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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Romainville : Lancement d’une campagne remarquable « ELEVER SON ENFANT SANS VIOLENCE »


A l’heure où les politiques « se perdent » face au problème, qui devient massif, de la violence de certains jeunes, voici une initiative remarquable de la Ville de Romainville. (Romainville fait partie de notre future intercommunalité).
Toutes les politiques mises en place pour tenter de faire reculer ce phénomène ne sont que des leurres démagogiques et coûteux. Qu’il s’agisse des politiques sportives ou occupationnelles, elles sont pour le moins inefficaces et donc inutiles, mais elles peuvent être aussi contreproductives et même dangereuses.

Enfin, une action qui s’attaque aux causes réelles de cette violence.

Oui, car en la matière, il n’y a pas de raccourci ou de recette miracle, il s’agit d’opérer une véritable révolution copernicienne de l’éducation des enfants. Rejeter la violence, le non-respect, l’abus de pouvoir, le mensonge, le dénigrement, l’humiliation, l’obéissance … au plus fort, …
En ce qui concerne ces jeunes violents qui débordent leurs parents et leurs enseignants, et qui interrogent la société toute entière,  il sera nécessaire de les soigner … un par un. Là encore : pas de miracle. Car tous ont été victimes de violences éducatives, de traumatismes dont il sera nécessaire de les libérer si nous voulons éviter qu’ils ne continuent de transmettre cette violence subie par une violence agie.
Pour cela, ils devront se confronter émotionnellement avec la vérité de leur enfance, abandonner le déni de leur souffrance, accepter de développer l’empathie pour l’enfant qu’ils étaient, apprendre l’amour et le respect, ce dont ils ont un besoin impératif, vital, mais qu’ils n’ont jamais reçu de la part de leurs parents. C’est cette thérapie, et uniquement celle-là qui pourra les conduire vers la guérison. Les blessures ne peuvent guérir que si elles sont prises au sérieux et pansées.

C’est le Dr Gilles Lazimi, directeur du Centre municipal de santé de Romainville qui a initié cette campagne qui sera lancée le 6 octobre à 14 h 30 par une première conférence suivie d’une deuxième le 13 octobre à 19 h ainsi que d’une troisième le 19 novembre à 19 h. Elles se tiendront à la Maison des Parents de Romainville (rue de la Résistance, cité Marcel-Cachin (tél. 01 48 45 59 06).

Le Dr Gilles Lazimi est membre du comité de parrainage de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire (OVÉO)  http://www.oveo.org/

Je forme le vœu que cette campagne exemplaire inspire d’autres villes … Bagnolet ?

Hélène Zanier

 

Extraits du communiqué :

Cette campagne va surprendre et soulever le débat sur des violences trop souvent banalisées. Celles que subissent nos enfants au quotidien de la part de leurs parents qui les aiment et qui font tout ce qu’ils peuvent pour les éduquer et les élever le mieux possible !

Deux affiches originales [...] : deux ours d’enfants interpellent les adultes sur les souffrances et difficultés de la petite Alice et du petit Paul. Ces affiches sont signées « Ville de Romainville » et « Fondation pour l’enfance ». Des affiches fortes avec un visuel émouvant, deux ours en peluche qui accrochent le regard et nous ramènent vers notre passé d’enfants. Ils sont émouvants, ils expriment des sentiments et des émotions. Ces affiches ne peuvent laisser indifférent. Elles vont susciter débat et réflexion sur notre façon d’élever nos enfants, elles ont pour titre : « Élever son enfant sans violence. »

Ces ours, compagnons des enfants, sont les témoins et les confidents d’Alice et de Paul. Ils nous interpellent et nous révèlent que des mots banals ou des gestes (claques, fessées…) encore trop habituels dans notre société peuvent avoir des conséquences sur l’état de santé de nos enfants et plus tard sur leur devenir d’adultes et de parents.

Cette campagne n’a d’objectif que d’aider les parents que nous sommes à améliorer nos compétences, car élever son enfant n’est pas chose facile ! Les maisons et écoles des parents sont des lieux idéaux pour en discuter, partager et changer nos pratiques. Les violences envers les enfants sont malheureusement encore fréquentes en France. Les ours nous interpellent :

« La petite Alice n'arrive pas à apprendre à lire depuis que son père la frappe »

Les claques ou les fessées ne sont pas nécessaires, ni utiles pour aider son enfant dans les apprentissages. De telles violences ont un résultat contreproductif. Comment réfléchir et changer nos pratiques, héritées souvent de notre propre culture et éducation. Il est important de transmettre que les gestes de ce type sont de véritables violences, avec un risque de conséquences durables pour l’enfant et l’adulte en devenir. Et de se questionner sur le sens que nous donnons à ces « violences éducatives ».

« Le petit Paul a toujours mal au ventre depuis que sa mère le traite de nul »

Eh oui, les mots peuvent avoir une conséquence sur l’estime de soi et la confiance de l’enfant, surtout quand ils viennent de ses parents. C’est donc vrai, « je suis nul, je ne vaux pas la peine d’être aimé, ma maman n’est pas fière de moi, je ne peux pas progresser, je ne mérite pas d’être aimé, ma maman ne m’aime pas... » Escalade possible de pensées pour l’enfant qui peuvent se traduire par des troubles somatiques et d’autres difficultés, notamment scolaires. Et pourtant, un grand nombre de parents n’imaginent pas que de tels mots puissent engendrer de telles conséquences. [...]

Outre son action d’aide à la parentalité tout au long de l’année, la Maison des Parents de Romainville organise un cycle de conférences-débats qui a débuté le 9 juin 2009 par une conférence du Dr Jacqueline Cornet [« Ni claques ni fessées » ] sur le thème : « Eduquer sans violence… vers une éducation positive ».

La deuxième conférence, le 13 octobre 2009 à 19 h, sera animée par Mme Marie-Christine Marion, responsable de la Maison des Parents, et le Dr Gilles Lazimi, médecin directeur du Centre municipal de santé, sur le thème : « Les mots qui blessent, les mots qui libèrent ».

La troisième conférence, le 17 novembre 2009 à 19 h, sera animée par le Dr Suzanne Robert-Ouvray, sur les conséquences neurophysiologiques et psychologiques des violences sur les enfants. Cette dernière conférence de l’année coïncidera avec l'anniversaire des 20 ans de la Déclaration des Droits de l'enfant.

Pour tous renseignements : Dr Gilles Lazimi, 01.41.83.17.70, lazimigilles@gmail.com , ou Marie-Christine Marion, 01.48.45.59.06, mcmarion.psy@laposte.net

Livres cités :
Alice MILLER, C’est pour ton bien ; Abattre le mur du silence ; L'Enfant sous terreur ; La Connaissance interdite (Aubier, Flammarion).
Olivier MAUREL, La Fessée, 100 questions-réponses sur les châtiments corporels (La Plage) ; Oui, la nature humaine est bonne ! (Robert Laffont).
Suzanne ROBERT-OUVRAY, Enfant abusé, enfant médusé (DDB).
Jacqueline CORNET, Faut-il battre les enfants ? (Hommes et Perspectives).
Stanislas TOMKIEWICZ, Aimer mal, châtier bien (Seuil).
Caroline ELIACHEFF, De l’enfant roi à l’enfant victime (Odile Jacob).
Marie-Thérèse HERMANGE, L'Enfant soi-disant roi (Albin Michel).
Pierre LASSUS, L'Enfance du crime : Tous les grands criminels ont été des enfants maltraités (Bourin).

 

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