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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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L’Europe Verte, le climat et l’énergie

Nous poursuivons la publication du compte rendu  des journées des Verts européens de Montreuil les 9 et 10 octobre par la deuxième table ronde qui avait pour sujet le paquet énergie-climat. Trois jours avant, un vote essentiel a eu lieu au Parlement européen, sur les trois propositions législatives les plus importantes.

C’est donc une opportunité unique de faire le point avec la Présidence française, représentée par N. Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie. Cette dernière a confirmé que la Présidence française souhaite que le paquet législatif soit adopté d’ici la fin décembre, afin que Etats de l’Union européenne puisse s’accorder sur une position claire pour les prochaines négociations internationales sur le climat (COP15) qui se dérouleront à Copenhague l’année prochaine. Il n’en reste pas moins que malgré le souhait de la Présidence française d’arriver à un accord cohérent sur la totalité du Paquet, de nombreux états de l’UE s’inquiètent sur les conséquences de sa mise en œuvre sur la compétitivité de leur industrie et veulent éviter la « fuite de carbone » (délocalisation des entreprises polluantes dans des pays tiers). La crise financière actuelle ne favorise pas le processus. C’est pourquoi la Présidence française estime que, dans le cadre du marché de permis européen, un mécanisme d’ajustement à la frontière (ou taxe carbone) pour compenser les impacts sur la compétitivité devrait être mis en œuvre. Pour terminer son propos N. Kosciusko-Morizet se félicite du vote positif du Parlement européen et de l’échec des tentatives visant à le retarder. Il reste désormais à la Présidence française d’obtenir l’accord des ministres de l’Environnement d’ici la fin octobre, afin de pouvoir entamer les négociations triangulaires, entre le Conseil, la Commission et le Parlement.

Kathalijne Buitenweg, députée européenne Verte se désole de constater que les gouvernements ne soient pas capables de traiter avec la même urgence la question climatique que la crise financière, d’autant que ces deux dossiers ne sont pas opposés, au contraire. Agir contre le changement climatique permettra de garantir la croissance des emplois en Europe dans les secteurs novateurs. Si l’UE n’agit pas en conséquence, nous transmettrons une très lourde dette environnementale à nos enfants et petits enfants. La lecture des conclusions provisoires du Conseil européens des 15 et 16 octobre est plutôt déprimante, car elles propose d’affaiblir les propositions, notamment en remettant en question le système de mise aux enchères de tous les permis d’émission, et en permettant aux Etats d’acheter la possibilité d’échapper à l’obligation de réduction effective des émissions.

Yannick Jadot, ancien directeur des campagnes à Greenpeace France a rappelé qu’il ne nous reste plus, d’après les scientifiques, que 100 mois pour commencer à réduire nos émissions globales et moins de 60 semaines pour trouver un accord sur le paquet climat qui permette à l’UE de jouer un rôle de premier plan lors des négociations de Copenhague. Il insiste sur le fait que l’accord sur la Paquet énergie-climat ne doit pas être fait à n’importe quel prix. En effet un accord faible, qui ne doterait pas l’UE des outils législatifs adéquates pour remplir ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES), serait pire que l’absence d’accord et mettrait à mal la crédibilité des l’UE dans le cadre des négociations internationales. Par ailleurs, il est vraiment inquiétant de voir que l’UE réduit ses ambitions en remettant en cause le passage automatique à l’objectif de réduction de 30% des GES, en cas d’accord international. La question de l’efficacité énergétique a tout simplement disparu du Paquet Energie et est devenu le seul objectif non contraignant alors qu’elle constitue le moyen le plus rapide et le plus économique de remplir une partie de nos objectifs. C’est pourquoi, la Présidence française, au lieu de promouvoir le nucléaire, qui ne constitue pas la solution au changement climatique, devrait transformer l’objectif de 20% en matière d’efficacité énergétique en objectif contraignant. Les Etats de l’UE persistent à essayer de sauver les vielles industries polluantes au lieu d’investir dans les industries de l’avenir.

Pour Michèle Rivasi, vice-présidente du Conseil Général de la Drôme, il est essentiel de prendre en considération l’impact et les moyens de mise en œuvre du contenu du Paquet Energie au niveau local. Les mesures visant à améliorer l’efficacité énergétique sont typiquement le type de mesures auxquelles les municipalités peuvent contribuer à l’application. L’amoindrissement des objectifs du Paquet Energie enverrait un signe négatif aux municipalités qui ont un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre.

Pour résumer, Alain Lipietz, député européen insiste sur le fait que la politique climatique ne se résume pas à la politique énergétique. Les économies d’énergie devraient être au centre des préoccupations, c’est pourquoi l’efficacité énergétique doit être la priorité, d’autant qu’elle est créatrice d’emploi. L’UE ne doit pas négliger le pouvoir local, car il constitue un interlocuteur privilégié pour la mise en œuvre concrète du Paquet Energie Climat.

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