Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Bluff commercial ou triste réalité, l’accord entre Sarkozy et Berlusconi sur la vente de quatre réacteurs nucléaires est scandaleux.
Nous publionsci-dessous, en les illustrant avec des photos de trois manifestations anti-nucléaires auxquelles les Verts de Bagnolet ont participé, les communiqués des Verts et du réseau sortir du nucléaire.
(Il s'agit des manifestations d'avril 2006 à Cherbourg, de mars 2007 à Lille et de juillet 2008 à Paris).
Les Verts :
« SARKOZY VRP d’AREVA
Communiqué de presse des Verts du 26 février 2009
Suite à l’accord signé par L’Italie avec la France pour la construction de quatre centrales nucléaires de type EPR mardi 24 février, les Verts ne peuvent que regretter la décision italienne alors que ce pays refuse le nucléaire depuis plus de 20 ans. Ce pays avait fait la preuve qu’un Etat du G8 pouvait fort bien se passer du recours à l’atome.

Les Verts constatent une fois de plus que le nucléaire ne peut que s’imposer dans des pays qui refusent tout débat démocratique. Après la Lybie, la Chine, l’Italie berlusconienne en est un triste exemple. Quant à la France, la décision de construire l’EPR sans débat, sans concertation n’est que la poursuite d’une tradition nucléaire qui relève depuis toujours directement du chef de l’Etat, sans aucune procédure de décision démocratique. Mais c’est pire avec Nicolas Sarkozy, véritable vrp d’une prolifération nucléaire mercantile et sans complexe, au mépris des risques civils et militaires.
Cet accord met en évidence que le nucléaire aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la fourniture d’énergie, ou avec la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Il ne s’agit plus que de profits, d’exportation, de soutien à des industries en manque de commandes fermes. Mais la France acceptera-elle la responsabilité des contaminations qui ne manqueront pas de se produire ? La France acceptera-elle la responsabilité des milliers de tonnes de déchets radioactifs pour des milliers d’années que ces accords commerciaux vont générer ?
Aujourd’hui Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, annonce elle-même un soutien financier de l’Etat. Le nucléaire qu’on nous présente comme bon marché ne peut donc exister sans l’apport massif de l’argent des contribuables ? Et la facture va s’alourdir quand il faudra enfin dépolluer les centaines de sites des résidus des mines d’Uranium qui jonchent le territoire français, quand il faudra gérer pour des siècles les déchets des centrales ou quand il faudra démanteler les sites en fin de vie.
Tout cet argent public serait mieux employé à développer les économies d’énergie, l’isolation des bâtiments et les énergies renouvelables. Et cela créerait beaucoup plus d’emplois à l’heure où le chômage s’aggrave dangereusement.
Mais l’emploi et l’environnement semblent compter beaucoup moins pour Nicolas Sarkozy que les profits d’AREVA !
Jean-Louis Roumégas, Djamila Sonzogni, Porte-paroles »
Le Réseau Sortir du Nucléaire :
«Communiqué du 24 février 2009 de SORTIR DU NUCLEAIRE
Accord nucléaire Sarkozy-Berlusconi : le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce un nouveau coup de bluff
- La France n'a exporté qu'un réacteur (à la Finlande, qui s'en mord les doigts)
- M. Sarkozy n'a réellement vendu des réacteurs nucléaires… qu'à la France !
Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce la politique des "effets d'annonce" développée depuis des mois par M Sarkozy qui, lors de ses déplacements à l'étranger, laisse croire que des réacteurs nucléaires (de type EPR) ont été vendus. Ce mardi, c'est avec son homologue italien Berlusconi - tout aussi pro-nucléaire… et tout aussi bluffeur - que M Sarkozy va tenter de conforter la fiction d'une industrie nucléaire française triomphante.
En réalité, la crise économique mondiale compromet la plupart des projets nucléaires annoncés ces derniers mois : le nucléaire nécessite de très lourds financements pour un retour sur investissement 25 ou 30 ans plus tard : une éternité pour un marché qui (sur)vit au jour le jour.
La politique d'effets d'annonce de M Sarkozy a pour objectif donner de la "légitimité" à la construction de réacteurs EPR… en France : celle-ci aurait bien raison d'en construire elle-même puisque de "nombreux" pays se bousculeraient pour lui en acheter. Or, la France n'a vendu qu'un seul EPR, en décembre 2003, à la Finlande. Cette dernière s'en mord d'ailleurs les doigts : le chantier compte à ce jour 38 mois de retard et 2,5 milliards d'euros de pertes que, légitimement, les Finlandais comptent bien faire payer… aux Français.

Lors des déplacements à l'étranger de M Sarkozy, de simples "mémorandum d'entente" ou "accords de coopération" ont été signés et n'engagent absolument à rien, bien qu'il y soit souvent fait mention de l'éventualité de construire des réacteurs EPR. Libye, Algérie, Maroc, Abou Dhabi, Arabie Saoudite, Jordanie, Afrique du Sud, Estonie, etc : autant d'annonces pour - c'est heureux - des réacteurs parfaitement virtuels. Déjà, l'Afrique du Sud a annulé, début décembre, les 12 réacteurs qu'elle prétendait construire.
Le 4 février dernier, l'Elysée a célébré la supposée "vente" de deux EPR à l'Inde. En réalité, un simple mémorandum qui n'engage à rien. De même, les deux EPR "vendus" à la Chine en novembre 2007 restent à l'état de projet. Quelques travaux de terrassement ont bien eu lieu mais aucune construction n'a été amorcée.
En Grande-Bretagne, EDF a dépensé 15 milliards juste avant la crise mondiale pour racheter British energy… qui en vaut trois fois moins aujourd'hui. Et aux USA, EDF a déboursé 5 milliards pour acquérir 50% des activités nucléaires de Constellation, entreprise en très grande difficulté. Surendettée, EDF doit juste… trouver des milliards pour construire des réacteurs. Or Londres ne donnera pas une livre et, aux USA, le plan de relance d'Obama a attribué… zéro dollar d'aide au secteur du nucléaire qui espérait 50 milliards !
En fait, M Sarkozy a bien vendu un réacteur EPR… à la France ! Fort de ce "succès commercial", il envisage désormais trois EPR pour la France, en comptant celui de Flamanville (Manche) dont le chantier accumule les déconvenues. L'Italien Enel peut bien signer ce mardi avec EDF un accord pour prendre 12,5% des parts des "prochains EPR". Il est légitime d'espérer que cela fasse 12,5%...de rien !
Comme tous les pays de l'Union européenne, la France et l'Italie ont des objectifs fermes à atteindre en matière d'énergies renouvelables (20% en moyenne en 2020). Investir dans le nucléaire, énergie non renouvelable, empêchera d'atteindre ces objectifs et entraînera de lourdes amendes de la part de Bruxelles... »