Guy Môquet : du pain béni offert par Sarkozy aux communistes ? Voire ? Peut-être un cadeau empoisonné …. car nous avons échappé à « 1984 » (1)
Le P.C.F. vient de faire le choix de coller sur les murs des affiches à l’effigie de Guy Môquet, ce jeune communiste de 17 ans fusillé à Chateaubriant le 22 octobre 1941. Cette initiative peut s’avérer embarrassante, voire contre-productive en permettant aux historiens de rappeler les faits historiques de cette période.
On se souvient que Nicolas Sarkozy avait annoncé en mai dernier que la lecture de la lettre d’adieu de Guy Môquet à tous les lycéens constituerait sa première décision de président de la République.
On se souvient, peut-être moins, que lors du conseil municipal de Bagnolet qui a suivi l’élection de Sarkozy, Marc Éverbecq s’était félicité de cette « bonne décision » et avait donné lecture « ex abrupto » de cette lettre…laissant les conseillers municipaux particulièrement mal à l’aise après cette lecture d’un courrier intime pathétique d’une charge émotionnelle évidente : lettre d’un jeune homme de 17 ans qui va mourir et qui dit adieu à sa famille.
Le P.C. a édité cette affiche dans le « timing » du 22 octobre. C’était du « bon » marketing.
Seulement, l’échéance approchant, c’est également le moment qu’ont choisi les professeurs et les syndicats enseignants pour manifester leurs réserves et leurs désaccords à la lecture commandée de cette lettre.
Les historiens, de leur côté, rétablissent la vérité sur le personnage de Guy Môquet et surtout sur l’emblème qu’ont tenté d’en faire les communistes pour occulter la politique du P.C. en 1939-1940.
De plus en plus d’enseignants résistent à cette injonction présidentielle et appellent au boycott et au refus de cette cérémonie commandée.
Ils y voient une ingérence politique inacceptable et considèrent que l’enseignement de l’histoire ne se construit ni sur le recours à l’émotionnel ni sur l’identification collective sans recul critique. Ils rappellent qu’un professeur doit apprendre à analyser, pas à séduire les esprits avec du pathétique.
D’autres dénoncent la « vacuité » du texte qu’ils jugent « historiquement pauvre » : « c’est une lettre émouvante, mais d’ordre privé ». Certains même s’inquiètent des effets sur les élèves : « Je doute que cette idée de sacrifice pour la patrie soit un exemple pour la jeunesse en ces temps d’actualité terroriste ».
D’autres encore rejoignent les historiens sur le fond de l’engagement du personnage auquel il est demandé de rendre hommage : « On met en avant un simple otage transformé sur le tard en résistant par le parti communiste ».
La vérité est la vérité
Le jeune Guy Môquet et son père le député Prosper Môquet n’ont jamais été des résistants. C’est tout simplement historiquement impossible !
Les faits et les dates
Le 13 octobre 1940, lorsque le jeune Guy Môquet est arrêté Gare de l’Est en distribuant des tracts, c’est en tant que communiste qu’il l’est. Son père l’avait été un an auparavant.
Que reprochait-on aux communistes à cette période ?
Edouard Daladier avait dissous le parti communiste en septembre 1939 pour collusion avec l’ennemi (l’Allemagne nazie).
Que disent les tracts communistes entre septembre 1939 et juin 1941 ?
Qu’écrivent les communistes dans l’Humanité ?
Quel était le contenu du document que distribuait Guy Môquet ?
Appelaient-ils à résister ? La réponse est négative. Et pour cause …
En juin 1940, les dirigeants du P.C.F. ont entamé des négociations avec les autorités allemandes pour obtenir la parution légale de l’Humanité, interdite depuis le 26 août 1939.
Dans les documents retrouvés et datant de cette période, les communistes rappellent leur soutien au pacte germano-soviétique.
Dans cette longue période de 22 mois (sur 68 qu’a duré la guerre) leurs tracts et leur journal l’Humanité sont essentiellement dirigés contre le grand capital.
On peut lire : « Des magnats de l’industrie (…), qu’ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays. »
Dans toutes leurs déclarations figurent une dénonciation de Vichy (qui interne les communistes), défend le capitalisme qui opprime le peuple, ainsi qu’une exaltation flamboyante du « génial Staline » et de l’URSS, patrie du socialisme, pays de liberté et paradis des travailleurs. Constante également est la dénonciation de la guerre comme étant une « guerre impérialiste », ce qui amène l’Humanité à prôner la paix. D’ailleurs, le 28 août 1940, l’Humanité vante la paix avec l’Allemagne nazie et accuse les Alliés d’être responsables de la guerre. : « Il y a un an, le 23 août, que fut signé le pacte de non-agression germano-soviétique qui consolidait la paix à l’Est de l’Europe. Malgré cela, les impérialistes franco-anglais qui avaient formé le projet de faire la guerre à l’URSS par l’Allemagne interposée n’hésitèrent pas à déchaîner la guerre impérialiste en même temps qu’ils se livraient à une campagne anticommuniste forcenée et couvraient d’insultes le pays du socialisme. Mais grâce à la politique stalinienne de paix, l’URSS s’est maintenue en dehors de la guerre impérialiste […], elle montre aux exploités et opprimés de l’univers le chemin de la libération, le chemin du bonheur. »
L’Humanité appelle donc à la libération sociale et non à la libération nationale, et ses diffuseurs, dont Guy Môquet, ne peuvent donc être qualités de résistants.
Il faudra attendre juin 1941, date à laquelle l’Allemagne attaqua préventivement l’URSS , soit après 22 mois, pour que le parti communiste change de position.
Le PCF se lance alors dans la guerre pour défendre la patrie (l’URSS) et libérer le pays (la France).
L’assassinat du jeune Guy Môquet est naturellement d’une grande tristesse, sa lettre d’adieu à ses parents, pathétique, évidemment ; néanmoins, ce n’est pas une raison pour accepter que les communistes continuent à travestir l’histoire en tentant encore de se refaire une virginité sur les 22 mois de « retard » qu’ils ont pris pour résister à l’occupation allemande nazie pour soutenir le pacte germano-soviétique.
Pour revenir aux murs de Bagnolet et aux affiches du P.C.F. -se drapant dans le mythe d’un Guy Môquet résistant-, on retrouve les méthodes très classiques du parti communiste qui emploie sa « novlangue » (1) préférée, celle du roman de George Orwell « 1984 ». La triste réalité, c’est qu’ils n’ont pas changé, qu’ils ne changent pas.
(1) Novlangue : George Orwell qui a été contemporain du nazisme et du stalinisme a imaginé dans un roman génial « 1984 », un totalitarisme absolu, qui ne contrôlait pas seulement les actes mais surtout les esprits, et avec eux la mémoire, et donc la vérité, la science et l’histoire (réécriture systématique après les événements). La société totalitaire parfaite qu’il décrit a recours à la « novlangue », ultime perversité et duplicité qui est l’art du mensonge institutionnalisé et de la censure.
http://www.amazon.fr/1984-George-Orwell-Aude-Lemeunier/dp/2218749408 Hélène ZANIER Vos commentaires aux articles sont les bienvenus.
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