Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Abus de pouvoir, appel à la délation, audiovisuel etc. les Verts s’expriment !
« La dénonciation est-elle un devoir républicain ?
Edito du lundi 2 mars 2009
Le fond de l’air n’est plus très frais. À Auxerre, le 3 février, Monsieur Dos Santos, de nationalité angolaise, accompagné par un responsable d’Emmaüs, se présente sur convocation de la caisse pour retirer son attestation d’Aide médicale de l’Etat (AME). Sous prétexte de vérification d’identité, l’agent de ladite caisse téléphone à la préfecture, qui lui demande de saisir le passeport du bénéficiaire et de le faire patienter au guichet... Jusqu’à ce que la police déboule dans les locaux de la caisse et procède à l’arrestation du malheureux qui est aussitôt placé en rétention, avant d’être libéré quelques jours plus tard en raison de la gravité de son état de santé. Interpellé par la Cimade sur ce qui ressemble à une volonté d’humiliation, le directeur de la caisse revendique cette procédure, au nom du « professionnalisme » et indique que son agent aurait agi « sans zèle, ni faiblesse ».
Deux jours plus tard, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Eric Besson, signe une circulaire incitant les clandestins à dénoncer leurs passeurs en échange d’un titre de séjour provisoire. Devant le tollé soulevé par le texte, le même Eric Besson déclare le 11 février : « il n’y a que des élites tordues pour parler de délation. Il faut être tordu pour sortir ce langage de la deuxième Guerre mondiale. Le peuple, lui, comprend bien qu’il y a des victimes et des bourreaux »... Si quelques collègues de l’actuelle majorité tentent de sauver l’honneur de la droite républicaine, comme le député UMP, Jean-Pierre Grand, proche de Dominique de Villepin, qui a déclaré : « Après avoir quitté le PS, ce n’est pas l’UMP que Besson devait rejoindre. C’est au Front national qu’il devrait adhérer ! », ils ne sont malheureusement pas très nombreux à dénoncer cette dérive dangereuse de leur camp.
Le 14 février, Frédéric Lefebvre, l’inénarrable porte-parole de l’UMP, vient au secours du nouveau converti, en assurant d’un air martial : « La dénonciation est un devoir républicain ». Manque de culture historique ? Dérive idéologique ? Recherche désespérée d’un électorat perdu du Front National ? Dans toutes les hypothèses, de tels propos sentent mauvais ; ils sont indécents, viles et méprisables. Ils sont dangereux, bien sûr, parce qu’ils prennent le risque d’aller chercher des boucs-émissaires chez les plus vulnérables. En fait, ils s’inscrivent dans la logique de ce que Sarkozy avait dit, à Agen, le 22 juin 2006 et qu’il est utile de rappeler ici et maintenant : "A ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu’eux mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout tout de suite sans rien faire, ceux qui au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie préfèrent chercher dans les replis de l’histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard...Ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires... ceux qui n’aiment pas la France, ceux qui exigent tout d’elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu’ils ne sont pas obligés de demeurer sur le territoire national". Tout est dit. Déjà. Deux ans plus tard, Besson comme Lefebvre utilisent la même réthorique. Pour se défendre, ils jouent sur les mots, en voulant nous faire croire que la dénonciation serait l’opposé de la délation. Elle serait un devoir civique et plus encore, une expression populaire légitime visant à protéger la liberté du citoyen et à sauvegarder la souveraineté démocratique. Foutaise ! L’épisode d’Auxerre le montre clairement : Nous avons affaire à une xénophobie d’Etat qui, à coup de circulaires, de décrets et de lois iniques, encourage à la dénonciation et à une forme de maccarthisme qui n’ose pas dire son nom.
Difficile, dans ces conditions, de ne pas sentir un fort remugle du sinistre épisode vichyssois où la dénonciation et la délation étaient les règles de l’Etat Français. Comparaison n’est pas raison, et nous ne prétendons pas que le fascisme s’installe peu ou prou dans le pays, mais il faut savoir crier au loup avant qu’il ne soit trop tard.
Nous entrons dans une période de récession où tous les dangers peuvent se réveiller, surtout quand le chômage vire à la catastrophe : 90. 000 chômeurs pour le seul mois de janvier 2009, c’est du jamais vu depuis 1945. L’urgence sociale est telle que certains, désemparés face à l’ampleur de la crise, sont tentés de parer au plus pressé en recourant aux procédés qui ont fait leur preuve depuis les années trente. En 1937, dans son petit livre "Retouches à mon "Retour de l’U.R.S.S.", André Gide remarquait déjà : « Un excellent moyen d’avancement, c’est la délation. Cela vous met bien avec la police, qui tout aussitôt vous protège, mais en se servant de vous, car une fois que l’on a commencé, il n’y a plus d’honneur ou d’amitié qui tienne, il faut marcher ». C’est une forme d’opportunisme et de corruption morale que l’on retrouve de manière récurrente dans l’histoire.
Les mots sont importants, ils peuvent blesser et tuer. De nos jours ils s’insinuent dans les interstices de la vie sociale, minant la pensée démocratique. Comment rester taisants devant la naissance d’une xénophobie d’Etat qui transforme le citoyen en délateur, qui légitime ce que le langage populaire qualifiait de "mouchard", "balance", "donneur", "indic" ? Judas est réhabilité au nom de la crise, de la lutte contre l’autre, le clandestin, le proscrit, le sans -papier, l’étranger.
Pour le sans-papier qui travaille à rembourser une dette, souvent collective, il est presque impossible de dénoncer son passeur. Quelle garantie a-t-il lui, et sa famille resté au pays, d’être protégé ? Pour des personnes qui, elles, ne craignent rien, comme des fonctionnaires de base, la délation peut devenir un moyen de promotion "au mérite" devant leur hiérarchie. Dans tous les cas , c’est une perte de sens moral ; on a pas le droit d’obliger des fractions de la population, protégées ou non, à se compromettre de cette manière.
Le premier facteur de clandestinité des sans-papiers, c’est l’interdiction qui leur est faite par l’Etat de se déplacer sans y avoir été autorisé. Quant aux conditions qui rendent possible l’immigration, dite clandestine, elles résident dans le travail non protégé. Les récentes grèves de sans-papiers démontrent ce que tout le monde savait : des secteurs entiers de l’économie fonctionnent en grande partie grâce à la fraude et au travail illégal. Jamais l’Etat et ses institutions ne se sont attaqués de manière conséquente aux employeurs bafouant la légalité et la législation du travail. On compte seulement 427 inspecteurs du travail et 813 contrôleurs pour défendre le droit de 7,8 millions de salariés qui, pour la plupart, travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, c’est-à-dire celles qui emploient la majorité des sans-papiers. L’Etat veut-il régler cette question ? Il est évident que non. Il se sert toujours de l’immigration comme d’un prétexte pour cacher son impuissance et son choix de soutenir les privilégiés de la crise. Voilà pourquoi Monsieur Lefebvre doit être classé dans la catégorie des salopards. La dénonciation des plus pauvres et des plus vulnérables est une insulte à la République.
Noël Mamère, le 2 mars 2009.
PS/1. La république du mépris : Jacques Séguela est un homme de communication qui aime se lâcher. Après avoir inventé « la force tranquille » , le slogan de campagne de François Mitterrand, il est devenu le marieur officiel de la République en jouant les "go-beetween" entre Carla et Nicolas. En homme de cour, il défend tous les présidents. Cela donne aujourd’hui : "Tout le monde a une Rolex. Si à 50 ans , on n’a pas une Rolex, c’est qu’on a raté sa vie". Vous en avez une Rolex, vous ? Moi, pas. Nous avons donc raté notre vie ? Le mépris des élites en période de crise n’a d’égal que l’écoeurement dans lequel leur vision du monde nous plonge.
PS/2 : Le VRP du nucléaire "vend" quatre réacteurs nucléaires à son ami Berlusconi. L’Italie qui avait abandonné le nucléaire depuis vingt ans se tourne vers la forteresse des nucléocrates. En réalité, Sarkozy ne vend souvent ... que du vent. En Italie, un accord du même type avait déjà été signé quelques années auparavant , de même qu’aux Etats-Unis ou en Chine. En réalité, ce sont des effets d’annonce, très vite démenties par les faits... Sauf en Finlande, où la construction de l’EPR se révèle si coûteuse que sa continuation en devient problématique. Ces annonces successives ne sont pas souvent suivies d’effet et Areva serait même dans le rouge. En fait , ce que notre président diffuse le plus, c’est l’idée de la dissémination du nucléaire. De la Lybie à la Chine, le VRP parcourt le monde comme un Docteur Folamour. »
« Arrestations de 6 militants anti-pub : s’exprimer peut nuire gravement
Réaction presse de Cécile Duflot du 2 mars 2009
Ce week-end, six militants anti-pub ont été placés en garde-à-vue pendant plus de 20 heures pour avoir barbouillé trois panneaux publicitaires. Alors qu’ils demandaient le respect des lois sur l’affichage, ils se trouvent victimes d’une répression démesurée, qui tend à s’étendre dans notre pays. Mercredi, une bénévole de 59 ans qui donnait de la nourriture et rechargeait des portables de sans-papiers a, elle aussi, passé dix heures en garde-à-vue. L’arrestation de Vittorio De Filippis, ex-directeur de publication de Libération est encore dans toutes les mémoires. Julien Coupat est en prison depuis plus de cent jours, malgré la faiblesse des preuves le concernant.
La contestation du pouvoir en place est-elle encore permise ? Comment six militants résistant à l’agression publicitaire ont-ils pu être détenus pendant vingt heures pour avoir barbouillé trois panneaux publicitaires ? Cette disproportion exige des explications rapides de la part du Ministère de l’Intérieur.
Entre 2001 et 2007 le nombre de garde-à-vue a augmenté de 67%. Cette hausse affolante, qui n’est pas liée à une meilleure efficacité policière, est clairement un échec de la politique répressive menée ces dernières années. La garde-à-vue n’est pas un acte banal et anodin. C’est une privation de liberté grave. Dans un État de Droit, elle ne doit pas se transformer en mesure de rétorsion contre toute forme de contestation pacifique.
La politique du chiffre a montré ses échecs. Le but de la police est-il encore de lutter contre le crime ou d’augmenter artificiellement le nombre de garde-à-vue ? Les policiers ne sont pas destinés à réprimer les citoyens, mais à les protéger. La Ministre de l’Intérieur doit prendre ses responsabilités ; elle doit imposer leur limitation en les réservant aux cas indispensables et mettre fin aux atteintes injustifiées à nos libertés. Les conditions de ces garde-à-vue doivent également être revues pour respecter enfin nos droits fondamentaux. »
«Le conseil constitutionnel doit sanctionner la loi sur l’audiovisuel
Communiqué de presse du 1er mars 2009
Le Conseil constitutionnel, saisi par la gauche parlementaire va se prononcer lundi prochain sur la validité de la loi réformant l’audio visuel public.
Les Verts appellent les membres du conseil à sanctionner la loi car on demande aux sénateurs de délibérer alors qu’elle est déjà mise en ouvre. Au delà de la procédure, c’est le contenu de la loi qui doit être sanctionné.
Sur la voie de Berlusconi, M. Sarkozy essaie d’avoir la main mise sur tous les médias, notamment audiovisuels et de favoriser les chaînes de télévision privées au détriment de France télévision notre chaîne publique.
La nomination et la révocation par le gouvernement du président de France Télévision est un retour en arrière démocratique et culturel.
La télévision publique ne doit pas être au service du chef de l’Etat, du gouvernement et de son clan mais au service de tous les citoyens. Elle doit être indépendante, libre et avoir les moyens de fonctionner.
On assiste à un véritable recul des libertés publiques en France : action militante criminalisée, fichage, remise en cause du droit de manifester, chasse aux sans papier, restriction du droit de grève. Et maintenant la télé publique qu’on veut museler !
Les Verts espèrent que les sages du Conseil Constitutionnel réagiront fermement et invalideront la loi sur l’audiovisuel.
Djamila Sonzogni, Jean-Louis Roumégas, porte parole»