Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Le nucléaire n’est ni sûr ni honnête.
C’est ce que montrent les deux communiqués que nous publions ci-dessous.
L’un de Greenpeace porte sur les problèmes non élucidés de soudures défectueuses sur le chantier de la centrale nucléaire « nouvelle génération » (EPR : European Pressurized Reactor, réacteur pressurisé européen).
L’autre de "Sortir du nucléaire" porte sur la corruption révélée en Chine pour le contrat d’achat à AREVA de deux réacteurs EPR négocié il y a deux ans.
Décidément, le forcing d’AREVA pour la relance du nucléaire, avec Sarkozy en VRP, n’est pas une bonne idée.
Pierre Mathon
Photo : un antinucléaire déguisé en Sarkozy VRP d'AREVA lors de la manifestation du 12 juillet 2007

Greenpeace :
« EPR finlandais : nouvelles révélations, nouveau fiasco !
Paris - Helsinki, 5 août 2009. La semaine dernière, l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise STUK a révélé de nouveaux problèmes sur le chantier du réacteur EPR actuellement en construction sur le site d’Olkiluoto. A la suite d’une inspection spéciale sur le chantier au mois d’avril dernier, l’autorité avait constaté que certaines soudures dans le revêtement en acier du bâtiment protégeant le réacteur étaient trop fines. Il avait été alors demandé à AREVA et TVO, partenaires dans la construction de ce projet, de les réparer et d’expliquer comment un tel problème avait pu se produire…

Dans un communiqué du 31 juillet 2009, STUK révèle que les soudures ont été modifiées mais que les opérateurs n’ont pas été en mesure d’expliquer de manière satisfaisante comment de telles soudures défectueuses ont pu passer leurs contrôles de qualité et quelles actions ils mettraient en place pour faire face à ces problèmes. STUK exige donc une nouvelle enquête de la part de TVO et des explications détaillées concernant l’origine des malfaçons.
Cette dernière intervention de l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise fait suite à la révélation d’innombrables problèmes sur le site d’Olkiluoto mettant en cause la sûreté du futur réacteur. Alors que ce réacteur devait être mis en service en 2009, il est aujourd’hui annoncé pour 2012.
En France, un réacteur de type EPR est également en construction sur le site de Flamanville dans la Manche. Là aussi, le chantier accumule les problèmes et retards. Les deux chantiers, véritables naufrages industriels, illustrent l’incapacité de l’industrie nucléaire à tenir ses promesses et à construire ses réacteurs à eau pressurisé dans les délais et au prix de départ. Le prix actuel d’un EPR est estimé à 7 milliards d’euros pour un prix annoncé à 3 milliards.
Face à ces nouvelles révélations, Greenpeace réitère sa demande d’arrêt immédiat du programme EPR dans sa globalité, qu’il s’agisse d’Olkiluoto, de Flamanville ou du nouveau projet de Penly.
« Les pays qui envisagent encore de construire des EPR devraient s’interroger sur ces problèmes récurrents, à l’image des producteurs d’électricités Sud-africains, américains ou canadiens qui ont décidé d’annuler les constructions d’EPR prévues, explique Laura Hameaux, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace. Ces pays feraient mieux d’investir massivement dans des plans de développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, plutôt que de se jeter à corps perdu dans des programmes nucléaires inutiles, coûteux et dangereux. Le nucléaire n’est décidemment pas la solution à la crise énergétique et climatique ! » »

Le réseau « Sortir du nucléaire » :
« 12/08/2009
Vente de deux EPR à la Chine : Areva et EDF corrupteurs ?
- Kang Rixin, le chef du nucléaire chinois, aurait été corrompu pour acheter deux EPR
- Les PDG d'Areva et d'EDF ont signé des accords avec Kang Rixin concernant ces EPR
- Seule l'hypothèse de la corruption peut expliquer que les Chinois aient acheté des EPR
Les accusations de corruption portées par les autorités chinoises à l'encontre de Kang Rixin, chef du programme nucléaire chinois et président de la société China National Nuclear Corporation (CNNC), apportent enfin une explication à un des plus grands mystères industriels de ces dernières années.
Il était jusqu'alors incompréhensible que les Chinois persistent dans l'idée saugrenue d'acheter à la France deux réacteurs nucléaires de type EPR. En effet, les deux chantiers EPR en cours actuellement se révèlent être des désastres industriels et financiers (1), tant pour Areva en Finlande que pour EDF à Flamanville (Manche).
Ces derniers mois, la quasi-totalité des entreprises qui avaient envisagé d'acheter des réacteurs nucléaires ont écarté l'EPR ou annulé des projets de construction d'EPR comme c'est le cas d'Eskom (Afrique du Sud) (2) et d'AmerenUE (Missouri, USA). (3)
Pour contourner le problème, EDF a racheté British energy à grand frais pour commander elle-même des EPR et les construire en Grande-Bretagne. Mais, le 1er juillet, l'Autorité de sûreté nucléaire britannique a mis à jour une grave faille de sûreté (4) dans le système de contrôle de l'EPR, réduisant à néant les espoirs d'Areva et EDF, cette dernière ayant donc déboursé 15 milliards pour rien.
Seuls les pays dont les dirigeants ne connaissent rien au nucléaire - comme M Sarkozy (France) et M Berlusconi (Italie) - envisagent encore la construction de réacteurs EPR, ils devraient assez rapidement être rattrapés par la réalité et prendre enfin des décisions sérieuses (c'est-à-dire économiser l'énergie et développer les énergies renouvelables).
Ceci dit, si Kang Rixin est corrompu, c'est bien qu'il a fait affaire avec des corrupteurs. Areva et EDF étant les bénéficiaires de la transaction, il est légitime de se demander si les PDG de ces deux entreprises n'ont pas "oublié" quelques millions de dollars dans la voiture de Kang Rixin après avoir signé des accords avec lui (cf http://fce.ccifc.org/2007-11/doc/contrats.pdf) pour la construction (Areva) et l'exploitation (EDF) des deux EPR en question.
(1) http://www.romandie.com/infos/news2/090128145612.11l8clh1.asp
(2) http://www.enviro2b.com/2008/12/08/nucleaire-lafrique-du-sud-annule-son-projet-epr
(3) http://www.romandie.com/infos/news2/090423195314.nwvkt3ei.asp
(4) http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/natural_resources/article6613960.ece »
Une moisson de contrats pour des dizaines de patrons. Nicolas Sarkozy devait atterrir tôt ce matin en Chine, accompagné d'une impressionnante délégation: pas moins de 7 ministres et 41 PDG, dont un quart des patrons du CAC 40. Pour le business, il sera au côté de son homologue Hu Jintao demain matin (à 4 h 30 heure française) pour une cérémonie de signature de contrats.
Ce déplacement présidentiel, son premier en Chine, sera l'occasion pour Nicolas Sarkozy d'afficher plusieurs milliards d'euros de ventes. La principale est connue. Areva devrait finaliser la commande de deux réacteurs nucléaires de troisième génération (EPR), les plus puissants au monde, pour un montant dépassant 5 milliards d'euros. Seules deux centrales de ce type sont en construction, l'une en Finlande, l'autre à Flamanville, dans la Manche.
L'entreprise française va construire les unités pour la société China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC) et les approvisionner pendant quinze ans en uranium enrichi. "C'est le plus gros contrat jamais signé par le nucléaire français à l'export, le plus gros de l'histoire du nucléaire civil", se réjouit-on dans l'entourage de la PDG, Anne Lauvergeon, qui participe au voyage. Une revanche, aussi, après s'être fait souffler un important appel d'offres par le concurrent américain Westinghouse. Pour sa part, EDF pourrait créer une entreprise commune avec CGNPC pour l'exploitation des deux réacteurs d'Areva.(…) »