Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

La Commission européenne a diffusé mercredi soir une alerte dans les 27 pays membres de l'Union européenne après un incident dans une centrale nucléaire en Slovénie. Bruxelles dit avoir informée par la suite par la Slovénie "que la situation peut être considérée comme pleinement sous contrôle".
La Commission précise avoir été informée par les autorités slovènes d'un problème sur le circuit de refroidissement primaire de la centrale de Krsko, une ville de 25.000 habitants dans le sud-est de la Slovénie. Le réacteur de la centrale a été mis à l'arrêt et la "fuite relativement peu importante est restée contenue dans l'enceinte de confinement", "sans rejet dans l'environnement", selon la Commission.
"Une perte de liquide de refroidissement s'est produit dans le système de refroidissement" de la centrale, selon le communiqué de la Commission européenne, précisant que l'alerte des autorités slovènes a été lancée à 17 h 38 (15 h 38 gmt). L'information a été transmise aux 27 pays membres et une équipe du directorat européen de l'énergie a été placée en alerte, selon Bruxelles.
Selon les informations fournies à l'ASN par son homologue slovène, une fuite d'un débit de 2,4 mètres cubes/heure s'est produite sur le circuit primaire principal du réacteur "en fonctionnement à pleine puissance". Le circuit de refroidissement primaire est en contact direct avec le combustible du réacteur, et l'eau de ce circuit est radioactive.
Le réseau "Sortir du nucléaire" a réagi à l'incident en déclarant dans un communiqué que « l'industrie nucléaire fait courir en continu à l'ensemble de la population mondiale un risque incommensurable. Si par chance la situation est maîtrisée à Krsko, il ne faudra pas en conclure que tout est rentré dans l'ordre ».
« Au contraire, il est grand temps de prendre conscience de la réalité du risque et de fermer au plus vite l'ensemble des réacteurs nucléaires existants », selon le mouvement.

Dans la région de Tchernobyl, encore aujourd'hui ... et pour longtemps.
En savoir plus sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl http://www.dissident-media.org/infonucleaire/enfants_malades.html
L’accident majeur qui vient de se produire en Slovénie est loin d’être exceptionnel comme le démontre l’étude réalisée à l’initiative des Verts du Parlement Européen :
Vingt ans d'incidents en Europe
Le groupe des Verts au parlement européen a financé une étude sur vingt ans de nucléaire en Europe. Concernant la France, on y apprend que de sources officielles, il y a eu 10 786 incidents déclarés (soit un toutes les 16 heures !) dont 9 111 de niveau zéro (sans incidence radioactive), 1 615 de niveau 1 (plus d'un par semaine), 59 de niveau 2 et un seul de niveau 3 (à Gravelines, en août 1989). Au total, l'étude présente 16 incidents qui auraient pu évoluer en accident nucléaire grave dont, en Europe, des pertes de fluides refroidissant à Tihange 1 (Belgique, 18 juin 1988), à Civaux 1 (près de Poitiers, 12 mai 1998), un emballement de la réaction en chaîne à Philippsburg (Allemagne, le 12 août 2001), à Kozloduy-5 (Bulgarie, 1er mars 2005), une dégradation du combustible radioactif à Paks (Hongrie, en 2003), un incendie à Brunsbüttel (Allemagne, 14 décembre 2001), une panne générale électrique entraînant une perte de contrôle du réacteur à Forsmark (25 juillet 2006), une inondation accidentelle du fait d'une valve ouverte à Barseback-2 (Suède, le 18 juillet 1992), l'inondation du site au Blayais-2 (France, 27 décembre 1999).
L'étude conclut qu'un nouveau Tchernobyl reste malheureusement possible.
Revue Silence, mars 2008 (n° 355)
Hélène ZANIER