Décidément, la liberté d’expression est insupportable au maire. Il a osé censurer en toute illégalité la tribune des élus Verts sur les opérations immobilières menées à son initiative. Voici donc la tribune qui devait paraître dans le mensuel municipal de juillet-août « À Bagnolet ».
Au conseil municipal du 28 juin le maire a fait voter par les élus PC, avec le soutien des élus de Droite (c’est la 5e fois depuis le début de l’année que la droite vole au secours du PC !), une «révision simplifiée du Plan d’Occupation des Sols» sur un terrain privé situé entre l’avenue Gallieni et la rue Jules Ferry pour permettre à un promoteur immobilier privé de bétonner un monstre de plus de 14 000 m2 sur un terrain de 2 800 m2. Il accorde ainsi un COS exorbitant de 5 au lieu du COS de 2 qui est la règle commune dans ce quartier. (Le Coefficient d’Occupation des Sols est le rapport entre la surface de plancher à construire et la surface du terrain).
Personne, surtout pas les Verts, ne remet en cause la nécessité de développer l‘activité économique avenue Gallieni et l’emploi à Bagnolet. Ce n’est pas une raison pour défigurer Bagnolet et transgresser les règles de l’égalité républicaine. Avec un tel cadeau au privé, même le maire bétonneur de Droite de Levallois est dépassé ! A titre de comparaison, la ZAC Varlin n’atteint pas un COS de 3 alors que le très dense quartier de la Noue ne le dépasse que très légèrement. Ce dossier «très spécial», traité en direct par le maire, a été voté sans la moindre instruction du service urbanisme, et n’a donné lieu à aucune information ni consultation de la population.
On comprend mieux pourquoi le maire a retiré, début février, la délégation du maire-adjoint Vert Pierre Mathon pour prendre entièrement les rênes de l’urbanisme. « Libéré » des Verts, il se précipite dans le bétonnage privé à tout va.
Dès avril, il lance une révision simplifiée du POS pour permettre la réalisation d’un immeuble privé de 20 000 m2 au lieu des 10 000 m2 existants rue Parmentier avec en perspective un chantier sous les fenêtres des locataires HLM et des co-propriétaires et une construction qui réduira leur ensoleillement.
En juin il remet en selle la SIDEC qui, rappelons-le, a laissé aux contribuables une ardoise de 175 millions de francs dans des opérations d’aménagement privées, menées à Bagnolet entre 1995 et 2001, en lui offrant le marché de coordination du renouvellement urbain (« l’ANRU ») à l’issue d’une procédure d’appel d’offres de marchés publics entachée par des pratiques de favoritisme du maire, affichant à l’avance son l’intention de retenir la SIDEC et tentant de dissuader un concurrent de déposer sa candidature.
Nous ne laisserons pas faire à Bagnolet le remake du film italien «Main basse sur la ville», réalisé en 1963 par Francesco Rosi, qui décrivait les turpitudes immobilières d’une municipalité. Bagnolet a déjà été beaucoup trop bétonné et les Bagnoletais sont, à juste titre, attachés à la reconquête de la qualité de leur cadre de vie. Ils peuvent compter sur les élus Verts.