Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Pratiquer trop intensément la culture du muscle, du nationalisme, de la récompense, la dictature du résultat, du dépassement, de la force, la religion de la gagne, de la fête et du jeu, de l’idolâtrie des saints (champions) … peut nuire aux neurones… et …aux valeurs humanistes.
Les sectes, les idéologies totalitaires, manient avec brio ces ingrédients : messes à grand spectacle, hymnes d’amour, communion collective, démonstration de force, slogans creux mais simples, substances qui décervellent et asservissent pour créer l’exaltation et l’illusion, sans oublier le business, évidemment ; l’instinct grégaire fait le reste.
En ce qui concerne la Chine, on a le sentiment, en regardant les jeux au prisme des médias que tout le bon peuple chinois est fier de sa grandeur retrouvée et est évidemment derrière ses gouvernants. Est-ce la réalité, toute la réalité ? En Chine, comme dans les autres pays, des hommes et des femmes cultivent la liberté, et se battent pour cette valeur qui est certainement la plus consubstantielle de l’être humain.
A ce titre, nous ne pouvons que saluer l’initiative courageuse prise par Reporters Sans Frontières qui a diffusé pendant 20 minutes un message de liberté sur les ondes chinoises. Nous les remercions d’entretenir la flamme de la démocratie et de la liberté.
Faisons maintenant une pause et réfléchissons avec la part de cerveau disponible qui nous reste :
Voici des extraits de l’édito de Gérard Biard dans Charlie Hebdo du 6 août 2008 qui s’attache cette semaine à démontrer à quel point les « valeurs de l’olympisme » sont conformes, voire en phase complète avec les valeurs et les pratiques de la Chine communiste.
« Les grandes démocraties sont déçues. Certaines le font savoir plus discrètement que d’autres, mais le sentiment est unanimement partagé. »
L’article revient avec des exemples sur les promesses « arrachées » et non tenues et sur le constat qu’en font ceux qui y ont cru.
« Cela promet d’être les J.O. les plus contrôlés depuis 1936, en ce qui concerne la couverture des Jeux et leur contexte social et politique ».
Mais la majorité, bien consciente que la Chine est non seulement un très grand pays mais aussi un très grand marché, est plus mesurée et se contente d’exhorter Pékin à respecter l’idéal olympique, tout au moins le temps de ces Jeux, symboles, on ne le répétera jamais assez, d’amour et de bisous. »
C’est là que réside le malentendu qui risque de pourrir les relations sino-occidentales durant ce mois d’août placé sous le signe, prions ensemble, de la grande communion sportive. Car, plus que n’importe quel autre, le régime chinois est conforme à l’idéal olympique et aux tables de la loi édictées par le baron de Pierre de Coubertin. C’en est presque troublant. À croire que Mao et né avec un short.
Que dit la Charte olympique ? Que « l’olympisme est une philosophie de vie exaltant et combinant (…) les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit » et qu’il « se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort ».
Le moins qu’on puisse dire, c’est que les autorités chinoises font tout pour que, en matière d’exaltation, de volonté et d’esprit de corps, population et athlètes soient au top niveau. A des slogans tels que : « Soyons prêts à en découdre ! ou « Force d’âme, force de caractère, agressivité, la patrie avant tout ! », l’olympisme chinois est l’un des plus purs du monde. Et, pour ce qui est de la joie dans l’effort, aucun pays ne peut se targuer d’y mettre autant d’ardeur. À tel point que le premier qui ne sourit pas risque de prendre une balle dans la nuque. Et le premier qui rigole aussi, car la joie doit rester digne.
Venons-en maintenant au chapitre de ces fameux droits humains qui, dit-on, poseraient problème. La Charte olympique précise que « la pratique du sport est un droit de l’homme ». C’est le seul droit fondamental qu’elle mentionne explicitement – ce qui, au passage, en fait la charte éthique la plus proche de la constitution chinoise. Qui osera prétendre que le gouvernement chinois empêche le peuple de faire du sport, lui sélectionne ses athlètes dès l’âge de six ans et leur fait faire au moins douze heures d’exercice par jour ?
(…)
Quant aux prétendus semi-esclaves qui auraient travaillé pour des clopinettes à l’édification des sites de Pékin 2008, rappelons que le bénévolat est également une valeur olympique. D’ailleurs, le président du Comité international olympique lui-même est bénévole – d’accord, tous ses frais, voyages, hôtels et repas, sont payés, il dispose d’argent de poche ainsi que d’une confortable résidence de fonction à Lausanne, et il a le droit d’accepter les cadeaux des villes candidates, mais c’est du bénévolat sous législation suisse …
Ne soyons pas injustes et rétablissons la vérité, cette vérité que les droits-de-l’hommistes-gemanopratins-ex-soixante-huitards voudraient nous cacher : la Chine peut se revendiquer fièrement des valeurs de l’ olympisme. Elle ne doit pas avoir honte d’écraser les opposants, de censurer les médias, d’enfermer à tour de bras, d’empiler les condamnés à mort, de mettre les chars dans la rue dès qu’une banderole de protestation apparaît. Les cinq étoiles de son drapeau sont parfaitement compatibles avec les cinq anneaux olympiques. Être une dictature ne constitue pas, loin s’en faut , une entorse aux valeurs chères à Coubertin. Et ce n’est pas le marquis Juan Antonio Samaranch, qui ministre de Franco avant de prendre la tête du CIO de 1980 à 2001, qui dira le contraire.
Quant au sport en général, qui serait aujourd’hui le nouveau symbole du « peace and love », à part le fait que les sportifs sont encore plus drogués que les hippies, on ne voit pas le rapport.
Bon appétit, Messieurs ! Ô Présidents intègres !
Hélène ZANIER