Urgence école Jules Ferry : Pierre Mathon écrit aux parents d'élèves
Je viens de prendre connaissance du courriel du maire en date du 20 septembre (voir ci-dessous) et je souhaite apporter des éléments d'informations complémentaires au dossier de la vente au privé de la plus grande partie de la parcelle achetée en décembre 2005 pour agrandissement de l'école Jules Ferry.
Sur l'agrandissement de l'école Jules Ferry
Etant jusqu'au début février 2007 maire adjoint délégué à l'urbanisme, je suis à l'origine de l'achat sur préemption effectuée fin 2005 de la parcelle de 1649 m2 située 27-29 rue Paul Bert et 8-12 Gustave Nicklès.
Je confirme qu'elle a bien été préemptée avec un objectif unique : l'extension de l'école (c'est écrit en toutes lettres dans la décision municipale de préemption).
En revanche, dès le début, certains (en premier lieu, le maire) avaient déjà décidé, en contradiction avec l'objet de la préemption et sans attendre l'étude des besoins d'agrandissement, de revendre une partie de la parcelle de terrain à une entreprise bien précise. Cela avait fait d'ailleurs l'objet de discussions au bureau municipal où les Verts participaient encore (avant leur exclusion en mars 2007) et le maire avait pris l'engagement le 19 juin 2006 de ne pas vendre , mais de louer à cette entreprise, ce qui permettait de ne pas prendre de décision irréversible.
Dès le début, sur instruction du maire, les services municipaux se sont efforcés de concevoir un agrandissement minimum de l'école afin de pouvoir dire : il reste de la place pour une entreprise (comme par hasard celle à la quelle il avait fait des promesses au moment de l'acquisition de la parcelle par la mairie ...).
Le maire fait d'ailleurs l'aveu de cette préméditation dans son courriel du 20 septembre quand il écrit :
- "la mairie n'a jamais pris l'engagement de réserver l'ensemble de la parcelle au projet d'agrandissement"
- "depuis le début il est prévu de mixer l'école avec des activités économiques".
Il suffit de lire l'arrêté de préemption pour constater que ces intentions de la mairie (ou plus exactement du maire) étaient des intentions cachées : elles ne figuraient pas dans l'arrêté de préemption du 17 décembre 2005 qui stipule en effet sans la moindre ambiguïté : "Décide que le bien ainsi préempté sera affecté à la réalisation de l'extension du groupe scolaire Jules Ferry".
Sur la défense de l'emploi
Personne n'est contre l'emploi, mais il est faux d'opposer dans cette affaire emploi et extension de l'école. Ainsi, et sans entrer dans les détails, il faut savoir que rien que dans les rues Paul Bert et Gustave Nicklès il y a trois friches industrielles, correspondant aux besoins de cette entreprise, dont deux sont en vente. Pourquoi le maire choisit-il de vendre la parcelle immédiatement contiguë au groupe scolaire Jules Ferry et de condamner ainsi l'agrandissement de l'école ?
Le vote du conseil municipal du jeudi 27 septembre sera irréversible
Le maire propose donc au conseil municipal du 27 septembre de vendre à l'entreprise privée la plus grosse partie de la parcelle, soit 919 m2.
Une fois cette vente votée, on ne pourra plus revenir en arrière.
Or, on sait depuis des années que les enfants sont à l'étroit dans l'école Jules Ferry qui est la plus "serrée" de Bagnolet.
Aucun agrandissement pour se "donner de l'air" ne sera plus possible et il n'existe aucune parcelle suffisamment grande dans le quartier pour créer une nouvelle école.
Heureusement les socialistes et les Verts sont d'accord pour s'opposer au conseil municipal à la vente, ainsi que deux non-inscrits.
Mais cela ne suffira pas car la droite a dores et déjà fait savoir qu'elle voterait la proposition du maire de vente au privé.
Les défenseurs de l'école doivent se mobiliser.
Pierre Mathon
Maire-adjoint Vert
(sans délégation)
courriel du maire en date du 20 septembre :
Oui à l'agrandissement de l'école Jules Ferry !
Oui à la vérité pour l'école Jules Ferry.
Etes vous bien sûrs de tout ce qui est dit dans votre déclaration ? La mairie n'a jamais pris l'engagement de réserver l'ensemble de la parcelle au projet d'agrandissement. D'ailleurs si tel avait été le cas nous n'aurions probablement pas pu acquérir ce terrain. Depuis le début il est prévu de mixer l'école avec des activités économiques. C'est d'ailleurs une orientation municipale forte de veiller au maintien de l'emploi sur la ville et des entreprises. C'est cela un urbanisme à visage humain. En plus, cela ne remet nullement en cause le projet tel que validé par les parents et les élus, au premier chef Michel Levacher qui est venu me présenter au printemps dernier le projet tel qu'on l'a retenu. Tout le monde savait que nous vendrions à une entreprise. Cordialement. A votre disposition.
Le maire