Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Voici le courrier que je vais remettre cet après-midi à Madame Martin, commissaire-enquêteure de l’enquête publique au sujet du Plan Local d’Urbanisme de Bagnolet.
C’est aujourd’hui le dernier jour de l’enquête.
Vous avez été nombreux à écrire sur le registre votre refus de ce PLU calamiteux.
Il faut parachever le travail.
Le PLU, c’est ce vendredi 9h-12h et 13h30-18h 6 rue Hoche au 1er étage. Il n'est pas trop tard pour vous exprimer.
« Madame le Commissaire-Enquêteur,
Au terme de cette enquête publique où de très nombreux Bagnoletais ont exprimé leur opposition au projet de PLU qui leur est proposé, l’association Bagnolet Écologie, l’Écologie à Bagnolet (affiliée à Environnement 93, Ile-de-France Environnement et France Nature Environnement) tient à faire les remarques synthétiques suivantes :
1-Le dossier de PLU soumis à enquête publique (mais aussi celui qui a été envoyé pour avis aux personnes publiques associées) n’est pas conforme à celui qui a été arrêté par le conseil municipal du 30 juin. En effet, le maire n’y a pas introduit les modifications (en particulier sur la zone de la Briqueterie et sur les hauteurs maximum autorisées) qui y avaient été acceptées au conseil municipal et que le maire affirme par un courrier du novembre à ses conseillers municipaux avoir intégré, ce qui est faux (voir notamment la lettre que nous vous avons remise le samedi 6 novembre).
2-Il existe de nombreuses contradictions et incohérences entre les différents documents qui composent le dossier de PLU. En particulier, alors qu’il est indiqué que les espaces verts doivent être protégés, l’examen du plan et du règlement montrent que la plupart de ces espaces verts existants ne sont pas protégés, au point que les services de l’Etat notent l’insuffisance d’espaces verts dans les quartiers du Plateau et de la Dhuys et les règles insuffisantes pour garantir l’existence d’espace de respiration par exemple en UGCS.
3- Le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), pièce maîtresse du PLU est inconsistant : il se compose sous prétexte d’originalité d’un « verbatim » très général sans aucun rapport avec des orientations d’urbanisme elles-mêmes très vagues. Significativement l’hyper-densification que propose le règlement du PLU n’y figure pas, ni dans les « demandes des habitants, ni dans les orientations présentées. On chercherait en vain dans ce PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), la moindre considération en matière de développement durable. Il n’y a eu, du reste, aucun vote pour prendre acte du PADD lors du conseil municipal du 21 décembre 2009.
4-Si des opérations de communication ont été conduites par la mairie notamment courant 2008 et en mai 2010, Il n’y a eu aucune concertation avec la population sur ce PADD et ce projet de PLU proprement dit.
Lors de ces réunions sur « le scenario urbain », il n’a été aucunement question du PLU. Ce projet de PLU n’a jamais été présenté avant l’enquête publique.
5-Le PLU ne protège aucun des petits espaces verts de proximité, si utiles à la respiration de la ville et de ses habitants. Il ampute de moitié le parc du 8 mai 1945 dans les Malassis.
6-Il prévoit la disparition de tous les jardins familiaux de « Bagnolet Ville Fleurie » (à l’exception de deux d’entre eux, situés sur le talus de l’autoroute et dans le parc départemental). Il ne protège pas « le clos à pêches », pas plus que les jardins familiaux situés entre l’avenue Gambetta et la rue du Pinacle (Dhuys), rue Louise Michel et rue Anatole France (Plateau), à l’angle des rues Fossillons-Général Leclerc, dont la disparition est programmée…sans parler de siège de leur association situé 115 rue Robespierre.
7-Il ouvre à l’urbanisation les trois jardins partagés de Bagnolet : « La plage arrière » rue Louise Michel (Plateau), « Autour du chêne » rue Etienne Marcel (Coutures) et le « Jardin Guinguette de la Dhuys » avenue de la Dhuys (Dhuys).
8-Le PLU ne protège pas des éléments aussi essentiels de notre patrimoine que le château de l’étang, la « ferme » du 115 rue Robespierre, la maison du cardinal du Perron (rue Sadi Carnot), les rares murs-à-pêches qui existent encore à Bagnolet, etc.
9-Il ouvre à des opérations immobilières les gymnases Jean-Renault et Politzer, le stade de la Briqueterie … et même l’école Paul Langevin (sur le terrain de laquelle, il autorise la construction d’immeubles d’une hauteur de 50 mètres).
10-Il livre toute la ville aux appétits des promoteurs immobiliers en augmentant considérablement les possibilités de construire (hauteurs, COS et emprise). Il prévoit des hauteurs délirantes comme cet immeuble de 33 mètres devant les fenêtres des locataires HLM du 193 avenue Gambetta et ceux de 50 mètres à la place de l’école Paul Langevin, etc. … allant jusqu’à supprimer toute limite de hauteur, d’emprise et de COS dans la zone UGCS (la Noue et l’avenue Gallieni en particulier) : il est prévu trois tours dont une de 165 mètres de haut à la Noue, sans que le débat n’ait jamais eu lieu avec les Bagnoletais sur ces nouvelles règles qui bouleversent les règles actuelles.
11-Ces hauteurs et ces densités sont incompatibles avec une ville à échelle humaine et une qualité de vie correcte pour les habitants. Cette hyper-densification et cette libéralisation des règles de construction ne sont par ailleurs annoncées ni dans le PADD ni dans aucun autre document du PLU (ils ne figurent que dans le règlement et le plan).
12-Non seulement le PLU prévoit la suppression des équipements et espaces de respiration nécessaires à la vie de la population, mais il ne prévoit pas de réserves pour les remplacer, ni pour implanter les écoles, terrains de sport, espaces verts, etc. alors qu’il programme –sans le dire ! – une augmentation considérable de population. Il ne prévoit pas ces réserves pour équipements parce qu’il n’y a tout simplement plus de terrains disponibles à Bagnolet pour l’urbanisation.
En résumé,
- Bagnolet est une ville déjà assez dense, dont les habitants aspirent légitimement à améliorer leur environnement. S’il était adopté, ce PLU hyper-densificateur et supprimant de nombreux espaces verts, jardins et équipements publics, aurait des conséquences catastrophiques sur la vie des Bagnoletais, présents et futurs.
- Le document soumis à enquête publique n’est pas conforme à la décision prise par le conseil municipal du 30 juin.
- Les obligations en matière de concertation n’ont pas été remplies.
- Les Bagnoletais n’en veulent pas comme témoignent les avis négatifs et les pétitions qui ont été émis et remises au cours de cette enquête.
Le président de l’association Bagnolet écologie, l’écologie à Bagnolet,
Pierre Mathon
Pièces jointes :
-Notre courrier du 5 novembre
-Le recours gracieux que nous avons formulé le 6 septembre contre la délibération du 30 juin 2010 (et auquel le maire n’a pas répondu) »