Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

Il y a dix ans, les 26 et 27 décembre 1999, la France et les pays voisins ont connu une tempête dramatique*.
Quatre-vingt-huit personnes sont mortes en France et une dizaine en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne. Plus de deux cent pylônes électriques ont été renversés en France privant de courant électrique plus de trois millions de foyers durant plusieurs jours. Des dizaines de milliers d’arbres ont été déracinés et environ 500.000 hectares de forêts, dévastés. Les dégâts furent évalués à près de 20 milliards d’euros.

Bagnolet fut également touché, l’accident le plus spectaculaire étant l’arrachage par le vent du toit-casquette du bâtiment HLM avenue de la Dhuys. (Voir ci-dessus avec le toit-casquette reconstruit)

Aux lendemains de la tempête de 1999, Dan Sprinceana s'est lancé dans une aventure magnifique : il a décidé de donner une seconde vie aux arbres déracinés du Parc de Saint-Cloud en les transformant, par la sculpture, en œuvres monumentales.
Dix ans après, la mort dans l'âme, condamné par une décision de justice à quitter le Parc de Saint-Cloud (le 3 janvier), l'artiste s'est résolu samedi 26 décembre à tronçonner et à brûler l'une de ses œuvres, la première réalisée depuis son installation en 2002.

Muni d'une tronçonneuse, cet ancien réfugié politique roumain naturalisé français a préalablement découpé sa sculpture, baptisée « Gardiens des temples », et distribué des morceaux à une dizaine de personnes, amis et artistes, venus le soutenir.
Triste et double symbole.
« Aujourd'hui (26 décembre 2009) est un jour symbolique. C'est le dixième anniversaire de la grande tempête de 1999. Et cette œuvre est la première que j'ai réalisée ici », a déclaré M. Sprinceana dans les bâtiments de l'ancienne orangerie du domaine qu'il occupe pour son travail depuis 2002.
D'une part, cette expulsion intervient dix ans après la tempête.
Lorsqu'il voit ces géants verts couchés sur le sol, il est touché et se laisse gagner par l'inspiration.
«Le spectacle était douloureux et apocalyptique, raconte Dan Sprinceana, mais quelque part, j'ai trouvé ça majestueux, solennel. Il y avait quelque chose que je ne pouvais pas exprimer ! »
Et d’autre part pour cet immigré roumain qui avait fui la Roumanie communiste de Ceausescu en 1976, en traversant le Danube à la nage, pour s’installer en France.
Il se heurte plus de trente ans après à la même bureaucratie imbécile.

Une oeuvre-rappel de la prison-Ceausescu
Outre sa création personnelle, Dan Sprinceana a développé un projet collectif par le biais de son atelier. Il organise d'abord un concours national de sculpture en 2004 en faisant participer une vingtaine d'étudiants d'écoles des beaux arts. En 2005, il est à l'origine de deux expositions, l'une au domaine de Saint-Cloud et l'autre au Sénat qui ont attiré plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.

Malheureusement, son rêve, de pérenniser son activité en créant un centre dédié à la sculpture dans le parc de Saint-Cloud et d'organiser une exposition chaque année, semble bien compromis.
Pierre Mathon (avec l’AFP et Le Parisien 92)
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* Même s’il est difficile de corréler telle ou telle catastrophe avec le déréglement climatique, les climatologues s’accordent pour dire que le réchauffement et le déréglement, qui résultent de l’émission des gaz à effet de serre, augmentent la probabilité de déclenchement de phénomènes du type tempête.