Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

EDF n’a jamais été une entreprise exemplaire sur le plan éthique. Le nuléaire n'a jamais rimé avec démocratie et transparence. Mais aujourd'hui, on est entré de plain pied dans la délinquance la plus méprisable. L’ordinateur de Yannick JADOT, ancien directeur de campagne de Greenpeace-France, tête de liste de la région Ouest d’EUROPE-ÉCOLOGIE, conduite par Dany COHN-BENDIT, a été piraté et des documents, volés.
Hélène Zanier

Ci-après l’article de l’express
Greenpeace espionné, EDF soupçonné
Par Thierry Dupont, Matthieu Deprieck, publié le 31/03/2009
Un juge a mis en examen un responsable de la sécurité d'EDF, soupçonné d'avoir commandité le piratage de l'ordinateur d'un ancien responsable de Greenpeace France.
Un responsable de la sécurité d'EDF a-t-il fait espionner l'association écologiste Greenpeace France, et notamment son ancien directeur des campagnes, Yannick Jadot ? C'est en tout cas ce qui ressort d'une enquête du site Mediapart, publiée ce mardi 31 mars 2009.
Selon Mediapart, Pierre F., un ancien policier embauché à EDF en 1994 en tant que n°2 des questions de sécurité, a été mis en examen le 26 mars par le juge de Nanterre, Thomas Cassuto dans une affaire d'espionnage informatique.
Révélée par le Canard enchaîné du 18 mars, l'enquête, ouverte en septembre 2006, cible une officine privée de renseignement, Kargus Consultants. Le patron de cette dernière, Thierry L., qui aurait appartenu aux services secrets français, a été mis en examen. Alain Q., un informaticien employé par Kargus Consultants, a lui aussi été mis en examen, pour "intrusion frauduleuse dans un système de traitement automatisé des données".
Une officine qui en a trop fait?
D'après Mediapart, le hacker aurait reconnu, lors de son audition par le juge Cassuto, avoir été missionné pour pirater l'ordinateur de Yannick Jadot. Mais tant Pierre F. que Thierry L. nient avoir jamais ordonné la moindre intrusion informatique. Cela n'a pas découragé les enquêteurs de mener il y a quelques semaines une perquisition au siège d'EDF.
Lundi 30 mars, le directeur de la sécurité d'EDF, un ancien contre-amiral, a été à son tour entendu dans le bureau du juge Cassuto. Il en est ressorti avec le statut de témoin assisté (intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen).
Selon son avocat, Me Olivier Metzner, ni l'ancien militaire, ni son adjoint n'ont jamais demandé à Kargus Consultants de mener une quelconque intrusion informatique. "EDF avait simplement missionné cette société pour faire de la veille sur l'environnement anti-nucléaire. Est-ce que l'agence en a fait trop? Ça, je ne sais pas", explique l'avocat à LEXPRESS.fr.
Yannick Jadot, lui, ne compte pas en rester là. Désormais tête de liste dans l'ouest aux européennes pour la liste Europe-Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, l'ancien cadre de Greenpeace France a décidé la semaine dernière de se porter partie civile. Yannick Jadot sera entendu jeudi 2 avril par les policiers de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC).
"Je souhaite avoir toute l'information possible sur ce dossier, connaître quels documents ont pu être volés dans mon ordinateur... Il faut faire toute la lumière sur cette affaire. Si le lien avec EDF était avéré, ce serait extrêmement grave. Il est quand même inadmissible d'espionner des gens qui ont simplement tort de vouloir un peu de transparence dans le nucléaire...", explique l'écologiste.
EDF a convoqué l'ingénieur incriminé et ses collaborateurs
De son côté, Greenpeace est également en train de se constituer porter civile. L'organisation, dont le bateau Rainbow Warrior avait été coulé par les services secrets français en 1986, a souhaité savoir si d'autres de ses militants ont pu être victimes de piratage informatique.
"En tant que directeur des campagnes, Yannick Jadot ne travaillait pas directement sur le nucléaire. Je ne serais donc pas étonné qu'il ne soit que la pointe immergée de l'iceberg et que d'autres membres aient été espionnés", estime Pascal Husting, le directeur général de Greenpeace France. Qui rappelle le contexte de 2006: la campagne présidentielle à venir, avec la question des énergies alternatives au nucléaire, ou la publication par Greenpeace d'un document prouvant la vulnérabilité de l'EPR à une attaque terroriste.
Pour Greenpeace, il faut maintenant "remonter la filière pour trouver les commanditaires, avec des sanctions exemplaires à la clé". "En tout cas, cette affaire tombe mal pour EDF qui essaie de se positionner dans le monde entier comme un acteur sérieux du nucléaire", juge Pascal Husting.
Chez EDF, on ne commente pas ses révélations, arguant qu'une enquête est en cours. La société confirme toutefois certaines informations parues dans la presse. Pierre F. a bien été embauché en 1994 comme ingénieur chargé de la protection des centrales, qu'elles soient thermiques ou nucléaires.
Pour l'heure, EDF s'est constitué partie civile s'estimant victime d'un préjudice causé par Kargus Consultants. La direction a convoqué Pierre F., toujours salarié de l'entreprise, ainsi que ses collaborateurs, pour "recueillir les explications des uns et des autres".