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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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La danse de demain, c’est au théâtre Le Colombier du 1er au 5 juin


Du 11 mai au 5 juin les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis qui, rappelons-le ont pris la suite du Concours chorégraphique international de Bagnolet, les fameux « Ballets pour Demain », créés en 1969 par Jaque Chaurand, auront lieu dans huit villes de Seine Saint-Denis et particulièrement au Théâtre « Le Colombier » à Bagnolet. 


 

(Les spectacles au Théâtre Le Colombier de Bagnolet :

 20 rue Marie-Anne colombier

Du 1 Juin 2009 au 5 Juin 2009
20h : Cécile Loyer
21h30 : Thomas Lebrun

- "Soldats" par la chorégraphe Cécile Loyer
- "Eclats de simulacre" + "Gwiazda" + "L'étoile jaune" + "Le temps de briller" par Thomas Lebrun
)

 

Nous publions ci-dessous l’interview de la Directrice des rencontres, parue sur evene.fr .

 

Pierre Mathon


« Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis

 

INTERVIEW D'ANITA MATHIEU

Propos recueillis par Soline Pillet pour Evene.fr - toute la culture - Mai 2009

 

Les 8e Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis se tiennent du 11 mai au 5 juin 2009 dans huit villes du département. Près d'une trentaine d'artistes issus de onze pays poursuivent l'exploration des espaces de création artistique, partageant leur regard engagé sur le monde contemporain.

Passionnée de théâtre, Anita Mathieu découvre par hasard la danse contemporaine au début des années 1980, alors qu'elle s'occupe de la communication du Théâtre de la Bastille. Poursuivant son évolution dans le milieu de l'avant-garde chorégraphique, elle rejoint successivement le Théâtre contemporain de la danse - ancêtre du Centre national de la danse - fondé par Jack Lang en 1984, puis la Ferme du Buisson. Anita Mathieu a toujours contribué au développement de projets émergents. Sans doute ce goût de la nouveauté l'a-t-il incitée à accepter la direction du Concours de Bagnolet en 2000, avant de l'amener à sa version actuelle de Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, dont la première édition a eu lieu en 2002.


Pourquoi avoir rompu avec le Concours de Bagnolet qui existait depuis 1969, et créé les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis ?

Je ne me reconnaissais pas dans le Concours : cela n'avait plus de sens aujourd'hui de mettre des artistes en compétition. On notait un déclin de la participation des jeunes chorégraphes. De plus, la disparité des conditions de production désavantageait les chorégraphes issus de pays plus pauvres. Cela n'était pas juste. Le Concours était devenu totalement obsolète : il était temps de proposer un format en rapport avec l'évolution de la situation des artistes. Le schéma de concours était très contraignant : les artistes étaient soumis à des critères déterminant la durée des œuvres, le nombre d'interprètes... J'ai donc transformé la compétition en festival, que j'ai annualisé et étendu sur la durée : de cinq jours à quasiment un mois. Initialement à Bobigny, il a lieu aujourd'hui dans huit villes du 93.


Les spectacles de l'édition 2009 semblent avoir des thèmes récurrents : notamment l'identité, la place de l'individu dans la société contemporaine, la cohabitation sociale... Les chorégraphes ont-ils donc tous des préoccupations similaires ?

Je refuse absolument de prédéfinir un thème pour le festival. Ce qui m'intéresse, c'est comment un artiste expose sa vision du monde, comment il parle de soi, comment il questionne le monde avec son imaginaire. Mais une fois la programmation élaborée, on remarque que certaines thématiques émergent malgré tout, se frôlent. Des tensions se traversent à travers les pièces. Les artistes issus d'horizons différents ont en commun les préoccupations liées à leur statut d'artiste. Ils sont engagés dans un choix de vie, dans un monde soumis à la mondialisation. Ils sont forcément traversés par les mêmes questions, mais vont les aborder différemment. Dans le monde qui nous environne, comment soulève-t-on les questions fondamentales qui nous aident à mieux penser ?


Vous avez deux "chevaux de bataille", la sensibilisation du public et la danse comme outil de réflexion citoyenne. N'y a-t-il pas un hiatus entre ce désir de médiation et votre choix de programmation d'oeuvres "expérimentales" ?

Ce n'est pas un hiatus, je dirais plutôt une exigence de ne pas réduire la qualité d'un travail qui simplifierait la perception des œuvres. La danse doit déclencher un regard. C'est évidemment plus facile d'amener un public devant une œuvre narrative avec un décor, une histoire, un fil conducteur, quelque chose d'accessible. Je n'écarte pas cela. Quand on n'a pas de support de texte, il est difficile de traduire des sentiments, des sensations. On remarque que les jeunes ont une incapacité à regarder une œuvre dans la durée. Ce travail d'éducation est donc essentiel et prioritaire. Nous formons le public de demain en favorisant une approche qui n'est pas celle des entendus, des évidences auxquelles chacun s'accroche. Etre confronté à l'art, c'est ne pas se conforter dans des idées que l'on pense être justes et se laisser interpeller. Je me préoccupe vraiment de la façon dont le public peut accéder aux œuvres. Dans l'équipe, nous avons trois personnes responsables de la médiation et des relations publiques. Nous menons une action sur dix-sept villes, dans des lieux variés : hôpitaux pour autistes, collèges, lycées, universités, associations. Il est capital de conserver un lien entre les œuvres et le public et d'émettre une réflexion sur ce lien : comment la danse se situe-t-elle dans l'espace public et dans l'espace intime ?

Quel est le public du festival ? Y a-t-il une majorité de connaisseurs, comme c'est souvent le cas pour les manifestations de danse contemporaine, ou le public local est-il présent ?



Le festival est connu pour être une plateforme où l'on repère les projets : énormément de programmateurs français et étrangers viennent aux Rencontres. C'est important d'offrir cette visibilité et cette continuité, car la diffusion est vitale pour les artistes : elle permet tout simplement leur existence. Pour l'édition 2008, et c'est ce qui m'intéresse, plus de 1.000 jeunes sont venus, souvent dans le cadre de l'école. Cette année, pour 'The Best and the Worst of Us' de Simone Aughterlony, nous avons 200 jeunes pour chaque représentation, alors que c'est une pièce assez radicale sur la notion de communauté, la singularité d'un individu dans un groupe. Ce travail questionne vraiment des réalités, des comportements sociaux. On sollicite beaucoup les établissements scolaires, mais la demande vient également d'eux, de certains profs motivés qui souhaitent poursuivre la démarche. Nous trouvons des thèmes de réflexion qui peuvent s'inscrire dans les programmes scolaires. Le jour de l'ouverture du festival, nous aurons des élèves de CP présents avec leurs parents à la pièce de Richard Siegal et Arto Lindsay, 'Muscle That May Dream'. J'attends ce moment avec impatience.

Comment réagit le public de Seine-Saint-Denis devant un festival qui prend a priori à contre-pied ce qu'on propose habituellement aux jeunes des zones dites "sensibles" ?

Nous avons une mission vis-à-vis des habitants de Seine-Saint-Denis car nous sommes subventionnés à près de 70 % par le Conseil général. Le département est victime de la paupérisation et des difficultés familiales que l'on connaît. Il est important d'offrir une possibilité d'accéder à une écriture artistique contemporaine. Cela est moins une priorité ici que dans certains milieux. Surtout en Seine-Saint-Denis, les réactions à certaines propositions chorégraphiques sont perceptibles. Il y a encore quelques années, le problème de la nudité sur une scène ne se posait même pas. Aujourd'hui, oui. Le trouble qu'ont les jeunes filles devant la nudité d'un corps n'est pas du tout le même que celui qu'on pouvait ressentir il y a quelques années. C'était plus simple à l'époque, le malaise était moins visible, mois effrayant. Je trouve la régression due aux codes sociaux et religieux très préoccupante. On perd du terrain. Dans le monde, la question du corps est problématique. Il y a une autocensure et une fermeture des idées et de la perception. De même, le clivage est de plus en plus grand entre garçons et filles chez les adolescents. D'où l'importance de notre intervention en milieu scolaire avec des ateliers. Ce travail est loin d'être dérisoire. Les jeunes ont du mal à se toucher : cela traduit un malaise dans les attitudes sociales.


La plupart des artistes présents à l'édition 2009 ont déjà fait une apparition au moins lors d'éditions précédentes. Avez-vous vos artistes "habitués" ?

Pour moi le compagnonnage des artistes est important. Une œuvre s'installe et se développe dans le temps. Une maison d'édition qui aime un auteur publie plusieurs de ses œuvres, l'accompagne, cerne la construction de son travail. A un moment, on a envie de faire confiance aux artistes, de leur offrir la possibilité de continuer leur route. 
»

Le concours chorégraphique international de Bagnolet selon Wikipédia :

« Le Concours chorégraphique international de Bagnolet était un concours annuel organisé par la ville de Bagnolet en Seine-Saint-Denis entre 1969 et 1988. Il permettant aux jeunes danseurs et chorégraphe de se faire connaître internationalement.

Lancé en 1969 par le danseur Jaque Chaurand, le premier concours chorégraphique s'intitule « Ballet pour demain » et réunit cinq candidats. Ils seront plus de cinquante, dix ans après. Ce concours a eu un impact majeur pour la révélation et l'émulation des danseurs et chorégraphes de la nouvelle danse française des années 1980.

Après un arrêt d'un an, le concours renaît en 1990 sous le nouveau nom de Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis et devient biennal. Il est placé sous la direction de Lorrina Niclas, qu'Anita Mathieu remplace en 2002. Les Rencontres deviennent alors un festival de danse contemporaine. »

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