Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Brice Hortefeux contraint de reculer sur la réduction drastique (moins 42%) des crédits du planning familial ?
C’est ce qu’indique la déclaration qu’il vient de faire ce mercredi 4 février devant les députés. Il s’est en effet engagé à maintenir l’effort budgétaire qui lui est dédié. «Je m’engage à maintenir l’effort budgétaire permettant au Planning familial d’assurer ses missions et je vais plus loin, si cela s’avère nécessaire, je m’engage à abonder telle ou telle ligne de crédits», a assuré le nouveau ministre du Travail et de la Famille, répondant aux inquiétudes de l'association.
Depuis plusieurs semaines en effet, le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) dénonce la diminution des aides de l’Etat au conseil conjugal et familial. «Un tiers de nos 70 associations départementales risquent de disparaître» avait notamment averti Claire Ricciardi, présidente du Planning marseillais, le 27 janvier lors d’une manifestation nationale.
Pour plus de sécurité nous vous invitons à continuer à signer la pétition du planning familial
http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neuwirth/
Nous publions ci-dessous l’article de Caroline Fourest et Fiametta Venner dans Charlie hebdo du mercredi 4 février qui dénonce la réduction annoncée des crédits, mais qui élargit aussi la réflexion.
Hélène Zanier
« Pas de plan de relance pour le Planning familial
En diminuant de 42 % les crédits du conseil conjugal et familial, l’État se risque à devoir payer une facture drôlement salée en termes de vivre-ensemble, de santé, de droits des femmes, de laïcité et même de déficit public.
On croyait tout connaître du libéralisme prédateur : démantèlement du service public, précarisation des salariés … Le désengagement de l’État a un autre revers : faire un cadeau aux intégristes en cassant le dos de ceux qui se battent au quotidien pour le droit à l’éducation à la sexualité. Dans le plan de finances 2009, le budget alloué aux missions de conseil conjugal et familial va diminuer de 42 %. Autrement dit, l’État programme la suppression à court terme des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité.
Prévention des MST, lutte contre la violence entre garçons et filles, information sur le sida, prévention des grosses adolescentes, contraception et IVG, toutes ces actions seront touchées. Et ce malgré l’article I de la loi 73-639, qui oblige l’État à assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité et la prévention pour toutes et tous. Pour le Planning familial, le manque à gagner est terrible. C’est lui qui organise et coordonne la plupart de ces programmes à destination de 450 000 personnes chaque année.
Provie à l’assaut
On devine l’argument. Faire des économies. Mais imagine-t-on ce que sera la société française sans ces programmes d’accompagnement ? Et ce que cela coûtera en termes de santé publique ? Qui déconseillera aux jeunes d’avoir une relation sexuelle non protégée ? Les religieux, adeptes de l’abstinence ? Les États-Unis ont adhéré à la recette, avec l’explosion des grossesses adolescentes que l’on connaît. Qui initiera à l’éducation sexuelle ? Les films pornos téléchargeables sur Intenet ?
On aurait pu espérer que les conseils régionaux (quasi tous de gauche) prennent le relais. L’année dernière, le conseil régional d’Ile-de-France lançait une campagne « Sexualité, contraception, avortement – un droit, mon choix, notre liberté » dans le métro parisien. Un succès. Des centaines de jeunes sont venus poser des questions. Mais, au moment de lancer la seconde campagne, du 20 au 29 janvier, les élus ont eu la surprise de constater qu’elle serait sans doute la dernière. Pendant un an les Provie se sont manifestés en nombre auprès du président du conseil régional, Jean-Paul Huchon. Près de 100 000 personnes ont protesté contre le financement, par de l’argent public, de la « campagne de mort » et envoyé des courriers massifs pour dissuader d’autres présidents de conseils régionaux de suivre cet exemple. Avec un certain succès, puisque l’initiative francilienne n’a pas fait tâche d’huile. Il aura fallu toute l’énergie d’élus régionaux autour de Francine Bavay (Vice-présidente Verte) pour que la campagne soit reconduite. Sans la mobilisation du public, elle ne le sera pas l’an prochain.
http://www.planning-familial.org/petition-defense-loi-neuwirth/ »
Pour rappel, notre article du 31 janvier :
