Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Voici deux informations récentes prises dans le chapitre du site de Greenpeace, (en lien sur notre blog comme il se doit), consacré à la lutte contre les OGM.
Une intéressante étude indépendante américaine :
Le maïs et le soja génétiquement modifiés très controversés en Europe, mais largement utilisés aux Etats-Unis depuis leur commercialisation en 1996, ont peu amélioré les rendements de ces cultures, indiquent des experts indépendants américains dans un rapport publié mardi.
« Jusqu’ici les performances des cultures génétiquement modifiées pour accroître le rendement sont modestes et ce malgré les efforts considérables mis en œuvre » depuis vingt ans, concluent les auteurs de cette étude de l’Union of Concerned Scientist (UCS), groupe indépendant américain de recherche.
Or l’accroissement de la production est le principal argument avancé par les défenseurs des organismes génétiquement modifié (OGM) qui font valoir que ces cultures seront capables de produire plus pour nourrir les populations des pays en développement.
« Aucune culture transgénique n’a permis un accroissement réel du rendement et seul le maïs Bt a montré dans une certaine mesure de plus grands rendements d’exploitation », ajoutent ces chercheurs dont Doug Gurian-Sherman, principal auteur de l’étude qui s’interroge sur la sagesse de consacrer autant d’investissement dans les OGM qui pourraient en outre présenter des risques environnementaux.
Selon les chercheurs de l’UCS, le soja génétiquement modifié pour résister aux herbicides, culture génétiquement modifiée la plus plantée aux Etats-Unis, «n’a pas accru le rendement réel, ni d’exploitation». Ils ont calculé que la contribution du maïs Bt à l’accroissement des rendements depuis sa commercialisation en 1996 n’a été que de 0,2 à 0,3% par an.
Citant des statistiques du Ministère américain de l’Agriculture, l’étude note que la production moyenne de maïs par acre (0,4 hectare) aux Etats-Unis a été de 28% plus élevée de 2004 à 2008 que durant une période comparable de cinq ans entre 1991 et 1995.
Selon une analyse effectuée par les auteurs du rapport seuls 3 à 4% de ce gain est attribuable aux Maïs Bt ce qui signifie que de 24 à 25% du gain de production à l’hectare ou rendement sont attribuables aux autres méthodes d’amélioration des cultures de maïs. Pour le soja transgénique, dont la production moyenne par acre s’est accrue de 16%, les auteurs du rapport ont estimé que le gain attribuable aux OGM était quasi-inexistant.
Enfin ils soulignent que la production moyenne de blé par acre a augmenté de de 13% environ entre ces deux mêmes périodes de référence. Or, il n’y a pas de blé transgénique commercialisé.
Aux Etats-Unis, le soja génétiquement modifié compte pour 90% des superficies cultivées avec cette culture tandis que pour le maïs cette proportion est de 63%.
Les résultats de cette recherche montrent « qu’il est temps d’examiner plus sérieusement les autres techniques de culture disponibles » pour doper les rendements, jugent ses auteurs préconisant de mettre en application les dernières avancées prometteuses en génomique pour améliorer les qualités génétiques des cultures sans recourir aux OGM.
15 avril 2009
AFP - Jean-Louis Santini »

En Europe, la France de moins en moins isolée :
L’Allemagne a annoncé ce mardi qu’elle suspendait la culture du maïs génétiquement modifié MON810 de Monsanto, rejoignant ainsi la France, le Luxembourg, l’Autriche, la Hongrie et la Grèce.
Selon la ministre de l’Agriculture, cette semence OGM peut présenter des dangers pour l’environnement. « Ce n’est pas une décision politique. Elle a été prise dans l’intérêt de l’environnement (…) nous avons mené une étude rigoureuse pour peser le pour et le contre », a-t-elle argumenté au cours d’une conférence de presse. La ministre a notamment expliqué cette décision par « de nouveaux éléments scientifiques », en l’occurence « deux nouvelles études » qui avaient amené le Luxembourg à prendre une décision comparable fin mars.
Ces études mettent en évidence des incidences de la culture du MON810 sur des organismes « non-ciblés », qui n’avaient pas été étudiés jusque-là, a ajouté le responsable des technologies génétiques au Ministère de l’Agriculture, Wolfgang Köhler, citant en exemple les papillons et les coccinelles.
En 2008, 3100 hectares de maïs transgéniques ont été cultivés en Allemagne, et pour 2009 des cultures sur 3.700 hectares avaient été autorisées, soit environ 0,2% de la surface de maïs cultivée dans le pays. En 2007, l’Allemagne avait déjà interdit la vente des semences de maïs Mon810 pour la culture, estimant que Monsanto n’avait pas fourni un plan de surveillance suffisant. L’Allemagne avait levé l’interdiction, fin 2007, estimant alors que le nouveau plan proposé par Monsanto était satisfaisant.
Greenpeace se réjouit de cette décision. « Six pays ont maintenant pris une clause de sauvegarde pour des raisons environnementales, explique Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. La Commission européenne doit prendre acte de cette opposition et refuser de ré-autoriser ce produit mal évalué et potentiellement dangereux ! Pourquoi s’obstine t-elle dans un combat d’arrière-garde ? A l’exception de l’Espagne, tous les principaux cultivateurs de maïs en Europe ont interdit le MON 810. »
14 avril 2009 Avec AFP»

Rappel de la position de GREENPEACE :
« Greenpeace s'oppose à la culture d'OGM en plein champ car elle conduit inévitablement à la dissémination des OGM dans l'environnement et à leur introduction dans la chaîne alimentaire. Toutefois, Greenpeace ne s'oppose pas à la recherche en milieu confiné, ni à la fabrication de médicaments ou d'autres substances, à l'aide de micro-organismes génétiquement modifiés, tant que leurs conditions de confinement sont efficaces. »