Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
jeudi 25 octobre 2007 | Le Parisien
LP/R.D.
194 personnes ont été évacuées de leur campement de fortune en bord de périphérique par les forces de l'ordre, hier matin à l'aube.
Nuit noire sur la porte de Bagnolet. Il est six heures, hier matin. Le thermomètre affiche trois degrés.Des dizaines de camions de police se déploient le long du périphérique, coupent la circulation et créent un embouteillage.Munis de groupes électrogènes, les forces de l'ordre braquent leurs projecteurs sur les 141 tentes qui bordent le périphérique. « Il y a un tournage de film ? » demande un badaud. Non, mais 194 personnes - 9 Afghans, 1 Roumain et 184 Bulgares - sont sur le point d'être évacuées du campement de fortune qu'ils occupent depuis des mois, dans l'insalubrité la plus totale.
Beaucoup sont déjà partis hier, avec une aide au retour de 153 €
Des couvertures, des bâches plastiques ou quelques planches de bois clouées à la hâte tiennent lieu de murs. Des poubelles, disposées aux quatre coins du camp, font le bonheur des rats. Des bouteilles de lait et des bocaux de pâte à tartiner sont restés ouverts, signe que certains occupants ont été « cueillis » pendant leur petit-déjeuner alors qu'ils s'apprêtaient à aller travailler « au noir ».Les autres sont sortis de leur duvet. L'opération de la police est bien organisée. Le quadrillage du site est complet. Lampe de poche à la main, la police se déploie sur le talus où trône ce bidonville.
Une fois encadrés par des policiers, les occupants du camp descendent du talus en file indienne dans le calme, des sacs à la main. Parmi eux, on distingue deux jeunes enfants (sur les huit au total).Direction : l'un des six cars de la police où l'identité de chacun est contrôlée. « L'évacuation s'est bien passée. Ils n'ont opposé aucune résistance », estime un policier alors que le soleil se lève, à 8 h 30. Cette « expulsion d'occupants sans droit ni titre » a été ordonnée le 5 octobre par une décision du tribunal de grande instance de Paris. Selon la préfecture de police, neuf personnes bénéficieront « d'un parcours d'insertion et de formation à l'emploi assorti d'une régularisation ». 169 Bulgares devraient avoir un rapatriement « humanitaire et volontaire dans leur pays ». Une majorité d'entre eux est déjà partie hier, avec une aide au retour de 153 € en poche. Seize personnes ont été relogées en hébergement d'urgence.
Dès le milieu de la matinée, hier, les services de la mairie désinfectaient le camp à l'eau de Javel. Plusieurs jours devraient être nécessaires pour évacuer les centaines de kilos de déchets accumulés.