Foulant aux pieds les règles des marchés publics, le maire PC relance la société d’aménagement SIDEC contre la Gauche mais avec l’appui de la Droite
A l’ordre du jour du Conseil municipal du 6 juin, l’attribution du marché de coordination de l’opération de renouvellement urbain ANRU de la Noue et des Malassis.
Très attachés à la réussite de cette opération, si importante pour l'amélioration de la vie des Bagnoletais et soucieux de la conduire avec de bons outils d'aménagement, les élus Verts se sont opposés, avec la gauche non-PC, à ce que le marché soit attribué à la SIDEC.
En effet, le moins que l’on puisse dire est que la Sidec, aménageur omniprésent à Bagnolet dans la mandature 1995-2001, n’a pas fait la preuve de son efficacité. Bien au contraire puisque les opérations immobilières d’aménagement Sidec ont créé un déficit public de 175 millions de francs (sur ses seules opérations qui ne comportent ni équipements publics ni logements sociaux). Ce déficit explique en grande partie la situation financière catastrophique de la commune de Bagnolet. Devant cette triste réalité et avec l’appui du PS et des Verts, Pierre Mathon, maire-adjoint délégué à l’urbanisme avait fait mettre fin à cette ruineuse coopération Sidec-Ville de Bagnolet.
Mais le maire n’a pas renoncé aux vieilles pratiques : déjà, et sans en informer les instances municipales, il a fait financer par la Sidec l'architecte Roland Castro pour la réalisation d’une esquisse d’urbanisme qui se proposait de bétonner tout un secteur de Bagnolet, allant de la Porte de Montreuil à l’échangeur de la Porte de Bagnolet. (Roland Castro est aussi l’auteur du projet, heureusement non réalisé de centre administratif « mégalo et ruineux » qui devait bétonner la place de la mairie...). Ce projet apparu dans la presse lors du débat sur les immeubles de grande hauteur avait rapidement disparu pour retourner (heureusement !) dans les cartons de M. Castro.
Depuis plus d’un an et alors même que la Sidec n’a pas le savoir-faire et les compétences nécessaires pour ce type de mission, le maire avait décidé de confier à la Sidec la coordination de l’ANRU. Malheureusement pour lui, ce type d’attribution obéit aux règles des marchés publics et elles n’ont pas été respectées : dans le compte-rendu d’une réunion au Conseil général, tenue en mai 2006, le directeur général des services de la Ville de Bagnolet fait état de l’intention de la ville de retenir la Sidec. Aggravant son cas, le maire a reconnu publiquement au Conseil municipal être intervenu auprès d’un « concurrent » pour le dissuader de présenter une candidature contre la Sidec. Conscient de ces difficultés, le maire a joué la montre en prenant près de trois mois de « réflexion » entre l’ouverture des plis et la décision de la Commission d’Appel d’Offres. Puis, aujourd’hui, il argue une fois de plus de l’urgence. Cela devient une habitude chez lui de retarder les dossiers pour ensuite invoquer l’urgence et mettre « le couteau sous la gorge » du Conseil municipal ! Lors de la Commission d’Appel d’Offres, il a dû utiliser sa voix « prépondérante » pour que le choix se porte sur la Sidec. Au Conseil municipal, son groupe PC a dû faire appel aux 4 voix de la Droite pour gagner !
Ce vote a donc été acquis par les 15 voix PC plus les 4 voix de Droite, soit 19 voix POUR la Sidec et 18 voix (PS, Verts, non-inscrits de gauche) CONTRE la Sidec.
Que la Droite ne soit pas trop regardante sur la légalité des procédures de marchés publics, on avait déjà pu le constater lors de l’affaire des lycées d’Ile-de-France révélée et portée devant la justice par les conseillers régionaux Verts. Déjà nous nous étions étonnés de l’abstention de la Droite lors du vote du budget fin mars sans même une explication de leur part. Nous avons mieux compris leur volte-face sur l’école-usine de la Dhuys entre janvier et février, lorsque nous avons appris la nomination de leur chef de file local dans le jury chargé de sélectionner l’architecte de l’école.
Concernant la Sidec, la Droite a, avant même d’entendre les arguments exposés par les différents intervenants, proclamé très clairement son ralliement au maire. Cet appui a-t-il été « négocié » ? Force est de constater que cela fait quatre fois depuis le début 2007 (l’école-usine, le budget, les machines-à-voter et la Sidec) que les élus de Droite volent au secours du maire PC en difficulté.
En conclusion et pour revenir au projet de renouvellement urbain, nous considérons que l’attribution du marché de coordination ANRU à la Sidec dont le bilan à Bagnolet n’est pas positif et qui n’a pas le savoir-faire requis, n’est pas de bon augure pour la réussite du projet tant attendu ni pour les finances communales. Ce n’est pas une bonne chose pour les Bagnoletais.
De plus, le Code des marchés publics n’a pas été respecté.
Les élus Verts, avec d’autres, prendront toutes dispositions politiques et juridiques pour faire annuler l’attribution de ce marché à la Sidec.
Vous pouvez compter sur les Verts pour en finir avec de telles pratiques et mettre enfin Bagnolet sur de bons rails.