Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

C’est ce que l’on appelle donner le ton.
Dans l’avion qui le mène à Yaoundé au Cameroun, le pape Benoît XVI a déclaré ce mardi que le problème du sida ne «peut pas être réglé» par la «distribution de préservatifs». «Au contraire, leur utilisation aggrave le problème». Selon lui, la solution passe par «un réveil spirituel et humain» et l’«amitié pour les souffrants».
Décidément, même dans un costume de Père Noël, je trouve Benoît le seizième bien léger pour pérorer urbi et orbi sur cette question. Ou alors, il faudra qu’il nous éclaire sur la manière dont il a acquis ses compétences et son expertise en matière de sexualité.
Reste qu’encore une fois, ces déclarations sont désastreuses, même criminelles lorsqu’elles s’adressent à des populations qui les suivent à la lettre au péril de leur vie, de la vie de leurs partenaires et de celle de leurs enfants.
Ci-après un article de la revue onusienne « Relance Afrique » qui rappelle l’horrible réalité. On découvre, qu’une fois de plus, les filles et les femmes forment les plus gros bataillons de victimes ainsi que les enfants. HELENE ZANIER
« Le SIDA touche surtout les jeunes
L'épidémie du VIH/SIDA touche "démesurément" les enfants et les jeunes adultes de la planète, en particulier les jeunes filles et les femmes, estime le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). Le virus VIH, qui affecte un nombre croissant de personnes dans le monde, fait le plus de nouveaux ravages chez les jeunes, selon un bulletin publié en novembre par l'ONUSIDA, Dernières nouvelles sur l'épidémie du SIDA: Décembre 1998. La moitié des nouvelles infections de VIH dans le monde concerne les jeunes âgés de 15 à 24 ans, et c'est parmi les jeunes filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne qu'il y a le plus de victimes.

Près de 70 % des nouvelles infections signalées cette année dans le monde l'ont été en Afrique subsaharienne, notamment dans certains pays de l'Afrique australe qui constitue "l'épicentre mondial" de l'épidémie. Les filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne sont plus prédisposées à la contamination que les garçons et les jeunes hommes du même âge. Une récente étude sur la question conduite dans une région du Kenya a indiqué que 22 % des filles contre seulement 4 % des garçons étaient séropositives dans le groupe d'âge 15-19 ans, alors qu'une autre étude en Ethiopie auprès de jeunes de 20 à 24 ans a révélé que 35,4 % des jeunes femmes étaient séropositives, contre seulement 10,7 % des garçons du même groupe d'âge.
En outre, les femmes sont contaminées en moyenne de cinq à 10 ans plus tôt que les garçons, aussi bien dans les régions où l'épidémie est déjà installée que là où elle vient de se déclarer, selon une étude de 1992 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) intitulée Young Women: Silence, Susceptibility and the HIV Epidemic.
Outre des facteurs "biologiques, immunologiques et/ou virologiques," ce phénomène s'attribue au fait que les femmes sont souvent "incapables de négocier des rapports sexuels protégés avec leurs partenaires, et sont souvent victimes d'abus, voire de viols," a déclaré le docteur Nafis Sadik, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, à l'occasion de la Journée mondiale du SIDA, le 1er décembre dernier. "Une nouvelle forme de violence se manifeste aujourd'hui contre les femmes par la transmission par leurs maris ou partenaires du virus VIH que ceux-ci ont attrapé en exploitant les services des professionnelles du sexe," a-t-elle précisé.
Le VIH/SIDA fait aussi des ravages parmi les enfants d'Afrique. En effet, 10 % des nouvelles infections signalées pour l'ensemble de la population affectent les enfants de moins de 15 ans dont 90 % vivent en Afrique, dit le rapport de l'ONUSIDA. De ce fait, les progrès réalisés dans le rallongement des taux de survie infantile risquent d'être réduits à néant dans de nombreuses parties de l'Afrique subsaharienne, où interviennent près de 94 % des 3,2 millions de décès d'enfants imputés au SIDA. Le rapport du Programme prévoit par ailleurs qu'entre 2005 et 2010, 72 sur 1 000 nouveaux-nés en Namibie mourront du SIDA avant leur première anniversaire; sans l'épidémie, le taux de mortalité infantile y serait sensiblement inférieur, à 45 décès pour 1 000 naissances.
Il semble que la plupart des enfants qui ont perdu la vie à cause du SIDA ont été infectés du virus VIH à leur naissance ou avant celle-ci, ou pendant l'allaitement. Au Zimbabwe, pays particulièrement touché par l'épidémie, le sang prélevé de femmes enceintes dans 23 des 25 centres nationaux de dépistage anonyme indique que 20 à 50 % des femmes testées en 1997 étaient séropositives. Le pronostic concernant leurs enfants pas encore nés est alarmant : la transmission du virus de la mère à l'enfant se produit dans un tiers au moins de tous les cas où la mère est séropositive.

"NE FAITES PAS L'AMOUR AVEC LE SIDA. PROTEGEZ-VOUS" (message de l'Association AIDES)