Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Lu dans Charlie Hebdo de ce mercredi 21 janvier :
« OBAMA : TROP BEAU POUR ÊTRE VRAI ?
Évidemment, nous avons entendu beaucoup de choses depuis cette fameuse nuit du 4 novembre 2008. Après la fête, on a fini par se demander pourquoi on s’était laissé embarquer par Peter Pan, Barack Obama, dans notre délire d’optimisme et d’envie de bonheur, en plein milieu d’un naufrage capitalistique et, du coup, plutôt occidental. Et la tentation est revenue de se répéter, en boucle, que tout était pourri et voué à l’échec. Nos esprits sont hantés : Obama ? So what ?
Eh bien, les garçons et les filles, je ne suis pas du tout d’accord avec cette façon, crispée, revêche, d’aborder l’escalade de l’Everest ! Obama, que je sache, constitue toujours une bonne nouvelle pour l’humanité. D’ailleurs, et je vous jure que je le pense, il m’importe assez peu qu’Obama soit un « bon » ou un « mauvais » président des États-Unis. Bien sûr, je préférerais qu’il puisse, comme tout le monde, écarter les eaux de la mer Rouge pour laisser passer le peuple élu. Je préférerais qu’on se la coule douce et que les jeunes tueurs de Tsahal embrassent à pleine bouche les bébés palestiniens, plutôt que de leur offrir des bonbons au phosphore. Bien sûr ! Mais je continue à croire que lorsque l’Histoire passe devant vos yeux tout ébaubis, tout sceptiques, tout écœurés par le lot de nos existences, vous avez comme l’obligation de croire que le monde est amendable, et perfectible. Notre nouvel ami, totalement inconnu, notre Fred Astaire, notre miraculé du racisme, n’a pas encore failli à ses promesses. Il commence son job ce matin, mercredi 21 janvier, à 8 heures. D’accord : il a du pain sur la planche et on a le droit de douter de ses capacités et de ses intentions. Mais, au fond, si ce n’est pas lui ? Qui d’autre ? Who else ?
Nous allons donc regarder l’ère qui vient avec un regard positif ! Pas seulement parce que nous n’avons guère le choix, mais parce que nous sommes des êtres humains généreux, et satisfaits que le meilleur l’ait emporté sur le pire. Vous me suivez ?
Donc, notre pauvre Obama est devenu le 44e président des États-Unis. C’est lui qui a hérité de la poubelle. Que dis-je, de la décharge industrielle planétaire ! Le problème, c’est que plus rien ne vous épate. C’est dommage! Il y a quelques jours, en prévision de votre crise de scepticisme, j’ai revu des images de cette soirée, à Chicago, où mon Noureïev à moi découvrait sa victoire, au bras de sa femme, devant quelques centaines de millions de téléspectateurs. Souvenez-vous : il a dit des trucs. Des trucs importants : que la révolution était en marche, que le gouvernement du peuple gouvernerait pour le peuple, que le pays était dans une merde noire, mais que, ensemble, on pouvait réparer la plomberie, que les ennemis de l’Amérique étaient des gens avec qui il fallait «d’abord» discuter, etc. Pas de promesses ! Pas de bobards ! Pas beaucoup de sourires non plus ! Donc, jusqu’à présent, ce type n’a pas pu vous décevoir?
JEAN-LUC HEES
Suite dans le numéro 866 actuellement en kiosques. »

