Une discussion passionnante et concrète
Cette deuxième réunion pantinoise à laquelle j’ai participé, a été l’occasion de revenir sur les mêmes questionnements que ceux soulevés lors de la première, aux « Quatre Chemins » (voir plus haut) : Comment mieux faire passer dans l’opinion et dans la société le message des Verts ? Trouver des slogans « métaphoriques » pour faire choc mais à l’opposé du simplisme populiste et démagogique, honnêtes intellectuellement, moralement et rigoureux scientifiquement…
Les conseils de quartier et la démocratie participative, un apport des Verts malmené
Les participants, majoritairement membres du conseil de quartier « Eglise - Sept Arpents », ont tenu à témoigner de leur déception face au fonctionnement de ces conseils. Ils se plaignent de l’attitude « envahissante » de certains élus et services municipaux qui conçoivent les conseils de quartier comme des supports de leur communication.
En effet, la longueur de leurs interventions ne laisse plus de place à la réflexion et à l’expression citoyennes. Les citoyens ressentent cette situation comme une atteinte à leur possibilité d’expression et se désengagent de ces espaces.
Quel gâchis et quel dommage pour la démocratie participative pour laquelle les Verts s’étaient battus dès la première heure !
Par ailleurs, les habitants sont « usés » par l’absence de prise en compte de leurs avis et propositions, voire même par l’absence pure et simple de réponse à leurs diverses demandes…
Les Verts de Pantin ont réaffirmé leur attachement à l’initiative citoyenne, qu’ils souffraient de cette situation et qu’ils agissaient pour redonner aux citoyens la parole.
Rendre la ville plus douce, plus harmonieuse et faire reculer le réchauffement climatique
Au cours de cette réunion, problématiques générales de transport, notamment : circulation douce, partage de la voirie, place de la voiture en ville, ont donné lieu à un vrai débat.
Nous avons échangé sur les deux principaux « ressorts » permettant de faire reculer l’envahissement de la voiture en ville : l’incitation et la contrainte.
A cette occasion, Elodie ROS, adjointe à l’environnement à Pantin, a rappelé qu’une étude avait démontré que dans une entreprise située dans un secteur desservi par les transports collectifs et dotée d’un parking, seulement 10 % des salariés utilisaient les transports en commun. Lorsque la même entreprise ne possédait pas de parking, la proportion de salariés se rendant sur leur lieu de travail en transports collectifs atteignait 60 % !!!
L’écologie, une préoccupation de « nantis » ?
Ensuite, parmi le grand nombre de thèmes qui ont été débattus entre les citoyens présents, les militants et élus verts de Pantin … et la candidate, il en est un qui fut fort intéressant : l’écologie n’est-elle pas une préoccupation « de luxe » réservée à la partie de la société qui est à l’abri sur le plan matériel et suffisamment disponible « culturellement » ?
Sans prétendre faire le tour de la question, Aline ARCHIMBAUD, adjointe au développement économique de Pantin, a évoqué un projet exemplaire qu’elle soutient. Il émane d’un groupe de femmes de la cité très populaire des COURTILLIERES et vise à créer un «jardin pédagogique» pour les enfants du quartier.
Ces femmes s’inquiètent en effet de la perte de lien des enfants avec la terre, la culture, la nourriture, les lois de la nature … et peut-être de l’impossibilité, pour elles, de transmettre leurs propres savoir-faire à leurs enfants. Quel joli exemple ! Quel signe encourageant !
Je tiens à ajouter qu’en dehors de la capacité de ces populations à revendiquer un environnement plus harmonieux, ce sont elles qui s’avèrent les plus « gagnantes » lorsqu’elles peuvent bénéficier de logements Haute Qualité Environnementale (HQE).
En effet, leurs charges locatives diminuant significativement, elles consacrent une moindre proportion de leur budget au logement, éloignant ainsi le risque de le perdre. Elles gagnent donc en autonomie et en stabilité.
Pour illustrer encore l’apport de la prise en compte du développement durable, Elodie ROS a cité l’exemple de la nouvelle école que la ville de Pantin va construire en « énergie zéro », c’est-à-dire un bâtiment entièrement autonome sur le plan énergétique.
Preuve est ainsi faite que cela est possible, que cela existe. Les coûts de fonctionnement de ce nouvel équipement seront considérablement réduits pour les ce qui « libérera » du budget municipal qui pourra être consacré à d’autres projets.
Enfin, la réunion terminée, j’ai fini ma soirée plus qu’agréablement, par la visite de l’installation de panneaux solaires à l’invitation d’un couple de participants … et par la dégustation (raisonnable) d’un vin blanc du Cap Vert…