Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Nous publions ci-dessous un article de notre ami Didier Hervo consacré à Éco-Emballages paru dans le dernier numéro du journal des Verts Ile de France. Cet article complète celui de Jean-Luc Terreyre, maire-adjoint au développement durable de Villepinte que nous avons publié le 1er janvier sur le blog « Bagnolet en Vert, l’écologie à Bagnolet ».
Didier Hervo est un écologiste de la première heure. Conseiller municipal (d’opposition) à Issy-les-Moulineaux à plusieurs reprises, s’il n’a certes pas réussi à déboulonner l’inamovible André Santini, il a fortement fait progresser les problématiques écolos dans sa commune.
« Le vrai scandale Eco Emballages
En réaction à la révélation de placements « toxiques » qui ont occasionné 60 millions d’euros de perte !
En 1992, Brice Lalonde, ministre de l’Environnement, demande à Antoine Riboud (BSN) et Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain ) de concevoir un dispositif de recyclage des déchets d’emballages en évitant de copier le Dual System Deutschland allemand trop contraignant, trop efficace.
Naissance donc de cette société de droit privé, avec agrément de service public, chargée de collecter l’impôt du « point vert », double flèche apposée sur chaque emballage. Une boîte privée qui joue le percepteur, déjà une curieuse affaire. Tromperie que ce point vert qui laisse croire à l’acheteur du produit que celui-ci est issu de recyclage ou même recyclable : que nenni, il signifie simplement que l’émetteur a acquitté l’impôt qu’il s’est empressé de refacturer à l’acheteur qui, entre parenthèses, va payer une seconde fois pour le traitement de ses déchets par le biais des taxes locales.
Que fait Eco Emballages de la manne du point vert (411 millions d’euros en 2007) ?
Il aide certes les communes à mettre en place la collecte séparative des déchets et
soutient les cours des matières recyclées, mais subventionne aussi le transport et l’incinération des déchets ! Si le consommateur savait ! Il est vrai qu’en France il est de coutume de considérer les mâchefers issus des incinérateurs comme produits recyclés, au grand dam de l’ADEME puisque cela permet de gonfler les taux de recyclage quand ceux-ci se traînent réellement et péniblement autour de 20%.
Nous avons été quelques-uns, après Paul Defontaine, élu du Nord Pas-de-Calais et président du Cercle National du Recyclage, à nous élever contre cette société dont le but n’était pas de réduire le flot d’emballages et de suremballages mais bien d’accompagner leur commerce florissant, sous couvert d’un ripolinage vert du plus bel effet. Tromperie sur la marchandise même si, comme nous le demandions, une timide évolution a permis de mieux prendre en compte la recyclabilité des produits en modulant la valeur du point vert.
Il faut une profonde réforme d’Eco Emballages ou sa refonte dans un nouvel organisme public dont la mission essentielle sera d’informer et d’accompagner le geste de l’acheteur pour moins consommer d’emballages. Les 60 millions d’euros mal placés auraient dû servir à cela. Que ce soit le dernier scandale d’Eco Emballages.
Didier Hervo, élu vert »
