Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Pour permettre aux Roms de vivre enfin en Europe sans ces terribles discriminations qui les frappent, il est certes nécessaire qu’au niveau local, chacun prenne ses responsabilités (comme nous le faisons à Bagnolet), mais il faut aussi trouver des solutions à tous les niveaux, en particulier au niveau européen.
De ce point de vue la réunion qui s’est tenue hier à Bruxelles est un événement très important.
Roms bulgares à Bagnolet
Nous publions ci-dessous l’article du Monde qui en rend compte.
« Vers une réponse européenne pour l'intégration des Roms.
LE MONDE | 15.09.08
Quelque 7 millions de citoyens européens ont les yeux tournés vers Bruxelles, où se tient, mardi 16 septembre, le premier sommet sur les Roms organisé par la Commission européenne. Au-delà de la prise de conscience de l'exclusion sociale et de la discrimination dont ils font l'objet partout en Europe, les Roms espèrent de cette conférence un engagement des Etats à développer des politiques nationales d'intégration. Une proposition que la France, qui préside l'Union européenne, doit soutenir mardi.
Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, devrait proposer aux Vingt-Sept de développer des standards européens d'intégration des Roms par l'emploi, le logement, la santé et l'éducation dans le cadre de plans nationaux.
Les Roms représentent la plus grande minorité ethnique transnationale de l'Union européenne. Dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, ils sont quelques centaines de milliers tout au plus. Mais malgré leur petit nombre à l'échelle nationale, ils sont cantonnés dans des bidonvilles dans des situations indignes d'habitat et de santé, autour de Paris, Naples, Rome ou Marseille, etc. "Leur espérance de vie à la naissance est de dix ans inférieure à la moyenne européenne", rapportait la Commission européenne début juillet.
Pendant le sommet européen, les expulsions continuent, ici à Palaiseau ...
"STRATÉGIE GLOBALE"
Souvent empêchés de travailler légalement, comme en France où un régime dérogatoire exclut du marché du travail les Roumains et les Bulgares jusqu'en 2012, ils ont difficilement accès aux soins et rarement aux logements sociaux. La scolarisation est parfois le fruit de longues négociations entre les associations et les municipalités.
En décembre 2007, le Conseil européen avait appelé les 27 Etats membres à renforcer leur politique d'intégration. Le Parlement européen a adopté en janvier une résolution pour "une stratégie globale". Mais aujourd'hui, les ONG et associations de défense des Roms veulent des actes et des mesures concrètes. Afin de s'assurer de la mise en place des politiques d'intégration et de leur évaluation, elles réclament "une directive cadre".
"CRÉER DES SYNERGIES"
Cependant, la plupart des secteurs clés de l'intégration (emploi, logement, santé, éducation) étant de la responsabilité des Etats, Bruxelles ne peut que les inviter à développer des plans nationaux et à "profiter au maximum des fonds européens", comme le soulignait le document de travail sur les politiques existantes publié le 2 juillet par la Commission.
Cette dernière y préconisait également de "créer des synergies avec des processus, comme la Décennie d'intégration des Roms". Une expérience dont pourrait s'inspirer la présidence française. La Décennie d'intégration des Roms, menée dans neuf pays européens depuis 2005 avec des résultats inégaux, associe la société civile, les communautés roms et les gouvernements. Elle est née d'un partenariat entre plusieurs organisations dont la Banque mondiale et l'Open Society Institute de George Soros, que M. Kouchner doit rencontrer mardi.
Ce projet européen consiste en la réalisation de plans nationaux avec des objectifs pluriannuels d'intégration (éducation, santé, emploi, logements). Financés à la fois par les Etats, les fondations et le Fonds social européen, les projets développés au niveau local permettent par exemple de renforcer les équipes éducatives pour faciliter la scolarisation des Roms. Afin de développer des plans d'action nationaux, "nous attendons que la France propose sous une forme ou une autre d'élargir la Décennie d'intégration des Roms aux 27 Etats membres", affirme Aurore Arnould, du réseau mondial Caritas.
Les représentants des politiques d'intégration menées en Espagne, en Hongrie ou en Roumanie devaient mardi faire état à Bruxelles des "politiques qui marchent". La présidence française pourrait également s'en inspirer afin de concrétiser ses propositions lors du Conseil européen de décembre.
Anne Rodier
Dans l'Union européenne.
Les Roms seraient quelque 7 millions, selon le Conseil de l'Europe. Leur nombre est toujours incertain, puisqu'il existe très peu de statistiques ethniques.
En Roumanie et en Bulgarie. C'est dans ces deux pays qu'ils sont le plus nombreux : près de 10 % de la population, soit respectivement 1,8 million et 650 000 personnes.
En France. Les Roms ne seraient que 6 000 dans l'Hexagone, selon les milieux associatifs. En Italie, ils sont 200 000 et 700 000 en Espagne.
Voici également le compte-rendu du débat houleux au sujet du fichage des Roms en Italie par le gouvernement Berlusconi
"Against ethnic profiling" C'est derrière ce slogan dénonçant le fichage ethnique, que les Roms se sont levés, aux quatre coins de la salle, où se tenait, mardi 16 septembre à Bruxelles, le premier sommet sur les Roms organisé par la Commission européenne, pour préparer une "stratégie globale" d'intégration des Roms en Europe.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui devait ouvrir le sommet en proposant la "création d'une plate-forme pour l'intégration des Roms", a interrompu son discours pour répondre à tous les tee-shirts tendus devant lui : "La Commission rejette toute discrimination et toute stigmatisation des Roms dans l'Union européenne" a-t-il dit, croyant clore l'incident.
A la suite des opérations de prise d'empreintes digitales des adultes et des enfants menées dans les camps roms en Italie début juillet, la Commission avait exigé du gouvernement Berlusconi un rapport, sur la foi duquel le vice-président de la Commission et commissaire aux affaires intérieures, Jacques Barrot, avait jugé, début septembre, que les principes de non-discrimination n'avaient pas été violés.
Depuis, la colère grondait parmi les Roms, qui pour autant ne voulaient pas gâcher la fête que représentait ce premier sommet, où ils étaient invités non plus comme victimes, mais comme acteurs de l'élaboration d'une stratégie européenne d'intégration. "Cette salle réunit tout ce que les Roms comptent de chefs", s'est réjoui l'ancien eurodéputé espagnol Juan de Dios Ramirez Heredia. Sans se faire d'illusion sur leur espoir d'obtenir une directive-cadre pour l'intégration, ils étaient venus nombreux.
"MAUDIT PAR LES GITANS"
Et ils ont applaudi souvent : le milliardaire George Soros, qui a dénoncé "l'exclusion sociale pour des raisons ethniques au sein de l'UE" ; Nicolae Gheorghe, représentant des Roms auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui a appelé l'Union européenne à combattre l'exploitation des enfants et les réseaux de trafiquants ; M. Heredia, qui a loué la culture gitane. Mais ils sont sortis quand l'Italienne Eugenia Maria Roccella, sous-secrétaire d'Etat à l'emploi, a justifié "l'importance fondamentale de collecte des données pour mener des mesures efficaces d'intégration". "C'est une honte. Expulsata!" De toute la salle, des Roms sont sortis, pour revenir siffler la représentante italienne jusqu'à ce qu'elle se taise.
En fin de journée, M. Barrot s'est expliqué sur ses récentes déclarations : "Nous avons fait savoir au gouvernement italien que les recensements ne peuvent pas se faire sur une base ethnique. Il s'est engagé à suivre nos recommandations. Il y a les textes et la réalité. Nous avons vu les textes, ils sont convenables. Des parlementaires iront sur place. Et je ne tolérerai aucune pratique incompatible avec le droit communautaire. J'en fais une affaire personnelle", a-t-il déclaré.
L'eurodéputé rom Viktoria Mohacsi, membre de la délégation parlementaire qui doit se rendre dans les camps roms d'Italie, jeudi 18 septembre, a voulu voir quelque espoir dans cette mise au point. M. Heredia s'est dit "convaincu", avant de menacer M. Barrot d'"être maudit par tous les gitans" s'il ne tenait pas ses engagements. Quant à M. Soros, il a souhaité que "la Cour de justice se saisisse de l'affaire des empreintes pour déclarer [le fichage] illégal".
BRUXELLES ENVOYÉE SPÉCIALE Anne Rodier »