Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
« Nous devons défendre toutes les victimes sur la base du crime ou de l’agression qui leur est faite, pas sur la base d’une concurrence entre communautés, qui sera un facteur de haine entre elles. »
La suite de la publication du manifeste transculturel de LÉA avec le chapitre 8, Le faux « argument » du « deux poids - deux mesures » :
« L’idée de l’identité exclusive dans une seule communauté conduit bientôt à relire tous les faits à travers ce filtre d’identification. Ainsi, naissent la concurrence victimaire, et la sensation du « deux poids - deux mesures ».
Prenons le cas de Dieudonné. Sa propension à opposer des groupes en en comparant le nombre de victimes a des conséquences encore plus destructrices que ses « simples » propos antisémites, contre lesquels les antiracistes sont vaccinés. La Shoah a été un crime immense, et bien entendu ne concerne pas que les Juifs. La commémorer sert à se défendre contre toute idée génocidaire, à extirper la banalisation raciste. Toutes les victimes du racisme, et les autres, peuvent commémorer la Shoah, comme crime contre l’humanité. Ainsi que nous nous reconnaissons tous dans la condamnation de l’esclavage, de la traite des Noirs, de la colonisation, même si nous ne sommes pas directement concernés.
Parler de « pornographie mémorielle » concernant la commémoration de la Shoah, comme l’a fait Dieudonné, revient à dire que ce sont « toujours les mêmes » qu’on célèbre, et pas les autres. La revendication sur laquelle l’unité peut se faire est de réclamer un mur de noms, un jour de commémoration, une prise en compte dans les manuels scolaires, pour les déportés Noirs, pour les esclaves et les victimes de la colonisation. Effectivement, chacune de ces tâches de l’histoire de France apporte son enseignement propre. Il ne s’agit pas tant de « demander pardon » que de nous construire une histoire commune !
Aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre parler de « deux poids - deux mesures ». En faisant cela, on tente de souligner le déni de racisme visant les Arabes ou les Noirs, déni qui est réel. Mais on le fait sur le dos d’un autre groupe, lui aussi victime de racisme, les Juifs. Or on ne combat pas le racisme en instillant l’antisémitisme. On combat les deux en même temps, c’est la seule solution.
Cette vision fragmentée découle d’une pensée communautariste. Elle est dangereuse. Nous devons défendre toutes les victimes sur la base du crime ou de l’agression qui leur est faite, pas sur la base d’une concurrence entre communautés, qui sera un facteur de haine entre elles. »
Bientôt nous mettrons en ligne le chapitre 9 du manifeste de Léa (Laïcité Écologie Association), intitulé : « les projets religieux radicaux »