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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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"Croissance durable" ou "développement durable" en Ile de France ?

Nous devons au journaliste Hervé Kempf, auteur d’un livre « pour sauver la planète, sortez du capitalisme », cette lettre-pamphlet « Grand Paris, 4/20 » au ministre de l’écologie et de l’aménagement durable et à sa secrétaire d’Etat. Publiée dans le Monde du 10 mai, elle réagit à la prestation du président de la République sur le Grand Paris.

Nous partageons totalement l’avis d’Hervé Kempf sur les risques de bétonnage et de dérèglementation inhérents à la vision sarkozyste de l’aménagement de l’Ile de France.

Nous portons cette tribune à votre connaissance pour poursuivre la nécessaire réflexion sur le Grand Paris. 

Elle complète le communiqué de Denis Baupin ( Grand Paris de Sarkozy : la montagne accouche d’une souris…et elle n’est pas verte ! ) et la tribune de Frédéric Gilli ( Intercommunalité, Sarkozy et gouvernance du « Grand Paris », que le débat soit  ) que nous venons de publier.

Pierre Mathon

 « Cher M. Borloo, chère Mme Jouanno,

J'ai le regret de vous informer du mauvais comportement de votre petit Nicolas en classe d'environnement. Même si ce garçon recouvre ses insuffisances d'un incontestable bagout, ses devoirs manifestent un manque d'intérêt réel pour la matière que nous essayons de lui enseigner avec une ténacité impavide.

J'ai encore dû noter sévèrement son exposé du 29 avril. Nicolas avait choisi de traiter du Grand Paris. Il s'agissait de définir l'avenir de l'agglomération parisienne.

Je passerai sur l'aspect ampoulé de sa péroraison : de s'être fait rabrouer en classe de français pour s'être moqué d'une oeuvre qu'il ignorait, La Princesse de Clèves, le pousse à parsemer ses propos de mots à majuscule ("le Vrai, le Beau, le Grand... Il manque le Juste") aussi naturels qu'une brosse à dents chez une poule pondeuse. Quant aux lieux communs, je crains en les citant de vous procurer un sentiment de honte. Tenez : "La ville est faite pour l'Homme (avec majuscule !) et non l'Homme pour la ville." Molière en rit encore.

Mais l'essentiel est ailleurs.

Confondant "développement durable" et "croissance durable", énumérant une litanie de "défi de l'après-Kyoto", "corridors naturels", "trames vertes", "agriculture de proximité", votre petit a tenté de donner une coloration écologique à son propos. Mais tout son exposé conduisait en fait à couvrir de constructions les espaces vides de l'Ile-de-France. Il ne pense qu'à s'affranchir des règles édictées pour réfréner l'avidité spéculative et protéger l'environnement. Ainsi affirme-t-il tout de go que "le problème, c'est la réglementation" et propose de manière parfaitement irresponsable de "rendre constructibles les zones inondables" ou d'"utiliser les interstices"
- qui sont souvent des zones de protection sonore ou végétale.

L'élève ouvre aussi la porte aux "partenariats public-privé" dont l'expérience montre qu'ils prospèrent au détriment de l'intérêt commun - mais favorisent de juteux bénéfices, bien privés, eux.



Le plus inquiétant est que le garçon n'a tenu aucun compte des travaux de ses camarades : dans de précédents exposés, ceux-ci avaient mis au point le Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), qui a su allier de manière plus innovante les exigences de logement social, de maintien des terres agricoles et de transport. Ce SDRIF, au nom certes barbare, a été élaboré dans une réelle concertation entre de multiples instances. Or que prétend Nicolas ? Balayer cela et voter une loi d'urgence pour accélérer une infrastructure de transport décidé par lui seul. Auraient ensuite lieu des "états généraux", supposés entériner ce qui aura été imposé ! Votre protégé, chers M. Borloo et Mme Jouanno, fait bon compte de la démocratie.

Je vous serais donc reconnaissant de bien vouloir chapitrer le petit Nicolas afin qu'il s'amende.

Signé : Blork, du Collège Magnifique. 
»


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D
Je ne remet pas en cause la critique caustique porté sur Sarkozy,mais j'avoue que le mot durable commence à être mis un tantinet à toutes les sauces. Pour ma part je suis assez en accorsavec François Ascher (grand prix de l'urbanisme qui parle en ces termes de la ville durable:"Il faut faire attention à l'usage parfois passéiste et antisocial du terme de ville durable. La ville n'est par définition pas "durable",elle ne doit pas être figé,elle se transforme en permanence.Trop souvent, le souci de lenvironnement prend la place du social. C'esttrès bin de faire des quartiers économes en énergie, mais la durabilité ne doit pas un être un surcout pour les plus pauvres. Enfin l'urbanisme du développement durable n'est pas une recette unique, il doit pouvoir s'appliquer à la ville dense comme aux lotissement, aux tours comme aux maisons individuelles, aux autoroutes comme aux transports collectifs. La ville durable doit être un compromis entre les exigences économiques, sociales et environnementales"
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B
<br /> <br /> Difficile de répondre rapidement à une sommité de l’urbanisme comme<br /> François Ascher.<br /> <br /> <br /> Sans vouloir polémiquer il me semble que ce brillant urbaniste fait de la<br /> résistance aux changements pourtant indispensables en utilisant des arguments parfois à l’emporte pièce.<br /> <br /> <br /> Par exemple pourquoi opposer environnement et social alors qu’ils sont au<br /> cœur du développement durable. Par exemple, il prend beaucoup d’élan pour énoncer comme une pensée qui remettrait en cause le développement durable que La ville durable doit être un compromis entre les exigences économiques, sociales et environnementales" alors que précisément le développement durable est assis sur trois piliers : économique, social et environnemental.<br /> <br /> <br /> Comment ignorer que les « quartiers économes en énergie » sont<br /> sources d’économies de fonctionnement et donc d’accessibilité pour les plus pauvres.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Certains de ses arguments peuvent s’entendre, mais il faudrait sortir du<br /> slogan pour les développer et entrer davantage dans le concret.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis prêt à poursuivre le débat sur le développement durable avec vous<br /> ou par l’intermédiaire de citations. Ne serait-ce que pour éviter les contresens faits sur le développement durable et pour en préciser les nécessaires déclinaisons dans l’aménagement<br /> urbain.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pierre Mathon<br /> <br /> <br /> <br />