Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Cette loi votée par le Parlement et signée par le président fait de la femme chiite l'esclave de son mari. Le texte, traduit en anglais, est très explicite. Trop, selon des femmes en colère, qui jugent « embarrassante cette loi aux descriptions très intimes». Selon l'article 132, une femme doit «fournir à son mari tous ses besoins sexuels». L'alinéa 5 organise les rotations régulières entre les épouses, qui peuvent être au nombre de quatre. La femme doit accomplir les tâches ménagères : nul doute que les contrats seront bien ficelés de ce côté-là.
La pression de la communauté internationale et le combat des femmes afghanes auront peut-être raison de l'influent cheikh Asif Mohseni, le fondamentaliste chiite rédacteur de la loi. Hamid Karzaï a reçu une cinquantaine de femmes dimanche. «Il nous a promis la révision du texte avant la fin de son mandat», dit Shinkaï Zahine Karokhail, membre du Parlement. Le président doit recevoir Cheikh Mohseni aujourd'hui. Mais, «pour ne pas perdre les électeurs chiites radicaux, Karzaï va laisser traîner et promettre qu'on retravaillera le texte, prédit un représentant des Nations unies. Il ne peut pas l'annuler avant les élections du 20 août.» Pour l'heure, le candidat à sa propre succession calme le jeu en demandant aux femmes de «rester tranquilles et de lui faire confiance».
Derrière son voile blanc d'écolière, Tahera est une jeune fille en quête d'un avenir meilleur : «Ma mère ne sait même pas qu'elle est malheureuse. Je ne veux pas la même vie qu'elle.» Cette prise de conscience, elle la doit au fondateur du lycée Marefat, Aziz Royesh : «Nous leur donnons des cours d'éducation civique et avons lu la loi avec elles.»
La plupart des Afghanes n'ont pas la chance d'être éduquées. Shinkaï la députée lutte pour les droits des femmes depuis que son mari l'a quittée et lui a enlevé sa fille aînée. Menacée pour avoir osé parler à la presse, elle reconnaît que celles qui défendent le texte n'ont pas le choix.

L'entêtement des hommes est en partie lié à l'histoire du pays. Après trente ans de présence étrangère, toute influence occidentale est mal perçue. «Les radicaux disent que nous sommes sous la coupe des Américains !, s'emporte Diana Saqib, une réalisatrice de 28 ans. Je suis indépendante et afghane ! Mais je veux pouvoir sortir quand je veux pour aller travailler !» D'après l'article 133, «si la femme travaillait avant de se marier et l'a précisé dans le contrat, elle peut continuer une fois mariée» (alinéa 2). Reste que «le mari peut empêcher sa femme d'avoir un emploi qu'il n'approuve pas» (alinéa 3).
Directrice de l'association Global Rights, Wazhma Frigh dénonce les contradictions de la loi. «L'âge du mariage passe de 9 à 16 ans, mais un article permet au “gardien” d'autoriser le mariage d'enfant», explique -t-elle. L'article 100 interdit au mari d'avoir des rapports avec sa «femme prépubère», mais s'il passe outre, il ne doit qu'une compensation financière dite «blood money».
«Aucune femme n'a été consultée», regrette Shinkaï, qui soulève le caractère inapplicable du texte : «Comment le mari va-t-il démontrer que sa femme n'est pas disponible sexuellement ? Avec des policiers dans sa chambre, une kalachnikov à la main ?» "