Pierre Mathon devant les deux petits bâtiments fraîchement livrés.
Depuis le 27 juillet, les Roms bulgares de Bagnolet ont emménagé avenue Gallieni dans le tout nouveau centre d’hébergement. Sur décision du maire, ils étaient logés au château de l’étang depuis décembre 2004, date de l’incendie de leur bidonville situé sur un terrain communal entre la rue des Blancs-Champs et celle de la Fraternité. Ils sont Bagnoletais depuis plusieurs années, certains depuis cinq ans. Les élus Verts, sont particulièrement satisfaits de cette installation qui va permettre de leur apporter une aide sociale et sanitaire, de leur apprendre le français et de les insérer professionnellement.
Rappelons que depuis leur installation en bidonville, en réponse à l’interpellation des habitants et du conseil de quartier Centre-sud, nous avions proposé une solution d’hébergement digne, pour ces personnes qui fuient l’extrême misère et les discriminations qui les frappent en Bulgarie.
Nous avons même joué un rôle déterminant dans l’origine de ce projet, co-élaboré par Pierre Mathon, alors adjoint à l’urbanisme, avec les services municipaux, les Roms et leur comité de soutien. Le projet d’emménagement avenue Gallieni était prêt en février 2005 et sa concrétisation aurait pu avoir lieu fin 2005 au lieu de fin juillet 2007 : un an et demi de perdu par les tergiversations du maire qui avait dessaisi du dossier Pierre Mathon. Il est dommageable que le séjour au château de l’Etang se soit éternisé, d’autant que le maire n’avait mis en place le moindre suivi social, ni même la moindre gestion administrative et technique du lieu. Cela a contribué à détériorer l’attitude d’une partie des Bagnoletais vis-à-vis des Roms.

Ces citoyens Roms Bulgares, Bagnoletais depuis plusieurs années, sont satisfaits de leur lieu d’hébergement qui leur permettra de construire une vie digne et de s’insérer.
Nous sommes particulièrement satisfaits de ce que cet équipement ait pu bénéficier d’une importante subvention d’investissement de la part du conseil régional d’Ile de France, fruit d’une coopération entre les partis de la gauche plurielle au conseil régional et nous n’oublions pas que cette politique de solidarité est placée sous la responsabilité de la vice-présidente verte Francine Bavay.
De même nous notons positivement que l’Etat, qui avait envoyé « dans le mur » les élus de Bagnolet lorsque nous avions été en Préfecture pour demander de l’aide après l’incendie, semble prendre un peu conscience qu’il est nécessaire de traiter la question de l’accueil de ces citoyens européens. Réjouissons-nous de cet aboutissement qui est un nouveau départ pour ces personnes, qui ont tant souffert.
Plusieurs problèmes doivent être traités pour assurer la pleine réussite de l’opération, le but n’étant pas de faire de ces gens des assistés, mais des personnes autonomes capables de vivre et de travailler dans notre pays : il s’agit de la gestion des familles avec enfants, logés à l’hôtel et de créer les conditions pour qu’ils puissent reprendre une activité de ferraillage, activité génératrice de revenus.
Notons au passage que le départ du château et l’installation rue Gallieni a été accompagné d’un déploiement démesuré et coûteux de vigiles d’autant plus exagéré à la fois pour la réussite de l’opération et le respect dû aux Roms qui rappelons-le, ne squattaient pas le château puisqu’ils y étaient entrés il y a deux ans et demi avec l’autorisation du maire et qui, non seulement étaient d’accord avec le projet de l’avenue Gallieni, mais avaient participé à son élaboration.
Le comité de soutien vient dans un esprit constructif de s’adresser au maire dans ce sens en indiquant que les points les plus urgents à traiter étaient l’activité ferraille, la possibilité de cuisiner dans le lieu pour les familles en hôtel et une autre façon de traiter la question de la « sécurité », estimant que « pour assurer l’avenir du projet, il était primordial que les bénéficiaires puissent se sentir dans une situation la plus proche possible de celle d’une habitation normale ».