Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Lu ce matin dans le Parisien
A suivre de près (en espérant que la situation est moins grave à Bagnolet)
« Montreuil va devoir se serrer la ceinture
Un rapport met en lumière un endettement très important, aggravé par une accélération des dépenses en 2007. La nouvelle municipalité est au pied du mur.
SÉANCE houleuse, jeudi soir au conseil municipal de Montreuil qui devait se pencher sur le compte administratif 2007 de la première ville de Seine-Saint-Denis. Si la minorité municipale vante le solde positif des recettes et dépenses de la ville, soit « une cagnotte de 1,39 million d'euros », en revanche, l'intervention par vidéo du cabinet d'experts Klopfer qui suit les finances de la ville depuis 2000 ne va pas dans le même sens. Celui-ci laisse entendre que si rien n'est fait pour désendetter la commune Montreuil court tout droit à la mise sous tutelle.
La minorité municipale a émis des doutes sur la vidéo projetée, « qui a bénéficié de coupures et d'un montage », avance Gaylord Le Chéquer, conseiller municipal de la liste Brard. Le rapport incriminé a été mis en ligne hier sur le site Internet de la ville.
Une situation calamiteuse au début des années 2000. Christian Escallier, membre du cabinet Klopfer, dont l'interview a été diffusée jeudi, part sur le constat de « financements très tendus » à l'époque notamment du départ d'entreprises et de pertes de taxe professionnelle. L'endettement de la ville avoisine alors les 210 millions d'euros.
Un redressement entre 2002 et 2005. L'augmentation des impôts locaux combinée à une maîtrise des dépenses de la ville a permis un redressement des comptes. « En 2006, la situation était excellente », observe le spécialiste. Les investissements de la ville se sont en effet limités à 10 millions d'euros par an. L'endettement atteint alors 180 millions d'euros. Une accélération des dépenses en 2007. Alors que les recettes plafonnent à + 3 %, l'ensemble des dépenses de fonctionnement a augmenté de plus de 10 % en 2007. L'endettement est remonté à 200 millions d'euros. « Aucune ville n'est en mesure de soutenir un tel effort de dépenses de fonctionnement », souligne l'expert. Selon l'analyse de l'adjoint au budget, Emmanuel Cuffini, les charges de personnel ont ainsi bondi de 8,4 %, soit 6,4 millions d'euros supplémentaires à supporter. Et Dominique Attia, présidente du groupe communiste, de justifier ce chiffre par le recrutement des animateurs pour le plan éducatif local global (PELG), la réfection de la piscine, la construction du Centre dramatique national, de crèches, et la réfection d'écoles.
Une capacité d'investissement réduite à 12 millions d'euros par an. Au final, le bilan dressé par le rapport Klopfer s'achève sur la faible marge de manoeuvre dont dispose la mairie, dont la capacité d'investir ne sera que de 12 millions d'euros en 2008. « C'est l'investissement d'une ville de 25 000 habitants », indique ce spécialiste financier, qui souligne que l'endettement atteindra alors 220 millions d'euros. Dès lors, les solutions sont maigres pour éviter la mise sous tutelle. « Pas question d'augmenter les impôts », rappelait jeudi Dominique Voynet, la sénatrice-maire. Aussi, l'analyste financier suggère de sacrifier des investissements ou de baisser le coût du fonctionnement, en supprimant des postes par exemple. C'est la menace que brandit la minorité municipale. « Mais quel plan d'austérité nous préparez-vous ? », s'alarme Gaylord Le Chéquer.
La sénatrice-maire, qui attend les résultats d'un audit financier pour la mi-juillet, se laisse l'été pour « passer les dépenses au peigne fin ».
Samedi 28 juin 2008 Marjorie Corcier Le Parisien »