Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Le « 115 », c’est fini.
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre un incendie criminel et une agression sauvage ont eu raison du « 115 ».
La haine, la bêtise et la violence ont vaincu l’Art et l’intelligence.
Provisoirement ?
Le 115 était un lieu d’expression dont l’objectif était d’accueillir des projets nationaux et internationaux, produire des créations et des événements et faire grandir une pépinière de jeunes talents en collaboration avec les acteurs publics et privés de la culture.
Artistes issus d’univers différents, le « 115 » réunissait : Graffiti artistes, musicien avant-gardiste de la scène électro, régisseur de théâtre, webmaster, créateur graphique, photographe reporter.
Ce collectif d’artistes (PSYCKOZE, Dizzidence …) réuni autour d’Alexandre Stolypine, s’était installé depuis 2005 dans une propriété communale située au 115 rue Sadi Carnot.
Après de nombreuses aventures et avoir fait les beaux jours de la Fonderie de l’Art dans une ancienne fonderie située entre l’avenue Gallieni et la rue Jules-Ferry, ils avaient dû déménager pour permettre la réalisation d’un projet de centre de formation aux métiers de l’image (CNA CEFAG) soutenu par la Région et la municipalité.
Ayant été l’artisan de cette installation au 115 et même si ce local était un peu petit, je constatais avec plaisir que cela leur permettait dans le cadre d’une convention avec la municipalité de poursuivre leurs activités foisonnantes.
J’avais aussi été particulièrement heureux d’assister à un début de reconnaissance bagnoletaise, notamment lors de la fête de Bagnolet de juin dernier où les jeunes avaient pu apprécier les drôles de vélos de l’atelier de Max et Axel.
Aujourd’hui le « 115 » c’est fini. Vingt ans de la production artistique d’Alexandre Stolypine sont partis en fumée.
Victimes d’une agression particulièrement traumatisante et d’un incendie criminel, les artistes ont dû fuir devant la bêtise et la violence. Cette fin était prévisible : depuis de longs mois, les artistes expliquaient à la police et à la municipalité la gravité de leur situation face à des jeunes désœuvrés de la cité d’en face dont l’agressivité allait croissant. Malheureusement la parole des artistes n’a pas été entendue.
Samedi 15 novembre lors de la réunion municipale sur le scénario urbain, Cathy Mairet, cheville ouvrière du « 115 » avait plaidé pour la résorption de la fracture entre l’urgence sociale et la culture. Quelle terrible résonnance prend aujourd’hui cette belle intervention ! Et combien elle témoigne du magnifique esprit social et citoyen de ces artistes.
Je n’accepte pas cette fatalité de la bêtise et de la violence. Nous n’acceptons pas à Bagnolet en Vert cette bêtise et cette violence.
Nous n’acceptons pas non plus l’inertie de la police et des pouvoirs publics.
Pour l’Art et la création, pour PSYCKOZE, pour Alexandre et ses amis nous serons présents.
Pierre Mathon

