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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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G20, OTAN : penser le changement ou changer le pansement ?


Pour votre information, nous publions ci-dessous l’éditorial de Noël Mamère paru sur son blog en début de semaine :

« Penser le changement ou changer le pansement ?

Les puissants de ce monde vont donc se rencontrer deux fois cette semaine. Le premier rendez-vous aura lieu à la City de Londres où ils se pencheront sur la crise financière et économique ; l’autre à Strasbourg, à l’occasion du sommet de l’OTAN où le président Sarkozy officialisera le retour de notre pays dans le commandement intégré de l’organisation atlantique. Les deux villes, transformées en camps retranchés pour contenir les altermondialistes, abriteront les conciliabules intéressés d’un groupe d’hommes et de femmes qui prétendent régenter la vie de milliards d’individus.

Confrontés à la première crise socio-écologique de l’histoire, ils sont dans l’obligation de trouver des réponses crédibles. Il est significatif que les deux évènements se déroulent à deux jours d’intervalles. Cette temporalité entérine l’évidence que le militaire, comme toujours, n’est que le prolongement de la politique par d’autres moyens. De même que la crise de 1929 s’est prolongée dans la seconde guerre mondiale, celle d’aujourd’hui aura nécessairement - je le redoute - des traductions militaires. « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage » disait Jaurès. Aujourd’hui, cette réflexion devrait servir de viatique à la gauche : les guerres du pétrole, du gaz, de l’eau, les guerres climatiques, ethniques, sont devant nous. Les menaces terroristes ne sont que l’arbre qui cache la forêt de ces guerres asymétriques qui se préparent à l’ombre de la convergence des crises. Que l’OTAN apparaisse comme le rempart d’un groupe de puissances refusant un Etat de droit international où l’ONU jouerait le rôle majeur, en dit long sur le type de gouvernance mondiale qui se profile. On s’achemine vers un G8 élargi, où le FMI réformé jouer le rôle de Ministère des Finances, l’OMC de Ministère du commerce inéquitable, la Banque Mondiale de Ministère de l’économie et des affaires sociales, l’OTAN de Ministère de la défense et de l’Intérieur de ce nouvel ordre international.

Deux acteurs ne seront pas présents aux agapes de nos Maîtres du monde : les pauvres et la nature ; ils n’ont pas de représentation politique. Sans représentation pas de droit, donc pas de contrat social et politique possible. Même si la puissance des pauvres existe potentiellement et s’exprime régulièrement dans la multiplicité des résistances, dans les savoir- faire de subsistance, dans les émeutes de la faim, les grèves, les manifestations ou les Forums Sociaux, elle ne parvient pas à se transformer en une force motrice du changement social. Qui représente les 800 millions de paysans pauvres chinois ou les deux cent millions de pauvres urbains ? Qui représente les centaines de millions d’Indiens, d’Africains... ? La nature, elle, n’a pas de droits, sauf celui d’être brutalisée et dévastée par la folie des hommes. Par définition, la nature ne négocie pas. Elle s’exprime par la disparition des espèces et le réchauffement climatique, la rareté des ressources. Ceux qui prétendent négocier des droits à polluer le font entre eux, mais pas avec elle. Dans les deux cas, pour les pauvres comme pour la nature, démonstration est faite de l’impuissance du capitalisme à se réguler sans révolution... Mais une révolution de nos modes de vie et de consommation, de production, de déplacements, de notre manière de vivre ensemble : une révolution du bien commun, non violente et démocratique. Seule l’alliance des pauvres et des défenseurs de la planète peut porter un tel projet de justice sociale et environnementale. Et certainement pas ceux qui, à l’instar de Sarkozy, voudraient nous faire croire que les mauvaises pratiques, la prédation, le pillage et la spéculation ne sont que le résultat d’une faillite morale de quelques-uns, que la cupidité, l’égoïsme et la rapacité des patrons voyous, des spéculateurs fous et des affameurs ne sont qu’une question d’éthique personnelle. Les Madoff, Kerviel ou les patrons "stock options" ne sont pas des exceptions à la règle. Les patrons qui licencient et se goinfrent de bonus et d’indemnités ne le font pas par plaisir pervers, leurs pratiques sont intimement liées à un système qui est au service exclusif de l’argent, du profit, une machine qui ne peut pas se réformer sans une transformation complète de son modèle de développement. Le libéral-productivisme peut bien chercher une issue dans le capitalisme vert, mais verdir un tel système ne se fait pas par des déclarations d’intention. Un "new-deal écologique" ne peut se faire sans planification écologique et démocratique, à partir des territoires, sans monnaie commune rompant avec la domination du dollar, sans conversion écologique de l’industrie, sans remboursement de la dette écologique aux pays du Sud, sans décolonisation économique et culturelle, sans désarmement multilatéral, sans reconnaissance de la souveraineté alimentaire, sans en finir réellement avec tous les paradis fiscaux .... Ce ne sont pas ces questions qui seront à l’ordre du jour des sommets de Londres et de Strasbourg. Au lieu de penser le changement, une fois de plus on changera de pansements. Que le sparadrap soit vert, bleu ou rose, il n’arrêtera pas la course vers l’abîme. Avec Berlusconi, Sarkozy et Obama en "guest star", le film sera en haute définition, diffusé en direct sur Internet et sur CNN. Il fera peut-être rêver les propriétaires de La Tribune, des Echos, de TF1, il répandra de nouvelles illusions dans les chaumières, mais il n’arrêtera pas de grandes décisions, j’en prends le pari. Plus dure sera la chute.

Noël Mamère, le 30 mars 2009

P.S. 1 - « J’ai la banane ». L’autre jour, notre Président, entre un week-end matrimonial et "bling-bling" à Acapulco, et une tournée en Françafrique, a reçu sur son SMS le chiffre du chômage de février : 80.000 chômeurs de plus. Je ne sais s’il y a une relation de cause à effet mais, si les salariés de ce pays sont dans les choux, notre président a la pêche et "la banane". Incroyable mépris pour les millions de gens qui n’arrivent plus à boucler les fins de mois, incroyable désinvolture pour les 2 millions 300.000 chômeurs, pour les ouvriers de Continental, d’Heuliez et les centaines de plans de licenciements en cours. Le discours qu’il a prononcé à Saint Quentin était un modèle du genre. L’autosatisfaction une heure durant. Tout va bien puisque je suis là ; tout va bien puisque je conduis les affaires des Hauts-de-Seine jusqu’au Mondial des riches, le G20 ; Tout va bien puisque je vous protège, électeurs de droite, et que les autres, les gréviculteurs, les manifestants, les fonctionnaires, la "minorité bruyante", je vais les mettre aux pas. Tout va bien, puisque je ne me suis jamais trompé. Aux patrons voyous, je leur demande de s’autoréguler. Aux salariés, aux précaires et aux chômeurs, je leur demande de se serrer la ceinture. Avec, au milieu, un clin d’œil aux écolos, grâce à la fausse carte carbone et un peu de croissance verte, un clin d’œil aux rocardiens dont on envoie le chef historique ausculter la banquise... Tout changer pour ne rien changer. Sarkozy, égal à lui-même , a retrouvé ses accents de campagne. Comme je ne peux rien faire contre la crise, feignons de diriger des évènements qui nous échappent. Pourtant, le lendemain, le Président a relevé le défi de la crise : Recevant ses amis de la majorité, il a ajouté à son discours de combat un "j’ai la banane" ahurissant qui fera plaisir aux millions de français menacés dans leurs emplois et leur niveau de vie. La "banane" est un médicament fruiteux qui protège du chômage et de la misère. Gardez le moral , mes frères et sœurs en Sarkoland !

P.S. 2 - Un évêque qui vous veut du bien : L’évêque d’Orléans ajoute sa pierre à la tartufferie vaticane. Voilà qu’il commente "scientifiquement" les dangers de la capote pour venir au secours de Benoît XVI. Comme souvent à Orléans, on entend des voix, l’évêque a entendu celle "d’experts" qui prétendaient que la capote laissait passer les spermatozoïdes. Il est vrai que, comme la théologie reconnaît les miracles et que Dieu a modelé la terre en 7 jours selon les créationnistes, l’Eglise doit pouvoir donner son avis sur tout. Mais cette église là commence à ressembler furieusement à l’URSS de Staline qui voyait les tomates socialistes pousser dix fois plus vite que les salades capitalistes. Ce bon vieux Jdanov a troqué la faucille et le marteau contre la croix et le goupillon.

P.S. 3 - Le Pen commence à faire vieux. Comme personne ne parle plus de lui et que Sarkozy lui a volé son électorat, il recourt une fois de plus aux vieilles recettes antisémites et négationnistes du "détail de l’histoire". Comme toutes les rengaines, ça peut marcher jusqu’au jour ... où ça ne marche plus. Cela ne sauvera pas le FN des poubelles de l’histoire pas plus que l’utilisation indécente sur des affiches de la figure de Jaurès par Louis Alliot, secrétaire général du FN. Jaurès a été tué par un assassin armé par la campagne haineuse des politiciens nationalistes dont Le Pen et sa clique sont les héritiers.

P.S. 4 - La semaine dernière, je me félicitais du nouveau statut des beaux-parents qui autorisait une avancée pour l’homoparentalité. Peine perdue. Christine Boutin a pour le moment remporté son match contre Nadine Morano. Le projet de loi est ajourné. La droite, même sarkozienne, ne donne pas dans la modernité. Sa base est constituée aussi par la fraction la plus réactionnaire de l’électorat. Or en période de crise, la droite, contrairement à la gauche, ne brade pas les intérêts de sa base. Les parents gays et lesbiens attendront. »

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