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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Expulsion des Roms de Bobigny : Inhumanité policière et hébergement pour la nuit à Paris

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La préfecture de Seine-Saint-Denis avait salué une opération d'accompagnement des familles « inédite et bien menée » dans l’esprit de la circulaire de juillet 2012. Il n’en était rien et les associations dénoncent l’esbroufe*. Les familles restant sur le carreau ont subi une féroce répression policière et n’ont dû leur salut provisoire (pour la nuit) qu’au geste de la Mairie de Paris

Soulignons que la situation des Coquetiers «était particulièrement exemplaire avec des gens qui faisaient l’effort de s’intégrer.

Brut de décoffrage, produit de l’indignation légitime des militants sur place, voici le communiqué du 22 octobre 2014 de Romeurope 93 en réaction à l’expulsion des Roms (hommes, femmes, enfants, vieillards) de mardi  21 octobre.

« Bobigny, mardi 21 octobre 2014, 14h. La police nationale protège vaillamment le viaduc du chemin de fer à côté des Archives Départementales. Devant elle, un ennemi redoutable. Ce sont les rescapés de l'évacuation du bidonville des Coquetiers. Des 300-350 habitants du bidonville, 137 se sont vu proposer un relogement, souvent en province, plus de 100 se sont dispersés : sont restés ceux qui n'avaient vraiment aucune solution de repli possible, une quinzaine d'enfants de moins de 6 ans et leurs mères, de vieilles personnes souvent très malades – une soixantaine de personnes en tout.

Sous la pire averse de la saison, c'est à cet attroupement particulièrement dangereux qu'il faut à tout prix empêcher de se mettre à l'abri sous le viaduc du chemin de fer. Reculer de cinq mètres pour permettre à des bébés et à des vieillards de s'abriter d'une pluie torrentielle : impensable pour les garants d'un ordre public qui se doit d'être rigoureux.

Il s'agit ensuite de bannir de la ville cette bande de sans aveu. Bannir, au sens littéral du mot. Enfants, femmes, vieillards et soutiens sont libres d'aller où ils veulent, pourvu qu'ils veuillent emprunter les rues qui les amènent au-delà des confins de la ville – sous bonne escorte bien entendu. Et qu'on ne les revoie plus.

Paris, mardi, 21h. A la recherche désespérée d'un abri pour la nuit, la même bande de sans aveu se retrouve dans le hall d'accueil de l'hôpital Saint-Louis, où elle espère pouvoir passer la nuit. Mais l'Etat trouve alors les ressources dont il manque cruellement quand il s'agit de trouver des solutions de relogement. Voilà mobilisé pour faire face à ces émeutiers irréductibles un nombre de CRS en tenue de combat bien supérieur à celui des enfants, femmes et vieillards blottis dans le hall sous quelques couvertures de fortune. Rien n'est laissé au hasard : au milieu de deux cordons infranchissables les émeutiers sont poussés à la rue sans ménagement. 17 fourgonnettes, deux camions, un moyen blindé repartent alors, sans doute très fiers de l'exploit accompli.

L'Etat sanctionnera-t-il aussi -de  manière  exemplaire bien sûr- la Ville de Paris qui a osé donner abri pour la nuit dans un gymnase à ces trimards sans foi ni loi ? »

Est-ce ainsi que l’on traite les êtres humains ?

À suivre.

Pierre Mathon

 * Comme l’écrit Libération, le bidonville des Coquetiers à Bobigny, où vivaient plusieurs centaines de Roms, est emblématique des tensions entre les pouvoirs publics et les associations de défense des populations roms.

Rappelons-nous la mort de la petite Melisa 7 ans, dans l’incendie du bidonville en février.

Pourtant, quelques semaines plus tard, cela n’avait pas empêché le candidat UDI, M. de Paoli, de promettre lors de la campagne municipale, de fermer un site qu’il juge insalubre et dangereux. Elu,il passer aux actes et engage une procédure accélérée pour obtenir une évacuation dans les plus brefs délais.

Libération : « Le tribunal de grande instance de Bobigny, compétent en la matière puisque les terrains occupés n’ont pas d’utilité publique, rend sa décision le 2 juillet. Soulagement dans le camp de Roms : le tribunal rejette la demande du maire. «Mais cinq jours après, Stéphane de Paoli a envoyé un nouvel huissier sur le campement… Et mi-août, il a pris un arrêté d’expulsion, faisant fi de la décision du tribunal. Il a misé, j’imagine, sur le fait que tout le monde était en vacances», raconte l’avocate Tamara Lowy.

Elle dépose aussitôt deux référés devant le tribunal administratif pour bloquer cet arrêté. Rejetés. Le maire peut donc légalement faire appel à la préfecture pour mener l’expulsion. «Fin août, la préfecture disait dans une interview au Parisienqu’elle attendrait un jugement sur le fond avant de procéder à une expulsion, rappelle l’avocate qui se dit aujourd’hui «atterrée». «Ils ont déjà oublié ?»

Une soixantaine de familles «à la rue»

Pour Didier Leschi, tout a été fait dans les règles. Le diagnostic social préalable à toute expulsion, rendu obligatoire par la circulaire du 26 août 2012, a été réalisé à deux reprises, en février et en août, par le Groupement d’intérêt public habitat et interventions sociales (GIP HIS). Le préfet délégué à l’égalité des chances explique que la grosse «trentaine de familles» repérées à cette époque seront toutes prises en charge. «Cet accompagnement et ce suivi n’avaient encore jamais été réalisés en Seine-Saint-Denis», indique-t-il. Ce qui soulève quoi qu’il en soit quelques interrogations sur la façon dont les précédentes expulsions avaient été menées dans les campements du département…

Dans le détail de la prise en charge, une dizaine de familles disposant de «revenus stables» ou de «CDI», ont obtenu un logement social dans le département, selon les autorités. Moins selon les associations. «Et de toute façon, certaines y avaient le droit depuis plusieurs années», rétorque Véronique Decker, la directrice de l’école primaire Marie-Curie de Bobigny. Cette défenseure des Roms ajoute que le diagnostic a laissé beaucoup d’habitants sur le carreau, près d’une soixantaine de familles, «qui vont se retrouver à la rue à la veille de l’hiver».

Un «effort logistique et budgétaire considérable»

Le diagnostic social mené le 5 août n’a par exemple duré qu’une journée, et les occupants n’étaient pas prévenus. Résultat : de nombreuses familles n’étaient pas aux Coquetiers ce jour-là. Didier Leschi reconnaît qu’il est parfois difficile de recenser tout le monde en raison des «mouvements» des Roms. Mais il juge que les estimations des associations, qui affirment qu’une majorité d’habitants seront expulsés sans solution alternative, sont exagérées.

Et insiste plutôt sur le travail mené avec «23-24 familles» pour les placer «dans des foyers Adoma1 meublés», mesure assortie d’un «accompagnement social». Un «effort logistique et budgétaire considérable», qu’il évalue à «plusieurs centaines de milliers d’euros». Là encore, les associations tiquent. Le parc immobilier étant complet en Ile-de-France, les familles concernées se sont vu proposer des places du côté de Louvroil (Nord), Doullens (Somme), Bourges (Cher), Belfort (Territoire de Belfort), ou encore Le Havre (Seine-Maritime). Cela risque, selon Romeurope 93, de «casser leurs réseaux familiaux et de solidarité». Le collectif s’inquiète aussi du manque de places d’accueil spécialisées pour les non francophones dans les écoles de province.

«Pourquoi ne pas avoir pris le temps de bien faire les choses ?»

Véronique Decker fustige une opération menée «dans l’urgence». «Il n’y a eu aucune réunion entre mars et octobre, et d’un coup, le 15 octobre, le GIP HIS décide de tout boucler en une semaine.» Les familles prises en charge n’ont été reçues que ce lundi par Adoma, qui leur a communiqué leurs prochaines destinations dans l’après-midi… Avant d’apprendre que pour certaines, elles devront séjourner quelque temps à l’hôtel, le temps qu’Adoma soit prêt.

«Pourquoi ne pas avoir pris le temps de bien faire les choses ?», s’interroge un associatif. L’histoire de Mugurel Latcu, père de deux enfants scolarisés et qui travaille à Aulnay-sous-Bois, illustre cette précipitation. «Alors qu’il venait d’obtenir un logement social après quinze ans passés en France, on va l’expulser des Coquetiers, s’alarme Véronique Decker. En échange, on lui propose des nuits d’hôtel à Hardricourt [localité des Yvelines située à 60 kilomètres de là, ndlr]. Il risque de perdre son emploi et ses enfants d’être déscolarisés.»

(1) Adoma, ex-Sonacotra, foyers d’insertion. »

 

Extrait d’un article publié dans Libération 20 octobre de S. Mouillard et M. Piquemal.

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S
"J'ai peur" m' a dit Slavi, transi de froid, au carrefour bien nommé de "La Folie" . "J"ai peur qu'ils me tapent ". C'est la phrase de cet enfant d'une rare intelligence et d'une générosité sans<br /> égale que je garderai de cette journée du mardi 21 octobre . Quant aux images qui me hantent encore j'essaierai de vous en parler une autre fois.<br /> Nadia SIMON
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