement (si des mesures appropriées sont prises pour éviter une contamination des lépidoptères …).
Mais l’analyse scientifique de cet avis, commandée par Greenpeace et les Amis de la Terre, et rendue publique le 29 juillet, révèle de sérieuses erreurs et omissions de l'EFSA, remettant ainsi en cause ses conclusions.
Ce rapport révèle notamment que l'EFSA :
- ignore ou minimise les recherches démontrant que l'insecticide produit par ce maïs GM pourrait avoir des impacts négatifs sur des organismes non ciblés comme les papillons et les mites. L'EFSA n'admet pas l'incertitude scientifique alors même qu'il n'existe pas d'études faites spécifiquement sur les espèces européennes ;
- refuse d'admettre l'existence de rapports questionnant l'impact environnemental et sanitaire de ce maïs ;
- ignore les études de scientifiques évaluées par leurs pairs qui mettent en lumière des inquiétudes concernant la santé humaine ;
- fait référence à des recherches portant sur des cultures transgéniques complètement différentes pour affirmer que le MON810 est sans danger ;
- n'examine pas les risques liés aux nouvelles protéines inconnues générées dans le maïs lors de la transgénèse.

« L'EFSA a une fois de plus violé son mandat. Le niveau d'expertise de l'avis de l'EFSA n'est vraiment pas sérieux, regrettent Greenpeace France et les amis de la Terre. Soit cette agence souffre d'un sérieux manque, soit elle joue un jeu politique très risqué pour notre santé et l'environnement. Il y a assez de preuves montrant que ce maïs-pesticide peut être dangereux. Il devrait être, à ce titre, banni une fois pour toutes des champs européens !»

Six Etats membres, dont la France et l'Allemagne, ont déjà interdit la culture du MON810 sur leurs territoires. Les gouvernements se sont également plaints de la qualité du travail de l'EFSA et ont exprimé leurs craintes relatives à la sécurité de ce maïs. Plus récemment, le gouvernement français a déclaré qu'il ne pouvait pas accepter l'avis de l'EFSA sur le MON810. En mai, douze Etats membres ont écrit à l'agence européenne afin de lui faire part de leurs inquiétudes concernant leurs travaux en cours.
« La Commission n'a pas d'autre choix que de rejeter l'avis de l'EFSA, interdire la culture du MON810 et chercher une autre autorité officielle, capable, celle-là, de donner des avis scientifiques non biaisés » concluent Greenpeace et les Amis de la Terre.
Pierre Mathon