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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Le bluff nucléaire de Sarkozy


Le gouvernement vient d’annoncer la vente de plusieurs réacteurs nucléaires « nouvelle génération » (« EPR ») à l’Inde.

Au-delà de l’inquiétude suscitée par cette annonce en termes de risques (Tchernobyl, déchets radioactifs pour des milliers d’années …) et de coûts financiers (les dérives du coût d’installation, déjà constatées en Finlande et à Flamanville, seront à la charge du budget de la France), il semble que cette annonce soit aussi un coup de bluff destiné à créer un rideau de fumée face à la crise.

C’est ce que montre le communiqué de Sortir du nucléaire daté du 04 février 2009.

Pierre Mathon
« Annonce de la vente de 2 à 6 réacteurs EPR à l'Inde : le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce un coup de bluff

- Un simple "protocole d'accord" signé par Areva à New Dehli
- Beaucoup d'effets d'annonce mais en fait un seul EPR exporté
- Des coups de bluff pour "justifier" la vente d'EPR… à la France
- L'Inde renforce au passage son statut dérogatoire offert par Bush

Le Réseau "Sortir du nucléaire" conteste les effets d'annonce sur de supposées ventes de réacteurs nucléaires à des pays étrangers, comme la supposée vente mercredi 4 février de deux à six EPR à l'Inde. En réalité, il ne s'agit que de la signature d'un protocole d'accord qui n'engage à rien. Le nucléaire exige d'énormes investissements financiers pour une production d'électricité huit à dix ans plus tard et un retour sur investissement 30 ans après. De tels investissements, déjà difficiles à programmer avant la crise financière mondiale, sont encore plus improbables aujourd'hui.



Quelle est la situation actuelle des réacteurs EPR ?

- Un seul EPR a été exporté, en Finlande, laquelle s'en mord les doigts - lancé en février 2005, le chantier compte 38 mois de retard à ce jour - et demande 2,4 milliards d'euros de pénalité qui seront payés… par les Français. Vendu 3 milliards d'euros, ce réacteur coûte donc en réalité 5,4 milliards… en attendant de nouveaux surcoûts.

- Un EPR a été vendu… à la France. Situé à Flamanville (Manche), le chantier de ce réacteur, lancé en décembre 2007, compte déjà près d'un an de retard et son prix est passé de 3,3 milliards à 4 milliards, mais tout pousse à penser qu'il coûtera lui aussi 5 ou 6 milliards… ou plus.

- Deux EPR supposés vendu à la Chine restent à ce jour à l'état de projet. Seuls des travaux de terrassement ont eu lieu fin 2008 sur le site de Taishan. Mais, alors que la crise économique mondiale frappe la Chine comme les autres pays, il est fort possible que ces réacteurs ne voient jamais le jour.


Tous les autres EPR annoncés restent à ce jour parfaitement virtuels :

- Grande-Bretagne : EDF a dépensé une fortune (15 milliards) pour racheter British Energy … juste avant la crise mondiale. Il reste "seulement" à trouver l'argent pour construire des EPR...

- USA : idem, EDF a payé le prix fort (5 milliards) pour racheter 50% des activités nucléaires de l'américain Constellation, tombé dès le début de la crise dans l'escarcelle du milliardaire Buffet, lequel l'a revendu au prix fort à EDF. Là aussi, il reste "seulement" à EDF à financer des EPR…

- Afrique du Sud : le Figaro titrait le 15 septembre 2008 "Contrat géant en vue pour Areva". Au menu, deux EPR puis 10 autres ensuite. Or, le 5 décembre, l'Afrique du Sud… a annulé tout ses projets nucléaires.

- Reste du monde : Libye, Maroc, Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Niger, etc : de nombreux voyages de M Sarkozy, mais aucun EPR en vue malgré les effets d'annonce...



Pourquoi tant d'effets d'annonce alors que la vérité finira bien par apparaître ?

En laissant croire que de nombreux réacteurs EPR sont vendus à l'étranger, les dirigeants politiques et industriels français donnent le sentiment que l'industrie nucléaire française est efficace et que la construction d'EPR en France est justifiée. C'est ainsi que la France vend des EPR… à la France. Flamanville (Manche), Penly (Seine-Maritime), et peut-être un troisième annoncé sous peu par l'Elysée. C'est une course de vitesse qui consiste à construire des réacteurs en France avant que l'opinion publique ne s'aperçoive que la plupart des autres pays se sont détournés de l'atome...


Quel est l'intérêt de l'Inde à participer à ce coup de bluff ?

N'ayant pas signé le Traité de non-prolifération, l'Inde est théoriquement exclue de toute transaction nucléaire. Dans ses dernières semaines, l'administration Bush a opéré diverses manœuvres et pressions pour que l'Inde obtienne des dérogations de la part de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du GFN (Groupe des fournisseurs nucléaires), au détriment de la lutte contre la prolifération nucléaire. Mais ce nouveau statut est précaire et pourrait être remis en cause par l'administration Obama. En signant un protocole d'accord avec Areva, l'Inde renforce sa position et tente de rendre irréversibles les dérogations dont elle bénéficie.

Mais cela ne signifie pas que l'Inde achètera vraiment des EPR à la France... »
Nous reviendrons prochainement sur la récente décision de construire un réacteur nucléaire en France, en Seine Maritime à Penly, décision insensée de Sarkozy, applaudie des deux mains notamment par le PCF.
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