Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni :
"Le plan de relance européen pèche par son absence d'intégration"
"La décision prise par l'Irlande d'organiser un second référendum sur le Traité de Lisbonne est une nouvelle occasion pour l'Union européenne de ce doter d'un Traité dont a elle besoin. Nous regrettons toutefois que le gouvernement irlandais ne puisse pas surmonter tous les obstacles afin de tenir ce nouveau référendum à l'écart des élections européennes. Cela aurait facilité la mise en place des réformes et l'application des nouvelles règles avant la nouvelle législature.
La concession faite aux Irlandais qui consiste à garantir à chaque Etat membre son commissaire semblait inévitable mais pourrait se transformer en victoire à la Pyrrhus.
Cette décision contredit l'esprit de la Commission qui est un collège supranational, et préserve l'UE du danger d'une renationalisation. Le plan de relance décidé par les chefs d'Etats et de gouvernements n'est qu'un mirage, Il ne s'agit pas d'un plan économique européen intégré mais plutôt d'une addition de mesures nationales.
Un programme économique efficace, comme l'est le "Green New Deal", est nécessaire et doit être à la hauteur de ce que préparent actuellement les Etats-Unis. C'est d'un plan intégré à hauteur de 2% du PNB dont nous avons besoin.
Le paquet climat adopté au Sommet est certainement un pas en avant, mais cependant trop timide pour affronter les défis du changement climatique".
Claude Turmes, député européen (Verts, ALE) : « Accord a minima »
Réagissant à l'accord passé entre les 27 Etats-membres sur le "Paquet
énergie-climat", Claude Turmes, vice président du Groupe des Verts et rapporteur sur les énergies renouvelables a estimé que :
« Au terme d''une âpre bataille, comme ce fut le cas ces derniers mois, c'est sous la pression des lobbys les plus puissants garantissant les intérêts nationaux que les
vingt-sept se sont mis d accord sur le "Paquet climat".
Silvio Berlusconi, Donald Tusk, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy - les ténors la droite européenne - ont, une fois de plus, placé l'intérêt des grands pollueurs avant l'intérêt général. Comme trouver un point d'équilibre si 96% des entreprises en Europe sont exemptées d'un régime qui devrait les amener à plus d'innovation?
Et que diront les dirigeants des pays émergents lorsque le message de l'UE, qui consiste à dire qu'il est urgent d'agir sur le changement climatique, mais que les gouvernements européens s'engagent à appliquer 1/5 de ces mesures en Europe et 4/5 dans les pays en dehors de l'Europe, leur parviendra? »
« Les chefs d’Etats lancent un mauvais signal. Relancer l'économie comme dans les années 70 sans tenir compte des critères environnementaux revient à ignorer qu'avec l'incroyable développement de la Chine, de l'Inde et du Brésil, nous ne sommes plus les seuls à saccager la planète pour faire tourner notre machine économique ».
« Energies renouvelables unique rayon de soleil »
Pour les Verts/ALE, l'accord sur les énergies renouvelables constitue le seul rayon de soleil dans ces marchandages a minima. Cette importante directive va lancer un vaste plan d'investissement sur une multitude d'énergies renouvelables partout en Europe avec, dans la foulée, la création de 2 millions d'emplois.
« Sur le dossier des énergies renouvelables, nous avons montré que l'écologie est l'économie de demain. Et ensemble, avec les groupes de citoyens, nous allons poursuivre notre bataille afin de faire reculer les "fossiles" qui bloquent l'innovation en Europe » a conclu Claude Turmes.
Marie Anne Isler Béguin, eurodéputée Verte, membre de la Commission de l'environnement :
« Contrairement à ce que prétend le Président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, l'accord obtenu aujourd'hui n'est pas historique.
En effet, le "Paquet Energie climat" proposé par la Commission Européenne en janvier 2008 et amendé par le Parlement européen, a été sérieusement retoqué par le Conseil de l'Union européenne.
Ainsi, le nouveau système d'échange des droits d'émissions européens comporte une série d'exemptions qui remettent en question l'ambition européenne de baisse de 20% des émissions de Co2 à l'horizon 2020.
Sous la pression des industries, les allocations gratuites de permis à polluer s'appliqueront à des secteurs économiques entiers! Par exemple, le secteur de production de l'énergie et particulièrement les centrales à charbon très émettrices en gaz à effet de serre bénéficieront de dérogations pour la mise aux enchères des droits à polluer.
Alors que la communauté internationale réunie à Poznan pour avancer sur les négociations internationales sur le Climat a les yeux tournés vers l'Europe, l'accord négocié aujourd'hui par les vingt-sept n'est pas à la hauteur des enjeux climatiques régulièrement pointés du doigt par les scientifiques et les populations victimes de l'accélération des cycles climatiques. L'UE perd la main et ouvre la voie aux Etats-Unis pour prendre le leadership mondial en matière de lutte contre le changement climatique. »
Présidente de la Délégation UE Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie, elle a ajouté :
« Sur la politique extérieure, j'observe que l'intérêt de gouvernants européens pour la grande région de la Mer noire manque singulièrement de constance. Aucune référence n'est faite sur la situation plus qu'explosive en Géorgie. Satisfaite d'avoir éteint le feu en août, le Conseil n'a pas conscience que l'incendie n'est pas encore circonscrit. La tendance actuelle à déléguer le règlement du conflit à un groupe de diplomates à Genève est un signal plus que décourageant pour les voisins orientaux de l'Union. En particulier, pour l'Azerbaïdjan et l'Ukraine où couvent d'autres conflits gelés et latents ».