Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Hier soir 28 avril s’est tenue à Bagnolet une réunion d’information municipale sur le projet de communauté d’agglomération de Montreuil, Bagnolet, Les Lilas, Le Pré St Gervais, Pantin, Romainville, Noisy-le-Sec, Bondy, Bobigny.
Note de la rédaction : la photo représente les maires présentEs lors de la conférence de presse tenue le 10 avril à Romainville (voir article de "Tous Montreuil" reproduit ci-dessous.
Le maire et le maire adjoint délégué à l’intercommunalité nous ont présenté, avec M. Ronaï du cabinet Orgeco et M. Escale spécialiste des questions financières, l’état des lieux depuis que les 9 maires se sont mis d’accord pour constituer cette communauté d’agglomération. C’est la bonne taille pour peser » par rapport aux enjeux d’aménagement, d’environnement, d’habitat, de transportt etc. L’interco pourrait se renforcer encore avec l’arrivée de Rosny-sous-Bois et Vincennes (en tout cas, la porte leur reste ouverte).
La communauté d’agglomération sera constituée au 1er janvier 2010 et il restera deux ans jusqu’au 1er janvier 2010 pour définir le projet et les compétences qui seront transférées des communes à l’agglomération.
Cette décision, comme cela a été souligné à juste titre par la tribune, est une décision politique forte qui arrive à point nommé pour faire valoir le rôle des collectivités locales au moment où l’Etat veut mettre en place sa propre vision (centralisatrice) du Grand Paris.
La question de la démocratie et de l’association de la population au projet intercommunal a bien évidemment été abordée. S’il convient de ne pas se faire trop d’illusions sur la volonté réelle, en matière de concertation, de certains élus au regard de leurs pratiques observables à l’échelle communale, il est clair cependant que la confirmation que le conseil de développement (ouvert aux citoyens et aux associations) serait mis en place dès l’automne 2009, est une nouvelle encourageante d’autant que nous disposons de deux ans pour donner un contenu précis à l’intercommunalité.
La création de la communauté d’agglomération revêt une dimension financière non négligeable (dotation interco versée par l’Etat, économies d’échelles, dynamique économique) qui a également été abordé.
D’une manière générale les interventions de la salle, plutôt favorables au processus témoignaient d’une approche plutôt « à reculons ». Si cela peut se comprendre il faut cependant prendre la mesure de l’importance de cette avancée institutionnelle,
Je suis intervenu dans ce débat pour le dire mais aussi pour indiquer mon accord avec les propos de la tribune.
J’ai souligné le rôle déterminant joué par Dominique Voynet (ce qui a suscité des protestations « sur les bancs communistes », mais aussi par Marc Everbecq (Devant les sourires incrédules, j’ai dû préciser que le compliment ne valait pas pour l’ensemble de la gestion du maire …).
Il est clair que sans Dominique Voynet et sans l’apport complémentaire du maire de Bagnolet, l’interco n’aurait pas vu le jour. Quand des élus font preuve d’une telle vision de l’intérêt général, cela mérite, me semble-t-il d’être mentionné.
J’ai bien entendu parlé de la question démocratique et de la nécessité de ne pas créer une bureaucratie éloignée du citoyen. J’ai souligné que les quelques mois entre la fin 2010 et l’année 2011 seraient déterminants pour l’adhésion et la participation des citoyens et l’élaboration partagée d’un projet collectif de qualité.
J’ai conclu en faisant deux propositions écolos :
- Que la communauté d’agglomération prenne comme une de ses compétences l’environnement (cela permettrait de la doter d’uun service disposant de moyens techniques, financiers et humains en matière d’environnement sans commune mesure avec les communes.
- Que la future communauté d’agglo lance un agenda 21 pour fonder son projet intercommunal sur le développement durable. (Au passage, j’ai informé que Plaine Commune venait de lancer son agenda 21)
Il y avait environ 80 personnes. C’était une bonne première réunion, la réflexion ne fait que commencer. A suivre.
Pierre Mathon
Voici, en complément, l’article que le journal « Tous Montreuil » a consacré à la conférence de presse des maires qui s’est tenue à Romainville le 10 avril
« INTERCOMMUNALITE
A l’est, du nouveau
C’est à Romainville, cœur géographique du territoire, que s’est déroulée le 10 avril dernier la conférence de presse annonçant la création de la future communauté d’agglomération réunissant neuf villes de l’est parisien : Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville.
« Faire mieux ensemble que chacun isolément », telle est la volonté affichée des maires qui avaient choisi d’annoncer ensemble la démarche devant mener à la constitution d’une communauté d’agglomération en janvier 2010.
Le dessin de ce nouveau territoire, qui réunira 400 000 habitants, faisant de cette communauté d’agglomération la plus importante d’Ile-de-France, voire, selon Bertrand Kern, Maire de Pantin, de France, est aussi et avant tout un dessein, comme l’a rappelé Corine Valls, Maire de Romainville, puissance invitante et accueillante de ce premier « acte public ». « Dans un pays en crise, une région dans l’expectative, un département en mutation, nous nous devons de chercher et trouver une nouvelle cohérence, à travers une nécessaire approche démocratique », a-t-elle ainsi affirmé, avant de donner la parole à Bertrand Kern, qui s’est quant à lui félicité de constater « une quasi-parité » autour de la table, puisque quatre maires sur neuf sont des femmes.
La belle histoire
« C’est une belle histoire que je veux vous raconter », a-t-il commencé, un brin lyrique, avant d’affirmer qu’un pas décisif venait d’être franchi. «Depuis longtemps, à l’est, nous réfléchissons à un projet de territoire.
Tous, nous avons pris l’engagement auprès de nos concitoyens de former une agglomération, et nous avons entamé ce processus il y a un an. L’ensemble des conseils municipaux de nos villes devront en délibérer entre le 20 avril et le 20 mai. Car cette démarche est ouverte, il faut que tout soit en débat, à la fois sur le plan institutionnel et à travers une démarche participative. »
« Unir nos forces et faire valoir les atouts partagés, pour ne pas subir mais établir une relation d’échange et de partage, non conflictuelle, avec nos grands voisins. »
Un forum ou un blog sur Internet pourrait ainsi s’ouvrir prochainement afin d’offrir une première plate-forme de discussion à l’ensemble des habitants du territoire, avant l’indispensable processus de concertation. Des réunions seront organisées pour discuter et définir les compétences qui seront attribuées à l’agglomération : santé, logement, loisirs, éducation, sport… le choix est vaste, autour ou en complément des compétences obligatoires qui portent sur le développement économique, la politique de la ville, l’aménagement, l’équilibre social de l’habitat.
Il s’agira également de peser sur les choix concernant les projets importants et structurants en matière de transports, bien sûr, avec notamment les prolongements de tramway et de métro.
Pour Dominique Voynet, il s’agit de « répondre aux défis de la période, en changeant d’échelle, pour mieux révéler et accompagner le développement de ce territoire et de sa population ». Une population jeune, riche de sa mixité sociale, loin d’un 93 trop souvent « caricaturé », pour « unir nos forces et faire valoir les atouts partagés, pour ne pas subir mais établir une relation d’échange et de partage, non conflictuelle, avec nos grands voisins ».
Paris Métropole
Les villes de cette future agglomération – dont le nom reste à trouver – ont d’ailleurs choisi également de rejoindre le futur syndicat « Paris-Métropole », afin de développer, avec Paris, d’envisager l’avenir de la capitale et de ses voisins en partenariat. On est loin, très loin, des projets de « Grand Paris » de Christian Blanc, secrétaire d’État ad hoc, qui devrait être dévoilé par Nicolas Sarkozy le 29 avril prochain, et dont on dit qu’il pourrait supprimer les départements limitrophes de la capitale pour n’en créer qu’un seul. Loin aussi des conclusions du Comité Balladur, qui envisage la disparition de certaines régions au profit de « grandes métropoles ». Les neuf communes de cette future communauté d’agglomération envisagent l’avenir autrement : leur territoire est un « bassin de vie ». Ils entendent être plus forts, ensemble, pour rester paradoxalement, à échelle humaine. Tous Montreuil y reviendra.
• Élise Thiébaut »