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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Pietragalla à Pékin avec Marco Polo

 

 

Le Monde et Le Parisien en parlent : Marie-Claude Pietragalla à Pékin. Voici les articles consacrés à son spectacle : « Marco Polo, le voyage imaginaire »

 LE MONDE  19 08 08

La Pietragalla ramène Marco Polo à Pékin

Sous les spots, les corps sont tellement fluides qu'on les dirait liquides. Ils rebondissent, font des coupoles et des sauts périlleux sur une musique new age. On est à Pékin, quinzaine olympique, mais la tension qui corsète les mouvements millimétrés des gymnastes s'est envolée. La scène est celle, toute neuve, du Grand Théâtre national, l'oeuf prestigieux que l'architecte français Paul Andreu a posé au centre de la capitale.

Vingt virtuoses du hip-hop, de la capoeira et des arts martiaux virevoltent comme autant de messagers d'un monde inconnu autour de deux danseurs qui essaient de rester classiques, Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault. Lui, c'est Marco Polo, prisonnier d'abord, puis libéré et agressé par le monde qu'il découvre au XIIIe siècle le long de la Route de la soie.

Ballet et comédie musicale, Marco Polo, le voyage imaginaire était présenté samedi 16 août en première mondiale à Pékin, dans le cadre du 6e Festival culturel olympique. La grande salle de 2 200 places était pleine. C'est Pierre Cardin, passionné de ballet et de Chine, qui a proposé à Marie-Claude Pietragalla l'idée de cette comédie musicale basée sur le voyage de Marco Polo : "Il croit que l'art peut être un lien puissant entre les cultures, a dit la chorégraphe. Pour moi, Pierre Cardin, avec ses origines vénitiennes et sa nature de diplomate, c'est Marco Polo." Le couturier a produit le spectacle et a financé les trois ans de préparation.

Dans la première partie, le public se laisse porter par la musique océanique. Dans la salle, les huissiers jouent de leur laser pour rappeler à l'ordre deux pirates qui essaient de filmer depuis un balcon ainsi qu'un certain nombre de spectateurs plongés dans la lecture de leurs SMS.

Après l'entracte, le spectacle accélère. Comme un voyageur qui se serait assoupi entre deux stations, on cherche à identifier les correspondances sur la Route de la soie. Personne n'ose parier que ces femmes figées sous leur burqa sont là pour l'étape "désert du Taklamakan" - aujourd'hui au Xinjiang, province la plus à l'ouest de la République populaire. Les guerriers de Xian sont mieux rangés sur l'écran géant que sur la scène - Chrysoïd, qui a conçu les animations de la comédie musicale, fait défiler les visages identiques en un long travelling avant. Le sniff à travers un masque à gaz qui met les danseurs en transe stroboscopique, est-ce l'opium, donc une représentation de la guerre du même nom, l'un des aspects les moins reluisants de cette fameuse "rencontre entre l'Est et l'Ouest" qui est l'inspiration du spectacle ?

Quant à la jungle urbaine hantée par des robots piquetés de lumières bleues, elle est très inspirée par les mangas (un peu plus à l'est, vers le Japon), mais rien ne permet de l'identifier avec certitude : européenne ou asiatique ? A la fin, trois récitants reprennent la parole en italien, en persan et en mandarin. La tension retombe, les applaudissements se noient dans l'immensité de la salle, les bouquets sont énormes. Quand le rideau retombe, la salle est déjà debout, en route vers la sortie.

Précision : Marco Polo a su décrire sa Chine mythique avec un émerveillement communicatif, mais il ne l'avait probablement jamais atteinte. Tout est arrangé, Marco Polo est passé par Pékin et peut reprendre son voyage à l'envers. Dimanche, il était déjà reparti pour Guangzhou et Wuhan, dans le sud du pays. Il arrivera en France, au Palais des congrès, le 6 mars 2009.
Olivier Montalba

Le Parisien 17 août 2008 :

Pietragalla made in China

 

La danseuse et chorégraphe française donnait hier soir, à Pékin, la première de son spectacle musical « Marco Polo », que Paris découvrira en mars. Les spectateurs chinois et occidentaux n’ont pas tous été sensibles aux mêmes références.

DEPUIS plusieurs jours, il se disait dans Pékin que ce spectacle dansé de Marie-Claude Pietragalla illustrant le voyage vers la Chine de Marco Polo était d’une grande modernité. Argument suffisant pour remplir, hier soir, une salle du nouveau Grand Théâtre national conçu par l’architecte Paul Andreu, à côté du palais du Peuple.

Pendant deux heures quinze, le public a effectivement pu apprécier une mise en scène où la danseuse et son partenaire Julien Derouault évoquent le voyageur vénitien au moyen de références au monde d’aujourd’hui et de demain.

Dès le départ, un personnage féminin en habits moyenâgeux croise un danseur de hip-hop en pleine action. Les dangers rencontrés par Marco Polo dans son périple vers l’Asie sont prétexte à des scènes inspirées des arts martiaux. La musique ponctue le trajet : à une chanteuse italienne succèdent un chanteur persan puis une Chinoise. Tous trois se réuniront en fin de spectacle dans une recherche d’harmonie réellement originale. Mais avant cela, Julien Derouault évolue dans des décors postindustriels où lui et les autres danseurs se retrouvent mécanisés et entraînés dans une fabrique de robots.

Un mélange de styles et d’époques

Signée du compositeur de musique de film Armand Amar (« Amen », « Indigènes »), la bande-son, puissante, dominée par un style metal rock, tire le meilleur partie de l’acoustique de la salle. La poésie apparaît pourtant sur écran géant en fond de scène : ce sont les mouvements de Marie-Claude Pietragalla qui ont été filmés et redessinés image par image. Et le dernier tableau, plus proche de la danse classique, se laisse aller au romantisme.

Les mélanges de styles et d’époques de ce « conte moderne » symbolisent la rencontre des mondes auxquels Marco Polo a été confronté. Dans un Pékin olympique où « les sportifs travaillent tous de la même manière pour gagner quelques secondes », Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault ne sont pas mécontents de montrer que « les corps de danseurs expriment toutes sortes de cultures différentes ». Ils ont tout particulièrement étudié le rôle des mouvements dans la tradition chinoise où, selon un dicton, « un geste possède mille mots ». Mais le spectacle sera rigoureusement le même quand il sera présenté à Paris en mars 2009*.

La salle a applaudi convenablement. En sortant, les commentaires portaient surtout sur la performance des danseurs. Un haut fonctionnaire chinois s’amusait à comparer les ensembles de hip-hop au déroulement d’un ruban de soie ! D’autres se disaient ravis d’avoir assisté à un moment de danse réellement contemporaine.
Certains regrettaient : « Marie-Claude Pietragalla n’a pas fait de pointes. » Les Occidentaux un cinquième du public trouvaient généralement le message du ballet trop compliqué.

Ce spectacle a été imaginé il y a près de trois ans à la demande de Pierre Cardin. Le couturier, né près de Venise et très connu en Chine, voulait produire un « Marco Polo » à Pékin à l’occasion des Jeux olympiques. Il s’est adressé à Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault pour le concevoir et leur a ouvert son Théâtre de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour les répétitions, au printemps dernier. Personne ne s’attendait dans l’équipe à ce que ce soit l’unique événement culturel français de ce mois d’août dans la capitale chinoise.

* « Marco Polo », du 6 au 15 mars 2009, au palais des Congrès.

Richard Arzt 

 

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