Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Boris Vian est mort à 39 ans il y a 50 ans aujourd’hui.
Chacun connaît (ou croit connaître) les derniers vers du Déserteur (chanson écrite près de la fin de la guerre d’Indochine et avant le début de la guerre d’Algérie) :
« Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer »
En voilà une version non-violente qu’elle est belle ! Et qui nous convient parfaitement à nous écolos.
La réalité est un peu plus « hard » et moins écolo.
Mais elle est plus conforme au caractère corrosif de Boris Vian (voir la fin « radicale » de la « java des bombes atomiques »).
En effet, (on le sait moins) la première version de la chanson de Boris Vian concluait par les deux vers suivants :
« que je tiendrai une arme
et que je sais tirer »

Sur la suggestion de son ami Mouloudji (« athée, oh, grâce à Dieu »), Boris Vian a par la suite accepté de conclure sa chanson de manière plus pacifiste :
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« Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer »
Écolo ou pas, chapeau l’artiste !
Pierre Mathon
Voici les paroles (revues par Mouloudji avec l’accord de Boris Vian) de la chanson « Le déserteur » :
« Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter
Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer »