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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Sauver l'industrie automobile ? par Dominique Voynet

Le quotidien Ouest-France publie le 20 novembre une tribune de Dominique Voynet, "Sauver l'industrie automobile ?", que nous reproduisons ci-après.

« Faut-il sauver le secteur automobile ? D'une écologiste, on craint sans doute une réponse sans nuances. Après tout, je plaide depuis longtemps pour que nous libérions nos habitudes de l'emprise de la voiture : plus de transports en commun, plus efficaces, et moins d'étalement urbain, qui allonge les distances sans améliorer la qualité de vie. Moins de gaspillages d'énergie, moins de pollutions.

En octobre, les ventes de voitures sont partout en chute libre : recul de 7,3 % des immatriculations en France, de 19 % en Italie, moins 19, de moins 23,8 % en Espagne. La déprime est générale, et plus grave encore aux Etats-Unis, où la voiture a nourri l'imaginaire comme nulle part ailleurs : la chute est de 30% pour Ford, de 31% pour Chrysler. General Motors a vu ses ventes dégringoler de 45 % le mois dernier. C'est une industrie entière qui s'écroule.

Je le dis tout net, je ne m'en réjouis pas. Je pense d'abord aux milliers de salariés qui - chômage technique d’abord, licenciement ensuite - seront les premières victimes du déclin, pourtant prévisible, de l'industrie automobile. Une fois encore, la catastrophe est née de l'imprévoyance. Le meilleur exemple est à Sandouville, en Normandie. Qui pouvait sérieusement penser que l'avenir de la filière était encore dans la production de berlines puissantes, gourmandes en carburant et grosses émettrices de gaz à effet de serre ? C’était la meilleure des stratégies pour garantir l’emploi, affirmaient les dirigeants de Renault aux salariés. Ils se sont lourdement trompés. Mais ce sont les salariés qui paieront la plus lourde part de la facture.

Le chômage qui va frapper massivement le secteur automobile n'a pour origine ni la crise des subprimes ni la conjoncture économique et sociale. Il résulte de l'inconséquence des dirigeants du secteur, incapables d'adapter leurs entreprises aux lourdes mutations qu'elles doivent affronter. Des dirigeants qui se sont trop longtemps contenté de présenter de mignons prototypes de véhicules « verts » au Salon de l’auto, quand toute leur stratégie commerciale restait tournée vers les véhicules gloutons, 4/4, monospaces et autres berlines.

Dérèglements climatiques, pollutions de l'air en zones urbaines, pétrole cher : penser, dans un tel contexte, que l'industrie automobile ne devrait rien changer relève au mieux de l'incompétence, au pire de la négligence coupable.

L'urgence est là : le climat se dégrade plus vite encore que prévu, les prix de l'énergie – car l'accalmie ne sera que passagère, chacun en convient – pèsent très lourdement sur le budget des ménages. Dès lors, la question n'est plus de savoir s'il faut changer, mais comment. La meilleure façon de défendre les salariés de l'automobile – et ceux des autres secteurs touchés par la crise, ce n'est pas de faire croire que rien ne doit changer ; c'est anticiper la mutation, construire les solutions permettant la conversion des activités et des personnels, et préparer une économie différente, adaptée à un monde qui sera différent, une économie plus sage, adaptée à un monde qui j’espère le sera aussi. »

Cet article est illustré par des photos "décalées" de voitures anciennes prises sur la place de la mairie à Bagnolet.
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Voici ce qu’en dit Denis Baupin maire-adjoint Vert de Paris le dimanche 23 Novembre 2008 dans Le Journal du Dimanche (Propos recueillis par Yann PHILIPPIN)<br /> Baupin: "Il ne faut pas donner d'argent aux seuls constructeurs"<br /> Maire-adjoint de Paris chargé de l'Environnement, le Vert Denis Baupin a toujours voulu freiner le trafic automobile dans la capitale. S'il ne se réjouit bien évidemment pas de la "catastrophe sociale" que connait actuellement le secteur automobile, il est convaincu que les constructeurs ont "refusé" d'anticiper un nouveau mode d'utilisation des voitures, plus sobre que par le passé.<br /> <br /> Vous avez combattu l'automobile à Paris. Vous sentez-vous responsable de la crise du secteur?<br /> Au contraire! Heureusement que nous avions anticipé, en développant les transports collectifs et Vélib’. Si les gens achètent moins d'automobiles, c'est parce qu'elles coûtent de plus en plus cher avec la hausse du prix du pétrole, qui va inéluctablement se poursuivre. Nos concitoyens ont pris conscience que les voitures posent de graves problèmes de pollution de l'air. Je l'écrivais il y a deux ans (*), de nombreux signaux d'alerte ont montré que le tout-voiture est terminé. Nous sortons de l'ère du gaspillage pour entrer dans celle de la sobriété. Les constructeurs ont refusé de le voir. Ils ont été aussi irresponsables que les banquiers qui ont investi dans les subprimes.<br /> <br /> Mais la crise s'est déjà traduite par des milliers de suppressions d'emplois...<br /> Je ne me réjouis pas de cette catastrophe sociale. Les salariés qui perdent leur emploi sont les premières victimes de l'autisme des constructeurs. D'ailleurs les fabricants de véhicules moins polluants, comme la Smart (Mercedes), souffrent beaucoup moins que Renault ou Peugeot-Citroën. Les constructeurs français n'ont pas changé de mentalité, comme le montre le lancement d'un 4×4 par Renault en pleine flambée du prix du pétrole. Ils combattent depuis des années les projets européens visant à limiter la puissance des véhicules alors que cette réglementation les encouragerait à produire des voitures moins gourmandes.<br /> <br /> L'Etat et l'Europe doivent-ils aider les constructeurs?<br /> Cela pourrait s'envisager uniquement avec la garantie que ces fonds servent à développer des véhicules moins polluants. Mais ce n'est pas forcément aux constructeurs qu'il faut donner de l'argent. Il serait plus efficace de mener une grande opération de reconversion industrielle et de reclassement des salariés dans le secteur des transports doux (vélo, bus, métro, etc.). A distance et nombre de voyageurs égaux, le transport collectif crée deux fois plus d'emplois que la voiture, tout en étant plus écologique. Et ce sont pour beaucoup des emplois non délocalisables, contrairement aux usines automobiles.<br /> <br /> (*) Tout voiture, no future, L'Archipel, 18,90 euros.
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